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2025
Bilan de la session d'automne 2025
La session d’automne des Chambres fédérales s’est tenue du 8 au 26 septembre. Pour le projet de réforme de la Loi sur l’énergie et les processus d’accélération cela était la session de la dernière chance. Après de longues discussions, c’est le compromis de dernière minute de la conférence de conciliation concernant le droit de recours des organisations environnementales qui a permis l’acceptation du projet en vote final.
Autre objet marquant de cette session : l’initiative SSR. Les deux Chambres ont rejeté le projet d’abaissement de la redevance et décidé de ne pas lui opposer de contre-projet. L’initiative sera donc soumise au peuple début 2026.
Cette session était aussi la dernière sous la présidence de Madame Riniker au Conseil national et de Monsieur Caroni au Conseil des États, qui remettront leurs charges respectives lors de l’ouverture de la session d’hiver en décembre prochain.
Allocation de garde : on se rapproche d'une solution qui satisfait la majorité
Lors de la session d'automne, le Conseil des États s'est à nouveau penché sur les modalités concrètes de l'allocation de garde. Le Parlement s'accorde pour dire qu'il faut trouver une solution durable pour le soutien financier de l'accueil extra-familial des enfants (21.403). Les deux chambres sont toutefois en désaccord sur le montant que la Confédération doit investir et sur l'utilisation qui doit en être faite, tant en ce qui concerne le crédit d'engagement que les conventions-programmes. Par exemple, le Conseil des États souhaite dépenser au maximum 100 millions de francs pour les quatre premières années suivant l'entrée en vigueur de l'allocation, tandis que le Conseil national souhaite doubler ce montant. Mais dans l'ensemble, le Conseil national et le Conseil des États se rapprochent d'une solution susceptible de rallier une majorité.
À l'instar du Conseil national, la Chambre haute souhaite désormais que non seulement les cantons et les communes, mais aussi la Confédération assume leurs responsabilités financières. Cette décision a été prise par 26 voix contre 19. Contrairement à ses décisions prises lors de la session d'hiver 2024, le Conseil des États s'est également prononcé en faveur des conventions-programmes afin de combler les lacunes en matière d'offre et de créer des places d'accueil pour les enfants handicapés. En revanche, le Conseil des États rejette d'autres domaines de soutien, tels que les investissements dans l'éducation précoce, les mesures visant à améliorer la qualité pédagogique et opérationnelle des offres et à mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. En outre, le Conseil des États souhaite lier l'allocation de garde à la prise en charge institutionnelle dans une langue nationale. De plus, les parents d'enfants pris en charge à l'étranger ne devraient pas pouvoir bénéficier de cette allocation. Le Conseil national est d'un autre avis sur ce point. Ces divergences, parmi d'autres, doivent encore être réglées.
Le projet continue de faire office de contre-projet indirect à l'initiative populaire (24.058) et retourne désormais au Conseil national. Celui-ci devrait se pencher à nouveau sur la question lors de la session d'hiver. Le délai pour le traitement de l'initiative populaire a été prolongé d'un an.
Position ACS: L’ACS se réjouit de constater que les Chambres fédérales se rapprochent d'une solution susceptible de rallier une majorité. Elle salue le fait que le Conseil des États se prononce également en faveur des conventions-programmes et souhaite engager la Confédération à verser l'allocation pour tâches d'assistance, même si les fonds fédéraux sont nettement réduits à 100 millions de francs au maximum. L’ACS regrette le rejet des domaines de promotion centraux que sont la qualité et la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Sans une adaptation qualitative des offres d'accueil et une meilleure adaptation aux besoins des parents en adéquation avec leur activité professionnelle, le projet perd des piliers fondamentaux en termes d'utilisation effective des structures d'accueil extra-familial pour enfants. Compte tenu de la durée déjà longue du traitement de cet objet et du fait que le programme d'impulsion lancé en 2003 et prolongé à plusieurs reprises expire à la fin de 2026, L’ACS demande au Parlement de conclure rapidement cette affaire.
Motion pour la récolte électronique des signatures transmise au Conseil fédéral
Lors de la session d'automne, le Conseil des États s'est prononcé à une courte majorité de 22 voix contre 18 en faveur d'une motion (24.3851) du conseiller aux États Benjamin Mühlemann. Celle-ci. demande que les collectes de signatures s’effectuent à l'avenir via des canaux numériques. Le Conseil fédéral doit être chargé de créer les bases légales et d'introduire la plateforme technologique correspondante ou les applications numériques nécessaires. Une minorité était d'avis qu'il fallait d'abord acquérir de l'expérience à l’aide de projets pilotes (cf. objet 24.3905).
En approuvant cette proposition, le Conseil des États a accepté la modification proposée par le Conseil national lors de la session d'été, selon laquelle la collecte de signatures sur papier restera possible à l'avenir. La proposition est désormais transmise au Conseil fédéral, qui doit élaborer un projet de loi correspondant.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Conseil des États, y compris le maintien de la possibilité de collecter des signatures sur papier. À moyen et long terme, l’E-Collecting doit toutefois devenir la norme. La création des bases juridiques ainsi que la mise en œuvre et l'évaluation des projets pilotes peuvent en outre avoir lieu en parallèle.
Les projets pilotes devraient fournir des informations précieuses sur les aspects à prendre en compte lors de la mise en œuvre de l'E-Collecting et sur la manière de réduire la charge organisationnelle. L'E-Collecting ensemble avec l’E-ID présente un potentiel considérable : à l'avenir, les communes pourront ainsi traiter plus facilement les attestations de signature et identifier les signatures falsifiées, alors qu'aujourd'hui, elles ne peuvent que signaler les cas suspects. Une condition indispensable est que l’infrastructure de confiance de l’E-ID serve de base technique. La loi sur l’E-ID devrait entrer en vigueur mi-2026, à condition qu'elle soit acceptée dimanche prochain lors du scrutin.
Poste : Le Conseil national veut maintenir la distribution à domicile sur tout le territoire
Lors de la session d'automne, le Conseil national a approuvé à une large majorité (151 voix contre 33) une motion (25.3948) de la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national (CTT-N). La motion demande, d'une part, que la distribution à domicile des envois postaux continue d'être garantie pour toutes les maisons habitées à l'année en Suisse. D'autre part, elle demande que les exigences actuelles de qualité concernant les délais d’acheminement des lettres, des colis et des quotidiens (abonnement) dans le cadre du service postal universel ne soient pas abaissées (actuellement 97% pour les lettres, 95% pour les colis et les quotidiens en abonnement).
Le Conseil national souhaite ainsi mettre un terme aux projets envisagés par le Conseil fédéral dans le cadre de la révision partielle en cours de l'ordonnance sur la poste. Le Conseil fédéral rejette la motion. Étant donné que toutes les facilités prévues pour la Poste dans le projet de révision de l'ordonnance sur la poste soumis à consultation seraient supprimées, le financement du service universel ne serait pas garanti jusqu'à l'entrée en vigueur d'une loi révisée sur la poste.
Le dossier passe désormais au Conseil des États.
Position ACS: L'ACS regrette la décision du Conseil national, même si elle comprend les préoccupations exprimées dans la motion. Pour l'ACS, il est toutefois incontestable que la Poste doit continuer à assurer le service universel de manière rentable et garantir celui-ci dans toutes les régions. Cela rend inévitable une évolution du réseau postal ainsi que certaines adaptations du mandat de service universel. Dans ce contexte, l’ACS rejette la motion 25.3948, mais attend de La Poste suisse qu’elle respecte, dans le cadre de cette évolution, des conditions essentielles pour les communes (cf. prise de position de l’ACS sur la révision partielle de l’ordonnance sur la poste).
Ainsi, pour l’ACS, il est indispensable que les ménages touchés par la suppression de la distribution à domicile en dehors des zones d’habitat soient raccordés au haut débit à très grande vitesse. Un tel raccordement permet en effet de proposer des courriers électroniques sécurisés et des prestations numériques des autorités même dans les régions reculées (cf. prise de position de l’ACS sur la stratégie Gigabit). Par ailleurs, toute réduction doit impérativement intervenir en concertation avec les communes concernées et de manière échelonnée. Dans cette optique, l’ACS prend positivement acte du délai transitoire de dix ans prévu par le Conseil fédéral.
En revanche, l'ACS estime incontestable que la Poste doive continuer à assurer le service universel de manière rentable. Cela rend inévitable une évolution du mandat de service universel et une certaine réduction des prestations actuelles. La modernisation du réseau postal et du service universel ne doit toutefois pas se faire au détriment d'un service universel de qualité et accessible à toutes les régions et à leur population. L'ACS préconise donc une approche prudente (cf. notre prise de position sur la révision partielle de l'ordonnance sur la Poste). En particulier, la distribution des envois postaux dans les maisons habitées à l'année doit être soumise à certaines conditions : d'une part, il faut disposer d'une connexion haut débit. Une telle connexion permet d'offrir des lettres numériques et des services administratifs numériques même dans les régions isolées et constitue donc une condition préalable à la suppression de la distribution physique (cf. également notre prise de position sur la stratégie Gigabit).
D'autre part, la suppression doit impérativement se faire en concertation avec les communes concernées et de manière échelonnée. L'ACS peut toutefois accepter la réduction à 90 % des exigences en matière de respect des délais d'acheminement, à condition que cette réduction ne s'applique qu'aux périodes de pointe (Noël, Black Friday) et que l'exigence selon laquelle les journaux abonnés doivent être distribués au plus tard à 12h30 continue de s'appliquer. Si les journaux n'étaient distribués qu'après 12h30, ils perdraient encore plus de leur attrait.
Le Parlement rejette l'initiative SSR
Le Conseil des États a rejeté sans contre-projet l'initiative populaire « 200 francs, ça suffit ! (Initiative SSR) » (24.060) lors de la session d'automne. L’initiative vise à abaisser la redevance des ménages à 200 francs par an et à supprimer entièrement la contribution des entreprises. La part revenant aux stations de radio et de télévision régionales privées ne devrait pas diminuer en chiffres absolus, ce qui entraînerait une augmentation notable de leur part relative. Les recettes issues de la redevance seraient environ réduites de moitié si l’initiative était acceptée.
Après un débat intense, le Conseil national avait déjà recommandé aux électeurs de rejeter l'initiative lors de la session d'été. Le Conseil fédéral avait aussi rejeté l’initiative mais prévoit de mettre en œuvre un contre-projet au niveau de l’ordonnance : la redevance des ménages devrait être réduite progressivement à 300 francs par an à partir de 2027, et la limite pour le paiement de la taxe sur les entreprises devrait passer de 0,5 million à 1,2 million de CHF, ce qui exempterait environ 80 % des entreprises assujetties à la TVA.
Lors du vote final, la proposition a été acceptée par 115 voix contre 76 et 5 abstentions (Conseil national) et par 37 voix pour, 7 contre et 1abstentions (Conseil des États). L'initiative sera donc soumise au vote sans contre-projet.
Au cours de la session d'automne, le Conseil national a traité deux autres interventions dans le domaine des médias. Il s'est prononcé en faveur des deux à une large majorité. L'initiative parlementaire Bauer (22.407) demande que la part de la redevance médiatique qui, selon la LRTV, est utilisée pour les chaînes de radio et de télévision régionales, passe de 4 -6 % à 6 - 8 %. L'initiative parlementaire Chassot (22.417) vise à soutenir diverses mesures d'encouragement, en particulier pour les médias électroniques, à hauteur d'un pour cent maximum des recettes de la redevance médiatique. Il subsiste toutefois une divergence avec le Conseil des États, ce qui signifie que les dossiers lui sont renvoyés. Dans le cas de l'initiative parlementaire Bauer, cela concerne l'adaptation automatique des contributions à l'inflation, à laquelle le Conseil national s'est opposé, contrairement au Conseil des États. Dans le cas de l'initiative parlementaire Chassot, le Conseil national souhaite plafonner à 50 % la part des coûts imputables dans les mesures d'encouragement, tandis que le Conseil des États s'était prononcé en faveur de 80 %.
Position ACS: L'ACS salue le rejet de l'initiative par les Chambres fédérales. La réduction massive des moyens alloués à la SSR qui en résulterait mettrait sérieusement en péril le journalisme régional, à un moment où le service public médiatique est déjà fortement fragilisé. Une diversité médiatique et une SSR quadrilingue forte sont cruciales pour une démocratie vivante et une offre de base journalistique de qualité, notamment dans les régions périphériques et sur le plan linguistique. La proposition du Conseil fédéral de réduire progressivement la redevance radio-télévision des ménages à 300 francs par an d’ici 2029 va déjà très loin, constitue un défi pour la SSR et menace ainsi l’offre de base journalistique.
Le débat initié par cette initiative repose sur une logique erronée : le mandat de prestations de la SSR devrait être défini avant d’évaluer les besoins financiers, lesquels en découlent. Le mode de financement, quant à lui, doit être discuté séparément, car il est indépendant des besoins financiers. Il est évident qu’à long terme, un modèle de financement alternatif à la redevance actuelle, qui est administrativement lourde et inefficace, sera nécessaire.
L'ACS salue également l'adoption par le Conseil national des initiatives parlementaires Bauer et Chassot. Celles-ci visent à renforcer le service public médiatique et constituent, avec l'initiative parlementaire Bulliard-Marbach (22.423), dans le cadre de laquelle les Chambres fédérales se sont mises d'accord lors de la session de printemps sur une extension de l'aide indirecte à la presse, un ensemble équilibré de mesures pour la promotion à court et moyen terme du service public médiatique, qui est gravement menacé.
Le service d'adresses coordonné à l'échelle nationale bénéficie d'une seconde chance
Lors de la session d'automne, le Conseil national s'est prononcé à une courte majorité de 100 voix contre 94 en faveur de la loi sur les services d'adresses (23.039). Le PLR et l'UDC s'étaient prononcés contre le projet. La Loi vise à créer la base légale d'un service national des adresses (SNA).
Celui-ci permettra aux autorités de la Confédération, des cantons et des communes ainsi qu’à des tiers disposant d’un mandat légal de consulter à l’échelle nationale les adresses de domicile déclarées des personnes physiques. Les autorités et organisations qui pourront y accéder sont celles qui sont également autorisées à utiliser systématiquement le numéro AVS. Les acteurs privés seront exclus de l’utilisation du SNA. Celui-ci ne constitue pas un registre, mais un service qui restitue sans modification les données issues des registres des habitants. La souveraineté sur les données, leur traitement et leur correction continuent de relever, comme jusqu’ici, des services des habitants des communes et des cantons.
Le dossier retourne au Conseil des États avec deux divergences.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Conseil national. Il est important d'aller de l'avant dans la mise en place d'un service national d'adresses. Ce projet constitue une étape importante vers une administration numérique. Un service national des adresses favorise la numérisation et l’efficacité administrative et réduirait considérablement la charge de travail liée à la recherche d’adresses et de domiciles, ce qui profiterait en fin de compte à la population. En même temps, la souveraineté sur les données resterait, comme aujourd’hui, entre les mains des services des habitants des communes et des cantons.
Actuellement, les adresses enregistrées dans les différents registres ne sont pas homogènes. Conformément au principe du « once only », une adresse ne serait enregistrée qu’une seule fois et toutes les autorités disposant de la base légale pour y accéder pourraient ensuite l’utiliser. Cela améliorerait la qualité des données disponibles et simplifierait l’harmonisation des adresses à l’échelle nationale, tout en rendant les processus administratifs plus efficaces – au bénéfice direct de la population.
Le gain macroéconomique est estimé à environ 7 millions de francs par an. Rien que les économies réalisées par les caisses-maladie, en tant que principaux utilisateurs de ces données, se chiffreraient à plusieurs millions de francs à l’échelle nationale (cf. flyer Service national des adresses). Les communes et leurs services des habitants étant les premiers producteurs de données, l’ACS soutient donc la position selon laquelle les communes responsables de la tenue des registres des habitants doivent être exemptées d’émoluments ou les services cantonaux (représentant les communes).
Le Conseil national se prononce clairement en faveur d'un extrait électronique du registre des poursuites à l'échelle nationale
Le Conseil national a profondément modifié le projet initial du Conseil fédéral visant à modifier la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP) (24.065), sur proposition de la Commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N), et ce à la quasi-unanimité. À l'origine, le Conseil fédéral souhaitait à l’avenir uniquement que les renseignements sur les poursuites fassent l'objet d'une vérification du domicile et que les renseignements issus du registre des poursuites indiquent si la personne concernée est inscrite ou non au registre des habitants du district de poursuite. Avec le projet de loi désormais présenté (24.065), le Conseil national souhaite aller beaucoup plus loin et créer une base légale pour un extrait électronique du registre des poursuites à l'échelle nationale. Le projet prévoit la création d'une base de données centrale pour toute la Suisse, à laquelle les offices des poursuites transmettraient les données nécessaires. L'identification se ferait à l'aide du numéro AVS ou du numéro d'identification des entreprises (IDE).
Le projet est désormais transmis au Conseil des États.
Position ACS: L'ACS salue expressément la décision du Conseil national. (cf. également la prise de position dans le cadre de la consultation de la CAJ-N, en allemand). Les renseignements du registre des poursuites sont aujourd'hui limités à l'arrondissement de poursuite de l'office auprès duquel la demande est déposée. Cela présente des inconvénients majeurs pour les habitants : s'ils postulent pour un appartement en location – ce qui nécessite environ 80 % de tous les extraits du registre des poursuites –, ils doivent généralement présenter un extrait séparé du registre des poursuites pour chaque lieu de résidence des cinq dernières années. Pour les offices compétents – dans certains cantons, cette tâche incombe aux communes –, l'absence d'une base de données nationale pour les renseignements sur les poursuites entraîne également une charge de travail supplémentaire considérable. Le système actuel est inefficace et est loin d'exploiter pleinement les possibilités techniques. Il est manifestement nécessaire d'agir.
L'ACS s'engage depuis longtemps en faveur de la numérisation dans l'administration. L'organisation Administration numérique Suisse (ANS), dont l'ACS est partenaire, a lancé dès juin 2024 le projet BRA CH, qui vise à mettre en place une base de données centrale pour les informations relatives au registre des poursuites. Tous les offices des poursuites doivent fournir leurs données de poursuite en utilisant le numéro AVS ou le numéro IDE. L'automatisation permettra ainsi d'accroître l'efficacité des processus administratifs et d'améliorer le service public. La pertinence de l'extrait sera également d'une très grande qualité. En raison du volume traité, le nouveau registre suisse des poursuites devrait devenir le principal moteur de la diffusion de l'e-ID auprès de la population - même si ce n'est pas l'une des premières. Il est donc essentiel que les habitants puissent à l'avenir obtenir rapidement et facilement en ligne des informations les concernant – si nécessaire auprès de plusieurs offices des poursuites – grâce à l'e-ID.
Le Conseil national rejette l'initiative du Parti du centre
Le Conseil national rejette l'initiative populaire « Oui à des impôts fédéraux équitables pour les couples mariés — Pour enfin en finir avec la discrimination du mariage!» (25.018) du Parti le Centre, mais de justesse, par 99 voix contre 92. L'initiative constitue le pendant conceptuel de l'imposition individuelle. Elle vise à inscrire dans la Constitution fédérale que les revenus d'un couple marié doivent être additionnés. En ce qui concerne le montant de l'impôt, outre l'imposition commune, un calcul alternatif de l'impôt doit être effectué sur la base du barème et des déductions applicables aux personnes non mariées conformément à la législation sur l'impôt fédéral direct, puis le montant le plus bas est facturé.
Le Conseil des États va maintenant se pencher sur le projet. Compte tenu de la répartition des voix, la décision devrait là aussi être très serrée. Si un référendum aboutit, la votation populaire sur le projet d'imposition individuelle devrait avoir lieu au cours du premier semestre 2026.
Position ACS: L'ACS salue le rejet de l'initiative par le Conseil national. Celle-ci ne supprimerait pas la discrimination entre les couples mariés et non mariés, mais la renforcerait. Dans le pire des cas, les couples mariés seraient traités de la même manière que les couples non mariés et, dans tous les autres cas, ils seraient mieux lotis. Cela serait en contradiction fondamentale avec le principe constitutionnel de l'imposition selon la capacité économique. Seule l'imposition individuelle (24.026), adoptée de justesse par les Chambres fédérales lors de la session d'été, garantit l'égalité de traitement. Étant donné que l'imposition individuelle et l'initiative du Parti du centre s'excluent mutuellement, le Parlement devrait suspendre jusqu'à nouvel ordre les délibérations sur l'initiative du centre. Si aucun référendum n'est lancé contre l'imposition individuelle ou si celle-ci est acceptée lors de la votation populaire, il ne serait pas approprié, du point de vue de la démocratie, de poursuivre l'initiative.
En outre, selon le message du Conseil fédéral, l'initiative entraînerait une baisse des recettes de l'impôt fédéral direct comprise entre 700 millions et 1,4 milliard de francs. Des calculs plus récents effectués par l'AFC avec différentes combinaisons de déductions et variantes de splitting aboutissent parfois, selon la variante, à des baisses de recettes encore plus importantes. Cela n'est pas acceptable.
Accord de dernière minute : la modification de la loi sur l'énergie aboutit finalement
La modification de la loi sur l’énergie (arrêté d’accélération, LEne, 23.051), qui a été débattue pendant plus de deux ans, aboutit finalement. Avec « l’arrêté d’accélération » les procédures d'autorisation pour construire des centrales solaires, éoliennes et hydroélectriques d'importance nationale iront plus vite. Après de longues négociations les deux Chambres ont pu s’accorder sur le droit de recours des associations environnementales. Le Conseil national avait exigé que les recours concernant les 16 grands projets dans le domaine de l’hydroélectricité soient recevables à condition qu’ils soient menés conjointement par trois organisations habilitées. Le Conseil des États n’a toutefois toujours pas accepté cette condition. En contrepartie, il a soutenu une proposition de dernière minute, non discutée au préalable en commission, déposée par les conseillers aux États Stefan Engler (Centre/GR) et Thierry Burkart (PLR/AG).
Celui-ci prévoit de maintenir le droit de recours des associations, mais uniquement au niveau cantonal, c’est-à-dire sans possibilité de recours devant le Tribunal fédéral. Cette variante minimale du Conseil des États a ensuite obtenu une majorité lors de la conférence de conciliation. Même si le Conseil national a critiqué la manière de procéder du Conseil des États (dépôt d’amendements individuels sans discussion préalable en commission), il s’est finalement prononcé en faveur du compromis par 130 voix contre 1 et 61 abstentions provenant des rangs de la gauche écologiste. La délibération suivante au Conseil des États n’a été qu’une simple formalité.
Lors du vote final, la modification de la loi sur l’énergie a été acceptée par 185 voix contre 2 et 9 abstentions (Conseil national) et par 44 voix contre 0, unanimité,(Conseil des États).
Position ACS: Pour les communes comme pour les cantons, il est d’une importance centrale qu’un compromis ait pu être trouvé entre le Conseil national et le Conseil des États, permettant ainsi de mener à bien le projet visant à accélérer le développement des énergies renouvelables. L’arrêté d’accélération constitue un pilier essentiel pour renforcer la production nationale d’électricité issue des énergies renouvelables et pour consolider la sécurité de l’approvisionnement électrique de notre pays. Il est donc primordial que les procédures relatives aux installations de production d’intérêt national soient désormais simplifiées et qu’une véritable participation des communes concernées aux processus de décision soit garantie (cf. art. 14a, al. 1 et 2).
PFAS : une protection préventive des eaux n'est pas prioritaire pour le parlement
La motion « Fixer des valeurs limites pertinentes pour les PFAS en tenant compte des conséquences pour l'agriculture et les distributeurs d'eau et introduire des mesures de soutien à l'agriculture » a été adoptée par le Conseil des États lors de la session d’été 2025. Le Conseil national a suivi le premier conseil en l’adoptant à son tour le 9 septembre avec 129 voix pour, 61 contre et 4 abstentions. À l’avenir, la fixation des valeurs limites pour les PFAS devra donc tenir compte non seulement des risques pour la santé et l’environnement, mais aussi de la praticabilité de l’exécution et des conséquences économiques.
Position ACS: L’ACS s’est opposée à la motion 25.3421 lors d’une audition auprès de la commission compétente et regrette que la priorité ne soit pas donnée à la protection préventive des eaux. Car, plus la concentration de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) sera élevée, notamment dans l’eau potable, plus les investissements nécessaires dans les infrastructures de traitement des micropolluants augmenteront.
Dans ce contexte, l’ACS demande la mise en place d’un instrument de financement basé sur le principe du pollueur-payeur pour le traitement des eaux, à l’instar du système OTAS appliqué aux sols.
Bilan de la session d'été 2025
La session d’été s’est achevée ce vendredi 20 juin avec les votes finaux. À une voix près, le projet d’imposition individuelle a franchi l’étape décisive du Conseil des Etats. D’autres dossiers importants ont été clôturés avec des résultats positifs pour les communes, notamment ceux relatifs à la culture et aux prestations complémentaires. En revanche, la protection de la forêt a été affaiblie par l’acceptation d’une motion qui réduit la portée des mécanismes de compensation. Dans le domaine de l’eau, les communes devront continuer à assumer seules les coûts de traitement, le Parlement ayant refusé d’inscrire le principe du pollueur-payeur dans la loi. Quant au projet visant à accélérer les procédures, il est actuellement dans l’impasse et retourne en commission pour réexamen dès lundi.
Modification de la Loi sur l'énergie : le projet est dans l'impasse et repart en commission
Le 5 juin dernier, le Conseil des États a maintenu sa position sur un point central : il a confirmé l’exclusion totale du droit de recours des organisations environnementales concernant les 16 grands projets de centrales hydroélectriques, écartant ainsi le compromis du Conseil national qui proposait d’en restreindre l’accès (recours possibles uniquement en cas de dépôt conjoint par trois organisations). Le Conseil national, qui devait initialement se prononcer sur la question, a reporté cet examen : la commission compétente traitera du sujet fin juin. Cela signifie que, pour la deuxième session consécutive, le Parlement n’a pas encore finalisé ses délibérations sur la révision de la loi sur l’énergie (LEne, 23.051), visant à accélérer le développement des énergies renouvelables.
Position ACS: Pour les communes, comme pour les cantons, il est essentiel qu’un compromis soit trouvé afin que le projet puisse aboutir. Cette réforme constitue un pilier du développement de la production d’électricité indigène à partir de sources renouvelables et vise à renforcer la sécurité d’approvisionnement de notre pays. Il est donc fondamental de rationaliser les procédures applicables aux installations de production d’intérêt national, tout en garantissant une véritable implication des communes concernées dans les processus décisionnels.
Sur le principal point de blocage – le droit de recours des organisations –, les communes appellent à une solution équilibrée qui ne mette pas en péril l’ensemble du projet.
Le Parlement vote des assouplissements pour la compensation du défrichement
Le 12 juin, le Parlament a décidé que les surfaces forestières ne seraient plus obligatoirement reboisées à un autre endroit en cas de défrichement et a transmis une motion correspondante (24.3983) au Conseil fédéral. Cette décision a pour conséquence la diminution de la surface forestière dans son ensemble. Le Conseil national a approuvé le projet par 113 voix contre 75.
Position ACS: L’ACS regrette la décision du Conseil national d’accepter la motion 24.3983, qui affaiblit la protection de la forêt en supprimant l’obligation générale de reboiser en cas de défrichement. Près de 30 % de la surface forestière suisse appartient à des collectivités publiques, dont de nombreuses communes. Celles-ci jouent un rôle clé pour préserver les multiples fonctions du couvert forestier – qu’il s’agisse de protection contre les dangers naturels, du bien-être de la population ou de régulation climatique. Si la forêt progresse en altitude, elle recule dans les zones les plus exposées aux conflits d’usage, comme le Plateau ou les vallées. C’est précisément là que le reboisement en cas de défrichement reste essentiel et sera en conséquence affaiblit.
Le Conseil des Etats refuse d'ancrer le principe du pollueur payeur dans le financement des installations pour le traitement des eaux sous couvert du fédéralisme
Le Conseil des Etats a tacitement enterré la motion Fluri (20.3052) s’appuyant sur le principe du pollueur-payeur pour régler sur le plan national le financement de nouvelles infrastructures de traitement des eaux. Le rejet de l'objet par le second conseil a donc clos le dossier. L’approche proposée, fondée sur le principe du pollueur-payeur, aurait permis d’inscrire dans la continuité du financement des mesures contre les micropolluants, dont les PFAS permettant de garantir une eau potable de qualité, dans un contexte de durcissement des valeurs limites et d’enjeux croissants liés à la sécurité de l’approvisionnement en eau.
Position ACS: L’ACS regrette que, trois ans après l’acceptation du Conseil national, le Conseil des Etats enterre cette solution. Un financement fondé sur le principe du pollueur-payeur pour le traitement de l’eau potable est rendu nécessaire par l’introduction de valeurs limites plus strictes pour les produits phytosanitaires, fixées par le Conseil fédéral. Cette approche s’inscrit dans la continuité des mécanismes de financement existants pour les mesures contre les micropolluants – y compris les PFAS – et s’avère indispensable pour garantir une eau potable de qualité, surtout en cas de renforcement des exigences. Le renvoi à la seule responsabilité des communes et des cantons ne répond pas à la réalité du terrain : les communes assument déjà une large part des investissements nécessaires, souvent sans soutien financier suffisant.
La Bibliothèque nationale se dote d'une base juridique plus moderne
Le Conseil national et le Conseil des Etats ont éliminé leurs divergences concernant la modernisation de la loi sur la Bibliothèque nationale suisse (projet 3, 24.027). Désormais, la Bibliothèque nationale a l'obligation de collecter, de répertorier et de conserver les informations numériques librement accessibles ayant un lien avec la Suisse (Helvetia). Le 3 juin, le Conseil national a approuvé le projet dans le cadre du message culture 2025 - 2028.
Lors de l'examen de ce projet fédéral, le mandat de collecte des contenus librement accessibles ayant un lien avec la Suisse n'était pas contesté en soi, mais pas le droit à rémunération pour les informations disponibles sous forme électronique qui ne sont pas librement accessibles. Lors de la dernière session d'hiver, le Conseil national a rejeté une réglementation selon laquelle ces titulaires de droits ne devraient pas recevoir de rémunération. Lors du deuxième examen de la loi, une proposition de compromis, élaborée par la commission compétente du Conseil des Etats, s'est imposée mardi à la Chambre basse.
La proposition prévoit que l'accès aux contenus qui ne sont pas en libre accès n'est possible que sur place, à la Bibliothèque nationale. La consultation en ligne de telles œuvres sera accordée aux utilisateurs dont l'identité aura été vérifiée. En outre, la Bibliothèque nationale devra verser une contribution annuelle au fonds culturel d'une société de gestion pour soutenir les créateurs culturels. Le Conseil national a ainsi vu s'imposer une majorité qui mise sur l'obligation de rémunération.
Lors des votes finaux, le projet de loi a été adopté par 132 voix contre 63 et 2 abstentions (Conseil national) et par 41 voix contre 2 (Conseil des États).
Position ACS: L'ACS aurait préféré que la collecte des contenus numériques disponibles ne soit pas rémunérée, mais elle peut soutenir la décision adoptée par les deux Chambres dans le sens d’un compromis.
L'imposition individuelle franchit le dernier obstacle parlementaire
Lors de la session d'été, le Conseil des Etats a éliminé les dernières divergences avec le Conseil national concernant le contre-projet indirect à l'initiative pour des impôts équitables (24.026), qui demande une imposition individuelle indépendante de l'état civil. En ce qui concerne le barème fiscal, il s'est prononcé en faveur d'une proposition de compromis du Conseil national qui, en ce qui concerne la perte de recettes estimée à 600 millions par an pour l’impôt fédéral direct, se situe entre une proposition antérieure du Conseil des Etats et la proposition initiale du Conseil fédéral. Le Conseil des Etats a également suivi le Conseil national en ce qui concerne les déductions liées aux enfants : Il n'insiste plus sur la transférabilité à l'autre parent si celles-ci ne réduisent plus le revenu imposable. Les deux décisions ont été prises à une très faible majorité, la voix du président étant prépondérante.
Le Conseil des Etats recommande au peuple d'accepter l'initiative populaire elle-même, également avec la voix prépondérante du président. Il suit ainsi le Conseil national qui s'était déjà prononcé en faveur de l'initiative lors de la session spéciale de mai. Cette décision a également été prise de manière extrêmement serrée, par 98 voix contre 96.
Lors des votes finaux, l'objet a été approuvé par 101 contre 93 voix et 0 abstentions (Conseil national) et par 22 contre 21 voix (Conseil des Etats).
L'objet est soumis au référendum facultatif, qui est considéré comme certain. Il est donc fort probable que les électeurs auront le dernier mot.
Position ACS: L'ACS soutient la suppression de la pénalisation du mariage tant que le projet est à la fois supportable financièrement pour les communes et qu'il peut être mis en œuvre avec une charge administrative raisonnable. L'imposition individuelle garantit la suppression de l'inégalité de traitement entre les couples mariés et les couples non mariés. L'ACS salue en particulier le fait que le Conseil des Etats ait suivi le Conseil national sur les dernières divergences et renoncé à la transférabilité des déductions liées aux enfants. Celle-ci aurait été fondamentalement contraire au principe de l'imposition individuelle, aurait réduit les incitations positives à l'exercice d'une activité lucrative, aurait entraîné des pertes fiscales substantielles et aurait compliqué inutilement les procédures fiscales, entraînant ainsi un surcroît de travail administratif pour les autorités fiscales et les contribuables.
L'imposition individuelle s'applique à tous les niveaux de l'État. Il est maintenant important que la Confédération associe étroitement les cantons et les communes à la mise en œuvre et qu'elle utilise pleinement, si nécessaire, le délai de carence prévu par la loi pour l'entrée en vigueur, soit 6 ans après l'expiration du délai référendaire ou après une éventuelle - et très probable - votation populaire au vu des majorités en présence. Les conséquences en termes d'organisation, de technique et de personnel sont importantes et peuvent difficilement être évaluées à l'heure actuelle.
Les Chambres se mettent d'accord sur le projet de PC pour le logement accompagné
Lors de la session d'été, les Chambres se sont mises d'accord sur le futur soutien au logement accompagné (24.070). Le « projet pour les prestations d’aide et d’assistance à domicile pour les personnes âgées » garantit pour la première fois au niveau fédéral les conditions-cadres pour le financement des prestations de prise en charge par le biais des PC. Aujourd'hui, de nombreux bénéficiaires de PC sont placés en maison de retraite malgré un faible niveau de soins. La modification de la loi fédérale sur les prestations complémentaires à l'AVS/AI adoptée par le Parlement doit permettre d'éviter à l'avenir des entrées inutiles et précoces en EMS.
Lors de la session d'hiver 2024, le Conseil national avait approuvé le projet en tant que premier conseil avec des adaptations et avait prévu d'intégrer l'aspect psychosocial de la prise en charge et de permettre aux cantons d'appliquer les forfaits de manière plus flexible. Lors de la session d'été, le Conseil des États s'est prononcé, dans le cadre de ses premières délibérations, en faveur d’une disposition prévoyant la « promotion de l’organisation du quotidien et de la participation sociale ».
Ces points avaient été soutenus au préalable par les cantons et l'Association des Communes Suisses. Lors de la deuxième semaine de la session, il s'est tacitement rallié au Conseil national sur le dernier point controversé : le Conseil fédéral doit ainsi régler en détail la manière de procéder avec les remboursements lorsqu'une personne concernée vit en partie dans une institution et en partie à domicile.
Lors des votes finaux, le projet a été adopté par 131 voix contre 65 et 1 abstention (Conseil national) et par 37 voix contre 3 et 3 abstentions (Conseil des États).
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement comme un premier pas important vers de meilleures conditions-cadres pour une prise en charge de qualité et adaptée aux besoins des personnes âgées. Le nombre de personnes âgées nécessitant un accompagnement va fortement augmenter au cours des 20 à 30 prochaines années. Une grande partie d’entre elles ne pourra pas compter sur le soutien de proches.
Le projet de PC adopté par le Parlement permet de promouvoir l'autonomie des personnes âgées et d'éviter les entrées inutiles en institution. Le cadre du catalogue de prestations fixé au niveau fédéral avec les forfaits flexibles, laisse aux cantons la marge de manœuvre nécessaire. L'ACS salue la décision des Chambres d'inscrire la promotion de l'organisation du quotidien et de la participation sociale à l'art. 14a, al. 1, let. e, afin que les forfaits puissent déployer pleinement leurs effets. Le plafond budgétaire des forfaits reste inchangé. Il ne s’agit donc pas d’un élargissement des prestations, mais d’une orientation plus ciblée du projet.
Le Conseil national rejette clairement l'initiative SSR
Lors de la session d'été, le Conseil national a rejeté l'initiative populaire « 200 francs ça suffit ! (Initiative SSR) » (24.060) au terme d'un débat intense qui s'est étalé sur trois jours et dont le rejet a été recommandé au peuple par une nette majorité de 116 voix contre 74. Seuls l'UDC et une partie du PLR ont pu se rallier au projet. Une proposition minoritaire de l'UDC, qui voulait renvoyer l'initiative à la commission en la chargeant d'élaborer un contre-projet indirect, a également été rejetée. Celui-ci aurait dû comprendre un allègement des charges des ménages et des entreprises, une limitation du rôle de la SSR dans les domaines du divertissement, du sport et des activités en ligne ainsi qu'une plus grande influence politique dans l'attribution des concessions et la définition du service public. Le Conseil national a également rejeté une proposition de la gauche du Conseil selon laquelle le financement devrait à l'avenir être assuré par un fonds indépendant alimenté par 0,4 pour cent de TVA.
L’initiative populaire vise à abaisser la redevance des ménages à 200 francs par an et à supprimer entièrement la contribution des entreprises. La part revenant aux stations de radio et de télévision régionales privées ne devrait pas diminuer en chiffres absolus, ce qui entraînerait une augmentation notable de leur part relative. Les recettes issues de la redevance seraient environ réduites de moitié si l’initiative était acceptée.
Le Conseil fédéral rejette l’initiative mais prévoit de mettre en œuvre un contre-projet au niveau de l’ordonnance : la redevance des ménages devrait être réduite progressivement à 300 francs par an à partir de 2027. L’initiative a suscité de vifs débats au Parlement. La Commission des transports et des télécommunications du Conseil national (CTT-N) a formulé deux contre-projets (25.400 et 25.433), qui allaient fortement dans le sens des initiants et auraient également entraîné d’importantes pertes de recettes. Ces deux propositions ont toutefois été clairement rejetées par la commission du Conseil des Etats (CTT-E) en février et avril, en référence au contre-projet du Conseil fédéral, ce qui a conduit la CTT-N à retirer ses propositions.
L'affaire passe maintenant au Conseil des Etats. La CTT-E traitera cet objet le 11 août prochain.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Conseil national. Elle rejette fermement l'initiative. La réduction massive des moyens alloués à la SSR qui en résulterait mettrait sérieusement en péril le journalisme régional, à un moment où le service public médiatique est déjà fortement fragilisé. Une diversité médiatique et une SSR quadrilingue forte sont cruciales pour une démocratie vivante et une offre de base journalistique de qualité, notamment dans les régions périphériques et sur le plan linguistique. La proposition du Conseil fédéral de réduire progressivement la redevance radio-télévision des ménages à 300 francs par an d’ici 2029 va déjà très loin, constitue un défi pour la SSR et menace ainsi l’offre de base journalistique.
Le débat initié par cette initiative repose sur une logique erronée : le mandat de prestations de la SSR devrait être défini avant d’évaluer les besoins financiers, lesquels en découlent. Le mode de financement, quant à lui, doit être discuté séparément, car il est indépendant des besoins financiers. Il est évident qu’à long terme, un modèle de financement alternatif à la redevance actuelle, qui est administrativement lourde et inefficace, sera nécessaire.
Le Conseil national ouvre la voie aux entreprises pilotes en matière d'E-collecting
Le Conseil national a adopté une motion du conseiller aux Etats Matthias Michel (24.3905) par 124 voix contre 66 et 2 abstentions. Celle-ci charge le Conseil fédéral de lancer un projet pilote visant à tester la collecte électronique de signatures pour des initiatives populaires et des référendums (e-collecting). L'infrastructure de confiance (E-ID) doit servir de base technique à cet effet. Le Conseil fédéral soutient la motion, et le Conseil des États l’a adoptée lors de la session d’hiver 2024. En réponse à un postulat de la Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N) (21.3607), le Conseil fédéral a rédigé un rapport détaillé sur le sujet.
Une motion complémentaire (24.3851), déposée par le conseiller aux Etats Benjamin Mühlemann, a également été adoptée, mais de justesse, par 95 voix contre 91 et 6 abstentions. Des représentants de l'UDC et du Centre se sont prononcés contre la motion en raison d'objections politiques. Concrètement, la motion demande que les collectes de signatures se fassent à l'avenir via des canaux numériques. Le Conseil fédéral doit être chargé de créer les bases légales et d'introduire la plateforme technologique correspondante ou les applications numériques nécessaires. La CIP-N avait modifié la motion en ce sens que les collectes de signatures sur papier devaient rester possibles à l'avenir. L'objet retourne donc à la commission du Conseil des Etats.
Position ACS: L’ACS soutient les deux motions, sous réserve que la collecte de signatures sur papier reste possible. À moyen et long terme, l’E-Collecting doit toutefois devenir la norme.
Aujourd’hui, il existe un risque structurel d’abus : en dehors de la vérification du domicile et du droit de vote d’une personne dans une commune, les communes ne sont pas en mesure de détecter si des signatures pour des initiatives populaires ou des référendums ont été falsifiées. Elles peuvent uniquement signaler des cas suspects à la Chancellerie fédérale, en se fondant éventuellement sur des considérations de plausibilité. Mais la falsification de signatures est pratiquement indétectable. Le potentiel de l’E-Collecting est donc élevé à cet égard. Il permettrait aussi de réduire considérablement la charge organisationnelle pour toutes les parties prenantes.
Une condition indispensable est que l’infrastructure de confiance de l’E-ID serve de base technique. La loi sur l’E-ID devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2026. L’E-ID arrive donc bientôt.
Bilan de la session spéciale 2025
Imposition individuelle : le Conseil national rejette la possibilité de transfert entre époux des déductions fiscales liées aux enfants
Le débat sur l’imposition individuelle (24.026) a connu une nouvelle étape le 7 mai : à l’issue d’un débat intense, le Conseil national a décidé, à une courte majorité (101 voix contre 95) et contre l’opposition de l’UDC et du Centre, de suivre une proposition de compromis de sa commission compétente en matière de barème fiscal. Cette proposition se situe entre la version initiale du Conseil fédéral, qui aurait entraîné des pertes fiscales de 870 millions de francs, et celle du Conseil des États, qui prévoyait un barème nettement plus progressif limitant les pertes à 380 millions de francs. Le compromis adopté entraînerait des pertes estimées à 600 millions de francs.
Par ailleurs, le Conseil national a rejeté la proposition du Conseil des États visant à permettre le transfert des déductions fiscales pour enfants – lorsqu’elles ne peuvent plus être appliquées sur le revenu imposable de l’un des parents – à l’autre parent. Seul le groupe UDC a soutenu cette proposition.
Position ACS: L’Association des communes suisses (ACS) se félicite du rejet de la transférabilité des déductions liées aux enfants. Une telle mesure contredirait fondamentalement le principe de l’imposition individuelle, réduirait les incitations positives à l’activité professionnelle, entraînerait d’importantes pertes fiscales et compliquerait inutilement les procédures fiscales, alourdissant ainsi la charge administrative tant pour les autorités fiscales que pour les contribuables. Le compromis trouvé sur le barème fiscal pourrait, quant à lui, constituer une solution praticable.
Le dossier retourne désormais au Conseil des États, qui devrait s’en saisir à nouveau lors de la session d’automne.
Allocation de garde : le Conseil national soutient le modèle du Conseil des États mais veut maintenir les conventions-programmes
Un consensus règne au Parlement sur la nécessité de trouver une solution durable pour le soutien financier à l’accueil extrafamilial des enfants (21.403). Après le Conseil des États, le Conseil national a lui aussi approuvé, lors de la session extraordinaire du 6 mai, le principe d’une allocation de garde. Calquée sur le modèle des allocations parentales, cette aide vise à alléger la charge financière des parents recourant à l’accueil extrafamilial. Elle est prévue pour les enfants jusqu’à l’âge de huit ans et s’élèvera à un minimum de 100 francs par mois si l’enfant est pris en charge un jour par semaine dans une structure, et jusqu’à un maximum de 500 francs. Le modèle proposé par le Conseil des États prévoit un financement similaire à celui des allocations familiales, reposant sur des contributions des employeurs, des employés et des cantons. L’Association des Communes Suisses (ACS) regrette toutefois que la participation directe de la Confédération, comme le prévoyait le modèle initial du Conseil national et la proposition de la minorité Prelicz-Huber (art. 16a, al. 2), n’ait pas été retenue.
Position ACS: Les deux Chambres souhaitent présenter ce projet comme contre-projet indirect à l’initiative populaire « Pour une prise en charge extrafamiliale de qualité et abordable pour toutes et tous (initiative sur les crèches) ». Contrairement au Conseil des États, le Conseil national insiste cependant sur la poursuite des conventions-programmes et souhaite une implication financière accrue de la Confédération. Celle-ci devrait investir 200 millions de francs durant les quatre premières années suivant l’entrée en vigueur de la loi, ce que l’ACS salue expressément.
Ces conventions-programmes doivent permettre d’encourager les cantons à poursuivre les efforts en matière de promotion précoce, de combler les lacunes dans l’offre et de créer des places d’accueil institutionnel pour les enfants en situation de handicap. Elles devraient être en vigueur pendant quatorze ans.
Le projet retourne maintenant au Conseil des États pour la suite des délibérations.
Bilan de la session de printemps 2025
Une session de printemps sous le signe de la reconnaissance du rôle des communes
Vendredi matin 21 mars, les Chambres fédérales ont clôturé leur session de printemps 2025 par les votes finaux. Plusieurs décisions importantes ont été prises, confirmant le rôle central des communes dans la mise en œuvre des politiques fédérales et offrant une visibilité accrue sur certains dossiers majeurs.
La large majorité qui a soutenu l’augmentation de l’aide à la presse dans les deux Chambres envoie un signal clair à la Confédération : dans le cadre des futurs travaux d’assainissement budgétaire, ce soutien ne doit pas être remis en question. La diversité médiatique – en particulier au niveau local– est un pilier de notre démocratie. Grâce à cette décision, la situation est désormais clarifiée pour les sept prochaines années.
Du côté de la politique postale, le Conseil des Etats a rejeté une motion qui aurait gelé la révision de l’ordonnance sur la poste, mais esquisse un compromis. Une phase transitoire de dix ans est désormais envisagée pour adapter progressivement l’obligation de distribution, dans un esprit de concertation avec les communes.
Retrouvez dans notre bilan de session l’ensemble des objets traités ayant un impact direct ou indirect sur les compétences communales. Cette session printanière montre une fois de plus que les communes sont et restent des acteurs incontournables du fédéralisme suisse.
Le Conseil des États se prononce de justesse en faveur de l’imposition individuelle
Après le Conseil national, le Conseil des États s’est également prononcé le 10 mars en faveur de l’imposition individuelle (24.026), bien que de justesse, par 23 voix contre 21. Il a toutefois introduit plusieurs divergences notables par rapport au Conseil national : les déductions pour enfants, qui ne réduisent plus le revenu imposable chez un parent, devraient pouvoir être transférées à l’autre parent indépendamment de l’état civil. Cette mesure vise à alléger la charge fiscale des couples avec un seul revenu. En contrepartie, pour limiter les pertes fiscales, les déductions pour enfants ne devraient plus être relevées à 12'000 CHF par enfant, mais seulement à 10'700 CHF.
De manière surprenante, une proposition de la gauche du Conseil, demandant un barème fiscal nettement plus progressif pendant une période transitoire de dix ans, a été acceptée à une nette majorité (29 voix contre 14). Grâce à cette mesure, les pertes fiscales estimées sont réduites d’un milliard à 380 millions de francs par an. Le Conseil des États rejette en outre la proposition de sa commission, selon laquelle les couples mariés devraient continuer à remplir une déclaration d’impôt commune.
Le projet retourne à présent au Conseil national, qui devrait en reprendre l’examen lors de la session d’été. Celui-ci avait également adopté, lors de la session d’automne 2024 et à une courte majorité, le projet d’imposition individuelle, soit le contre-projet indirect à l’initiative populaire des Femmes PLR. L’objectif du projet est de supprimer la pénalisation du mariage et de créer des incitations positives à l’activité professionnelle. L’examen de l’initiative populaire elle-même est suspendu jusqu’à la fin des délibérations sur le contre-projet indirect. Le délai imparti pour l’examen a été prolongé jusqu’au 8 mars 2026.
Position ACS: L’Association des communes suisses (ACS) salue en principe la décision du Conseil des États. L’imposition individuelle permet de mettre fin à la discrimination entre couples mariés et non mariés. Elle soutient également un barème fiscal plus progressif pendant une période transitoire de dix ans, afin d’atténuer les pertes fiscales et de limiter les charges supplémentaires pour la classe moyenne. Toutefois, la transférabilité des déductions pour enfants contredit le principe même de l’imposition individuelle et réduit les incitations à l’activité professionnelle que le projet vise justement à promouvoir. Une telle disposition entraînerait en outre une charge administrative supplémentaire et soulèverait des questions juridiques, notamment en cas de contestation de la déclaration d’impôt d’un des parents. L’ACS porte donc un regard critique sur cette mesure.
Par ailleurs, l’ACS a exposé en détail, lors de l’audition devant la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) en février 2022, que ce changement de paradigme fondamental aurait des conséquences considérables et difficilement évaluables pour les communes (pertes fiscales, charges organisationnelles, techniques et en personnel accrues). Pour l’ACS, il est essentiel que le projet puisse être mis en œuvre avec une charge administrative supportable pour les communes. Les cantons et les communes doivent bénéficier d’un délai de mise en œuvre d’au moins dix ans. En outre, l’imposition individuelle ne doit en aucun cas entraîner une fracture sociale.
Les Chambres s’entendent, après de longues négociations, sur une augmentation de l’aide à la presse
Lors de la session de printemps, le Conseil national a suivi le Conseil des États en matière d’aide à la presse. Ce dernier avait proposé une solution de compromis : l’aide indirecte à la presse sera augmentée de 30 à 40 millions de francs par an, et un nouveau soutien de 25 millions de francs sera introduit pour la distribution matinale en semaine. Les montants destinés à la presse associative et à la presse de fondation restent inchangés à 20 millions de francs. Cette réglementation s’appliquera pour les sept prochaines années et vise en particulier à permettre aux petits éditeurs régionaux de se transformer en développant davantage leur offre numérique.
Initialement, l’initiative parlementaire (22.423) prévoyait un soutien plus généreux (aide indirecte : 45 millions, distribution matinale : 30 millions, presse associative et de fondation : 30 millions). La solution finalement retenue représente un compromis après de longues négociations. Le Conseil national souhaitait suivre l’initiative sur les deux premiers points, mais supprimer entièrement le soutien à la presse associative et de fondation. En réponse, le Conseil des États a proposé ce compromis lors de la session d’automne, compromis auquel le Conseil national a désormais adhéré.
Lors des votes finaux, le projet a été adopté par 115 voix contre 53 et 23 abstentions (Conseil national) et par 34 voix contre 11 (Conseil des États).
Position ACS: L’Association des communes suisses (ACS) salue l’accord trouvé sur l’augmentation des moyens consacrés à l’aide à la presse, l’introduction d’un soutien à la distribution matinale ainsi que le maintien de l’aide à la presse associative et de fondation. La diversité de la presse, essentielle à la formation de l’opinion démocratique, est particulièrement menacée en Suisse au niveau régional et localLe financement devient de plus en plus difficile en raison de la baisse des recettes publicitaires et de la réticence du public à payer pour des contenus en ligne.
Il est également essentiel de soutenir la presse associative et de fondation. Les magazines et revues publiés par des organisations à but non lucratif, telles que des associations ou des fondations, constituent une source d’information importante. Ainsi, l’ACS contribue, avec le seul magazine communal multilingue encore existant, Commune Suisse, à la mise en réseau des communes par-delà les frontières linguistiques. Les communes bénéficient de retours d’expériences concrets et d’exemples pratiques d’autres collectivités.
La décision des Chambres constitue en outre un signal fort adressé au Conseil fédéral dans le cadre du programme d’économie 2027. Celui-ci prévoit en effet de réduire de moitié l’aide indirecte à la presse par rapport à son niveau actuel. Par cette décision, le Parlement a reconnu l’importance de ce soutien et montré que des coupes budgétaires dans ce domaine ne sont pas appropriées.
Le Parlement ne veut pas freiner le développement du réseau postal – c’est désormais au Conseil fédéral d’agir
Après que le Conseil national a adopté la motion 24.3816 lors de la session d’automne 2024, le Conseil des États a rejeté le texte le 11 mars, sur recommandation de sa commission compétente, par 24 voix contre 17. Lors du débat, le conseiller fédéral Rösti a esquissé une solution concernant le retour controversé à la notion de « localité » pour la distribution : dans le cadre de la révision prévue de l’ordonnance sur la poste, une phase transitoire de dix ans devrait permettre une mise en œuvre progressive de l’adaptation de l’obligation de distribution, en passant des maisons habitées à l’année aux localités habitées à l’année.
Les efforts de La Poste pour poursuivre la transformation de son réseau de filiales — en réduisant le nombre de bureaux exploités en propre de 800 à 600 d’ici à 2028 — ainsi que l’intention du Conseil fédéral de réviser l’ordonnance sur la poste ont suscité de nombreuses réactions politiques. Par cette motion, la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national voulait charger le Conseil fédéral de renoncer à toute modification de l’ordonnance sur la poste tant que la révision de la loi sur la poste n’était pas achevée. La Poste aurait en outre été tenue de suspendre ses projets de renonciation à la distribution dans les petits hameaux, de fermeture de bureaux de poste et de réduction de la ponctualité des lettres et des colis. Le Conseil national avait adopté la motion lors de la session d’automne 2024.
Avec le rejet du Conseil des États, la motion est classée. Le Conseil fédéral prévoit désormais d’adopter les grandes lignes de la révision de la loi sur la poste durant l’été, puis d’élaborer un projet. Celui-ci devrait être mis en consultation en 2026, et le message transmis au Parlement au premier semestre 2027.
Position ACS: L’Association des Communes Suisses salue le rejet de la motion. Celle-ci reprenait des préoccupations légitimes, mais allait trop loin et aurait pratiquement bloqué l’évolution du réseau postal. Pour l’ACS, il est incontesté que La Poste doit continuer à assurer le service universel de manière autonome sur le plan économique. Cela rend indispensable une évolution du mandat de service universel. Toutefois, cette modernisation ne doit pas se faire au détriment d’un service de base de qualité, accessible à l’ensemble des régions et de leur population. L’ACS rejette dès lors l’idée que l’obligation de distribution à toutes les maisons habitées à l’année puisse être supprimée par voie d’ordonnance seulement trois ans après son entrée en vigueur. Cela constituerait un recul, qui pénaliserait de manière disproportionnée les régions rurales et périphériques par rapport aux villes et aux agglomérations.
Un compromis possible serait la solution évoquée par le conseiller fédéral Rösti : un démantèlement progressif de l’obligation de distribution sur une période transitoire de dix ans, durant laquelle des alternatives pourraient être élaborées en collaboration étroite avec les communes. L’ACS attend désormais du Conseil fédéral qu’il adapte l’ordonnance sur la poste en ce sens.
L’évolution du mandat de service universel doit continuer à reposer sur un service public de qualité, comprenant les services postaux et les services de paiement. Les prestations numériques doivent être développées davantage. En parallèle, les besoins en offres analogiques, telles que l’accès à l’argent liquide, doivent aussi être pris en compte. Ainsi, la Poste A doit continuer à faire partie du service universel pendant une phase transitoire, parallèlement à l’introduction prévue d’un courrier numérique. Il est essentiel que les autorités locales soient impliquées en amont dans la restructuration du réseau postal, et non seulement au moment de la fermeture d’un bureau de poste. Un dialogue d’égal à égal entre La Poste et les communes est indispensable pour planifier ensemble l’avenir du réseau postal et élaborer conjointement des solutions adaptées.
L'élimination des divergences concernant les procédures accélérées se poursuit. Le Parlement adopte la prolongation du Solarexpress
Le projet de loi pour l’accélération des procédures vise à simplifier et à accélérer les procédures de planification et d'autorisation pour les installations solaires et éoliennes d'intérêt national (23.051). L'objectif est de développer les énergies renouvelables afin de renforcer la sécurité d'approvisionnement, notamment en hiver.
Les points abordés par les députés et les sénateurs lors de la session de printemps concernaient principalement les droits de recours, les mesures de compensation, les installations photovoltaïques alpines et la participation décisionnelle des communes dans le cadre de la procédure accélérée. Sur ce dernier point, le Conseil national a rejoint le Conseil des Etats en prévoyant à l’art. 14a al.1bis que l’accord des communes soit nécessaire, sauf disposition contraire du droit cantonal. Les députés ont toutefois été plus loin que les sénateurs, en ajoutant la notion de droit cantonal actuel ou futur. Il reste donc encore une divergence à traiter entre les deux Conseils sur l’implication des communes.
Le Parlement n’a pas fini de délibérer sur le dossier. En raison de divergences importantes, la commission compétente du Conseil des Etats a décidé de réexaminer le dossier de manière approfondie.
En revanche, les Chambres se sont mises d'accord sur l'offensive solaire alpin : Le Parlement a décidé de prolonger le développement de l’énergie solaire alpin, c'est-à-dire la construction accélérée et soutenue financièrement d'installations solaires alpines.
Lors des votes finaux, la Loi sur l’énergie (Réalisation d’installations photovoltaïques alpines prévues) a été adoptée par 123 voix contre 67 et 0 abstentions (Conseil national) et par 44 voix contre 1 (Conseil des États).
Position ACS: L’ACS salue la décision du Conseil national d’ancrer formellement l'accord des communes d’implantation dans la loi. L’implication décisionnelle des communes d’implantation dans le cadre de la procédure accélérée pour les installations énergétiques renouvelables est indispensable et constitue une condition importante pour l’acceptation et la légitimité des projets.
Le Parlement accepte une réserve d'électricité inscrite dans la loi
Après le Conseil national, le Conseil des Etats a lui aussi adopté le projet visant à inscrire la réserve d’électricité dans la loi sur l’approvisionnement en électricité (24.033). La réserve est actuellement réglée par une ordonnance arrivant à échéance en 2026, mais dont une possible prolongation fait actuellement l’objet d’une consultation. Pour les sénateurs, la réserve d’électricité constitue un instrument de crise permettant de couvrir la demande dans des situations critiques. Le soutien financier aux installations de couplage chaleur-force (CCF), alimentées totalement ou partiellement au moyen d'énergies fossiles, a fait l’objet de discussions et n’a pas passé la rampe. Par ailleurs, le Conseil des Etats s’est rallié, moyennant quelques modifications, à la proposition du Conseil national concernant une réserve d’électricité liée à une réduction de la consommation. D’autres divergences subsistent encore et le dossier repart donc au National.
Position ACS: L'ACS accueille favorablement le projet, car il établit les bases légales nécessaires à la création d'une réserve d'électricité utilisable en cas de crise.
Elle est toutefois d’avis que le recours à la réserve doit rester exceptionnel au vu des impacts territoriaux et environnementaux des centrales de réserve. Dans ce contexte, il est essentiel que les communes concernées soient intégrées dans les processus décisionnels et que les allègements possibles des dispositions sur la protection de l’air et du bruit soient évités autant que possible. Une réserve d’électricité ne constitue pas une solution durable pour améliorer la situation de l’approvisionnement. En ce sens, l’ACS salue la décision du Conseil des Etats de limiter le soutien aux installations fonctionnant aux énergies fossiles. L'ACS salue également la décision des sénateurs concernant la réserve liée à la réduction de la consommation.
La modernisation de la loi sur la bibliothèque nationale passe à une nouvelle étape d'élimination des divergences
Après le rejet par le Conseil national, lors de la session d’hiver, de la modernisation de la loi fédérale sur la Bibliothèque nationale suisse (24.027), le projet est retourné au Conseil des États en mars. Jusqu’à présent, les informations numériques ne sont pas réglementées. Le Conseil fédéral entend y remédier. Il prévoit d’introduire une réglementation sur le dépôt obligatoire pour les contenus numériques. L’objectif est de garantir que la Bibliothèque nationale puisse remplir sa mission de collecte et de transmission également dans le domaine numérique. Étant donné que les œuvres ne sont pas exploitées commercialement et que des restrictions d’accès sont prévues, la Bibliothèque nationale devrait pouvoir collecter les contenus numériques sans obligation de rémunération.
Lors de la session de printemps, le Conseil des Etats a apporté diverses précisions à l'art. 5 al. 2 et 3 et a décidé d'un nouvel al. 4. Il veut ainsi restreindre l’accès aux seuls postes de travail situés dans la Bibliothèque nationale, avec des exceptions pour les utilisatrices et utilisateurs dûment identifiés. Il propose en outre, à l’unanimité, que la Bibliothèque nationale verse une contribution annuelle au fonds culturel d’une société de gestion des droits d’auteur en soutien aux acteurs et actrices des milieux culturels. Le Conseil national devra à nouveau se pencher sur cet objet avec cette divergence.
Position ACS: Du point de vue de l’ACS, la collecte et la diffusion d'« Helvetica » (les informations/contenus qui se rapportent à la Suisse) dans le domaine numérique doivent en principe être gratuites pour la Bibliothèque nationale. La contribution annuelle prévue de la Bibliothèque nationale ne doit pas être répercutée sur les communes. Les modalités de cette contribution annuelle doivent donc faire l'objet d'une attention particulière lors de la conception concrète. Les coûts éventuels supplémentaires pour les communes et les bibliothèques communales doivent être refusés. La limitation locale de l'accès aux postes de travail de la Bibliothèque nationale est justifiable. L'ACS peut donc soutenir la solution de compromis concernant le dépôt légal numérique.
2024
Bilan de la session d'hiver 2024
Sans surprise, le budget 2025 a été au cœur des débats de la session parlementaire d’hiver. Trouver un équilibre financier pour respecter le frein à l’endettement est un exercice délicat, qui engendre inévitablement des gagnants et des perdants. Parmi les gagnants de cette session figurent clairement l’armée et l’agriculture. Les communes, quant à elles, ne sont pas épargnées par les coupes budgétaires, mais elles conservent un instrument clé pour le développement économique régional : la Nouvelle Politique Régionale (NRP). Bien que réduites, la moitié des contributions continueront d’alimenter le Fonds de la NRP, permettant ainsi de maintenir des investissements essentiels dans les régions de montagne et les zones rurales.
Un autre fait marquant de cette session est l’adoption du projet sur l’E-ID, qui marque une étape importante vers la transformation numérique de l’administration suisse.
Avec les votes finaux de cette session, l’année s’achève sur une série de débats politiques intenses.
Mandat de service universel de la Poste : Objet reporté à la session de printemps
Fin mai, La Poste a annoncé qu'elle réduirait encore le nombre de ses filiales, passant d’environ 800 à 600 bureaux d’ici 2028. Le 14 juin, la Confédération a défini l’orientation générale d’une consultation concernant la révision de l’ordonnance sur la poste : la fourniture de services postaux et de paiement de base devrait être étendue pour inclure des offres numériques et être mise sur une base financièrement viable. Le Parlement, quant à lui, veut s'atteler rapidement à la révision de la législation postale.
Le Conseil des Etats n'a pas encore pris de décision sur la thématique de la poste lors de la session d'hiver. Le traitement de la motion (24.3816), que le Conseil national a adoptée le 10 septembre et qui était à l'ordre du jour du Conseil des Etats le 5 décembre, a été reporté à la session de printemps. La motion demande au Conseil fédéral de s’abstenir de procéder à des adaptations de l’ordonnance sur la poste tant qu’une révision de la loi sur la poste ne sera pas achevée, et d’obliger la Poste, avec des moyens appropriés, à suspendre ses projets de suppression de la distribution de courrier dans les hameaux, de fermeture de bureaux de poste ou de réduction de la ponctualité de la distribution de colis et de lettres.
Position ACS: L'ACS salue le fait que le Parlement souhaite s'atteler rapidement à la révision de la législation postale. La motion soulève des préoccupations légitimes. Du point de vue de l’ACS, il est nécessaire d’ouvrir rapidement un débat politique de fond sur l’avenir des services postaux de base, en impliquant également le niveau communal. Le Parlement devrait se pencher sans délai sur une révision de la législation postale afin de définir une mission future service public au niveau législatif. Toutefois, la motion serait allée bien plus loin et aurait pratiquement suspendu toute évolution du réseau postal. Dans cette optique, l’ACS salue la recommandation de la commission des transports des États de rejeter de la motion.
Il est incontestable pour l’ACS que La Poste doit continuer à fournir à l’avenir un service postal de manière autonome et rentable. Cela rend indispensable l’évolution de cette mission de service public. Cependant, une modernisation ne doit pas se faire au détriment d’une bonne couverture de service ce qui signifie l’accessible à toutes les régions et à toute la population. L’ACS rejette catégoriquement l’idée que la distribution du courrier à toutes les maisons habitées toute l’année soit suspendue trois ans après l’entrée en vigueur de la révision, par voie d’ordonnance. Ce serait un recul, qui pénaliserait de manière disproportionnée les régions rurales et périphériques par rapport aux villes et agglomérations.
L’objectif doit être un service public de qualité pour les services postaux et de paiement. Les services numériques doivent être développés, mais les besoins en services analogiques, comme l’accès à l’argent liquide, doivent également être pris en compte. En parallèle de l’introduction prévue de la lettre numérique, la distribution de la lettre A doit rester une partie de la mission de service public pendant une période de transition. Il est essentiel que les autorités locales soient impliquées dès le début de la transformation du réseau postal, et pas seulement lorsque la fermeture d’une agence est envisagée. Un échange entre La Poste et les communes sur un pied d’égalité est nécessaire, afin de pouvoir planifier l’évolution du réseau postal et rechercher ensemble des solutions adaptées.
Message culture 2025 – 2028 : Le débat sur la Loi sur la Bibliothèque nationale se poursuit
Le Parlement s'est mis d'accord lors de la session d'automne sur le financement des contributions fédérales de soutien à la culture pour les années 2025 à 2028 et a approuvé les arrêtés fédéraux correspondants. Après que le Conseil des États a déjà accepté, cet été, d’entrer en matière sur le projet 3 concernant la Bibliothèque nationale, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil national a également proposé à son conseil d'adopter ce projet conformément à la recommandation du Conseil fédéral et du Conseil des États.
Le projet 3 prévoit d'intégrer une réglementation sur le dépôt légal pour les contenus numériques, modernisant ainsi la loi datant de 1992 en ce qui concerne ces contenus. Étant donné qu'il y a eu des discussions lors des délibérations sur le projet 3 du message sur la culture, relatif au projet de loi fédérale sur la Bibliothèque nationale suisse, cette partie du message sur la culture (24.027) a été reportée à la session d'hiver. Durant la session d'hiver, les adaptations concernant le transfert international de biens culturels (projet 4) ont également été examinées.
La Bibliothèque nationale collectionne, met en valeur, conserve et communique Helvetica - des textes, images et sons de la Suisse - et donc une partie importante du patrimoine culturel. L'introduction d'un régime de dépôt légal pour les contenus numériques vise à garantir que la Bibliothèque nationale puisse également remplir son mandat de collecte et de diffusion dans le domaine numérique. Comme les œuvres ne sont pas utilisées à des fins commerciales et que des restrictions d'accès sont prévues, la Bibliothèque nationale doit pouvoir collecter des contenus numériques sans rémunération. Cette proposition de la commission de la culture du Conseil national, soutenue par le Conseil fédéral et le Conseil des Etats, a été approuvée par 124 voix contre 66 au Conseil national. Le Conseil national a toutefois rejeté les modifications de la Loi fédérale sur la Bibliothèque nationale suisse lors du vote global.
Le projet de loi retourne au Conseil des Etats. Les inquiétudes concernant les coûts supplémentaires et les droits des auteurs ont fait pencher la balance. Au Conseil des Etats, l'élimination des divergences par rapport au projet 3 n'a pas pu avoir lieu par manque de temps. L'objet est désormais à l'ordre du jour de la CSEC-E pour des travaux en commission les 13 et 14 janvier.
Position ACS: L'ACS constate qu'aucune décision n'a encore pu être prise concernant la loi sur la Bibliothèque nationale. Du point de vue des communes, la révision proposée de la loi sur la Bibliothèque nationale doit être soutenue, car elle permet que la collecte et la diffusion d'Helvetica dans le domaine numérique restent exemptes de rémunération pour la Bibliothèque nationale. Parmi les plus de 1400 bibliothèques en Suisse, une grande partie est soutenue et/ou financée par les communes. Les bibliothèques apportent une contribution directe en faveur des auteurs suisses. Elles donnent accès aux livres et aux médias, au savoir et à la culture et remplissent ainsi une importante mission sociale, sociétale, culturelle et éducative.
Une éventuelle obligation d'indemnisation au niveau fédéral pour la Bibliothèque nationale aurait un effet de signal pour les autres niveaux de l'Etat. Il faudrait s'attendre à des coûts supplémentaires correspondants pour les communes ou les bibliothèques communales. L'ACS demande donc au Conseil des États de maintenir cette réglementation, adoptée par le Conseil fédéral, les commissions du Conseil des États et du Conseil national ainsi que par le Conseil des États lui-même, dans le cadre du futur processus parlementaire.
Modification de la loi sur l'énergie : Pas encore d'accord sur le décret d'accélération
Le projet de loi pour l’accélération des procédures vise à simplifier et à accélérer les procédures de planification et d'autorisation pour les installations hydrauliques, solaires et éoliennes d'intérêt national (23.051). L'objectif est de développer les énergies renouvelables afin de renforcer la sécurité d'approvisionnement, notamment en hiver. Après que le Conseil national a approuvé le projet avec des modifications en hiver 2023, le Conseil des Etats traitait le dossier le 17 et le 19 décembre.
Lors de son examen du projet de loi pour l’accélération des procédures dans le domaine des énergies renouvelables, le Conseil des Etats a soutenu l’introduction dans les cantons d’une procédure d’approbation concentrée. A la différence du Conseil national, le Conseil des Etats estime que cette procédure doit s’appliquer uniquement aux projets éoliens et solaires, et non pas aux projets hydroélectriques, pour lesquels elle considère que la procédure en deux étapes a fait ses preuves. Par ailleurs, le Conseil des Etats a suivi la proposition de sa commission d’inscrire formellement l’accord des communes d’implantation dans la loi. Les communes devront donc donner leur accord pour les projets d’énergies renouvelables situés sur leur territoire, sauf si le droit cantonal prévoit d’autres dispositions.
Le Conseil national avait lui décidé lors de la session d’hiver 2023 de laisser le choix aux cantons de prévoir l’accord des communes d’implantation. Le dossier retourne avec des divergences à la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil national (CEATE-N), qui se réunira les 27 et 28 janvier 2025.
Position ACS: L’ACS salue la décision du Conseil des Etats qui prévoit que l’accord des communes soit nécessaire sauf si le droit cantonal en dispose autrement. L’implication des communes reste un prérequis pour l’ensemble du territoire suisse. Cela constitue une condition importante pour l'acceptation et la légitimité de tels projets.
L'ACS salue également la décision du Conseil des États de ne pas inclure l'énergie hydraulique dans le projet. Les projets relatifs aux installations hydroélectriques relèvent de procédures et d'exigences spécifiques qui ne sont pas comparables à celles des installations solaires et éoliennes.
Projet pour la fiscalité individuelle : prolongation du délai
Le 12 décembre, le Conseil des États a suivi le Conseil national en décidant de suspendre l'examen de l'arrêté fédéral relatif à l'initiative populaire jusqu'à ce que les délibérations sur le contre-projet indirect (24.026) à l'initiative populaire des Femmes PLR soient terminées. Le délai de traitement de ce dernier a été prolongé jusqu'au 8 mars 2026.
Lors de la session d'automne, une courte majorité au Conseil national, avec 98 voix contre 93, a approuvé le projet sur l'imposition individuelle, constituant ainsi le contre-projet indirect à l'initiative populaire des Femmes PLR. Ce projet vise à supprimer la pénalisation du mariage et à créer des incitations positives à l'activité professionnelle. La Commission de l'économie et des redevances du Conseil national (CER-N) entamera l'examen détaillé du projet au début de la nouvelle année.
Position ACS: L'ACS prend acte de la prolongation du délai et continuera à s'engager en faveur de la suppression des inégalités de traitement et des discriminations entre les couples mariés et non mariés. Dans le même temps, l'ACS a clairement exposé lors de l'audition devant la CER-N que ce changement de paradigme fondamental entraînera des conséquences imprévisibles et de grande portée pour le niveau communal (perte de recettes fiscales, charges supplémentaires sur le plan organisationnel, technique et en personnel).
Pour l'ACS, il est essentiel que le projet puisse être mis en œuvre avec un effort administratif raisonnable pour les communes. Un horizon de mise en œuvre d'au moins dix ans doit être accordé aux cantons et aux communes En outre, la fiscalité individuelle ne doit en aucun cas conduire à une fracture de la société.
Le Parlement se met d'accord sur un changement de système d'imposition du logement
Lors de la session d’hiver, les débats autour de cet objet (17.400 Imposition de logement. Changement de système) ont été animés et se sont conclus par une conférence de conciliation. Finalement, le changement de système doit également inclure les résidences secondaires, et la déduction des intérêts passifs doit être appliquée de manière « restrictive selon un quotient ». Le Conseil des États a accepté la proposition de la conférence de conciliation par 22 voix contre 15, avec 6 abstentions, tandis que le Conseil national l’a adoptée par 114 voix contre 57, avec 19 abstentions. En contrepartie, les deux Conseils ont approuvé l’introduction d’un impôt sur les objets pour les résidences secondaires, afin de soulager les cantons de montagne et ceux axés sur le tourisme. Cette mesure a cependant été adoptée de justesse au Conseil des États, par 21 voix contre 18, avec 5 abstentions.
Comme l’introduction du nouvel impôt sur les objets (22.454, « Introduction d’un impôt réel sur les résidences secondaires) est soumis au référendum obligatoire, et que les deux objets ont été liés, le peuple devra se prononcer sur le changement de système.
Une différence importante portait sur la déduction des intérêts passifs. Le Conseil des États souhaitait permettre des déductions jusqu’à 70 % des revenus imposables des biens. En revanche, le Conseil national a proposé une version « restrictive selon un quotient », dans laquelle seuls les intérêts passifs liés à la part de fortune immobilière, à l’exception des logements occupés par leur propriétaire, peuvent être déduits. Cela signifie que seuls les intérêts passifs liés à des biens immobiliers loués ou exploités seraient encore déductibles. En l’absence de biens immobiliers loués ou en cas de fortune limitée à une résidence principale, aucune déduction d’intérêts passifs ne serait désormais possible. Ce modèle correspond à l’approche « pas de valeur locative, pas de déductions », limitant ainsi les possibilités d’optimisation fiscale.
Lors des votes finaux, la loi fédérale relative au changement de système d’imposition de la propriété du logement a été adoptée par 106 voix contre 69, avec 19 abstentions (Conseil national), et par 25 voix contre 16, avec 3 abstentions (Conseil des États).
Position ACS: L’ACS se montre très critique face à la suppression du système éprouvé d’imposition de la propriété immobilière basé sur la valeur locative. Sur le plan fiscal, un changement de système est difficile à justifier. La valeur locative permet de garantir une égalité de traitement fiscal entre locataires et propriétaires ; sa suppression contreviendrait ainsi au principe constitutionnel de l’imposition selon la capacité économique.
Le changement de système entraînerait également des pertes fiscales se chiffrant en milliards pour les cantons et les communes, en fonction du niveau des taux d’intérêt. La version « restrictive selon un quotient » de la déduction des intérêts passifs limite quelque peu ces impacts financiers, mais les pertes fiscales restent massives.
Une condition indispensable serait de trouver une solution concrète pour les cantons de montagne et axés sur le tourisme. L’ACS regrette donc que les résidences secondaires ne soient pas exemptées du changement de système. Elle craint qu’un impôt sur les objets pour les résidences secondaires n’entraîne une charge administrative plus importante pour les communes que le maintien de la valeur locative pour ces biens.
Le Conseil national se prononce en faveur de contributions pour le logement protégé
Les prestations d'aide et d’assistance n'étant aujourd'hui pas couvertes par les prestations complémentaires (PC), de nombreuses personnes tributaires des PC doivent déménager prématurément dans une maison de retraite ou une maison de soin, malgré un niveau de soins souvent peu élevé. Afin que ce problème ne s'accentue pas dans le contexte de l'évolution démographique, le Conseil fédéral souhaite garantir le financement des prestations d'aide et d’assistance par les PC (24.070). La proposition prévoit de nouvelles prestations d’assistance à domicile et des suppléments pour l’adaptation des logements afin de renforcer l’autonomie des personnes âgées ainsi que des bénéficiaires de rentes AI avec PC.
Le 19 décembre, le Conseil national a adopté le projet en tant que première chambre par 129 voix pour et 59 voix contre au vote sur l'ensemble, y compris les majorités de la commission concernant la description des prestations (description des objectifs psychosociaux) ainsi que l'assouplissement des forfaits (pas « un forfait par personne »). L'aspect psychosocial de la prise en charge est désormais inscrit à l'art. 14a, al. 1. Par ailleurs, l'adaptation de l'art. 14a, al. 4, a permis aux cantons d'appliquer les forfaits de manière plus flexible que dans la proposition du Conseil fédéral. Le Conseil des Etats est le prochain à se pencher sur le projet. Sa Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS-E) entamera les travaux à ce sujet le 25 février 2025.
Position ACS: L'ACS se réjouit de l'adoption du projet de prestations complémentaires (P)C par le Conseil national. Elle salue en particulier le fait que celui-ci ait suivi les majorités de la commission en ce qui concerne la description des prestations (description des objectifs psychosociaux) ainsi que l'assouplissement des forfaits. Créer de bonnes conditions-cadres pour les soins aux personnes âgées et garantir qu’elles puissent vieillir dans la dignité et l’autonomie est une priorité essentielle pour les communes et les villes.
Aujourd’hui déjà, dans onze cantons, les communes et les villes financent une part significative des PC ; à l’échelle nationale, un quart des dépenses liées aux PC est pris en charge par le niveau communal. L'ACS s'engage au sein d'une large alliance pour l'acceptation du projet de PC. Elle juge particulièrement positive l’idée de rembourser les prestations d’aide et d’assistance via les PC, indépendamment du type de logement – que ce soit à domicile ou dans une institution – car cela permet d’éviter de nouvelles inégalités et lacunes de financement.
Elle salue également l’élargissement des bénéficiaires à ceux de l’AI, contrairement à ce qui était initialement prévu. De plus, elle approuve le fait que les prestations d’aide et d’assistance ne soient pas liées à l’octroi d’une allocation pour impotent, car le besoin de soins apparaît souvent avant une situation d’impotence.
Cependant, l’ACS critique le mode de financement proposé, qui repose exclusivement sur les cantons et les communes. Cela viole le principe d’équivalence fiscale et ne respecte pas la logique du système. Les coûts d’aide et d’assistance étant récurrents, ils devraient être intégrés dans les PC annuelles via un forfait dédié. L'ACS attend qu'au moins le supplément de loyer pour les adaptations nécessaires au logement des personnes à mobilité réduite soit couvert par les PC annuelles, impliquant ainsi une contribution fédérale.
Le Conseil des Etats se prononce pour davantage de moyens pour le soutien indirect à la presse
L’initiative parlementaire 22.423 propose d’augmenter temporairement, sur une période de sept ans, le soutien indirect à la presse, qui bénéficie principalement à la presse régionale et locale. L’objectif est d’aider les petits éditeurs régionaux à accélérer leur transformation vers des offres numériques. Concrètement, la modification de la loi sur la Poste comprend :
• Une augmentation du soutien indirect à la presse pour les journaux et magazines, passant de 30 millions CHF à 45 millions CHF ;
• L’introduction d’une contribution pour la distribution matinale en semaine ;
• Une augmentation des contributions pour la presse associative et des fondations, passant de 20 millions CHF à 30 millions CHF.
Lors de sa séance du 5 décembre, le Conseil des États s'est prononcé en faveur du maintien du soutien à la presse associative et de fondation au même niveau qu’actuellement (20 millions de CHF), alors que le Conseil national souhaitait supprimer totalement cette aide. En revanche, il propose d'augmenter les deux autres subventions de 5 millions de CHF de moins que le Conseil national, qui s’était aligné sur le montant prévu dans le texte de l’initiative. L’objet retourne ainsi au Conseil national. Sa commission compétente des transports et des télécommunications (CTT-N) reprendra les travaux à ce sujet les 13 et 14 janvier 2025.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Conseil des États. La diversité de la presse, indispensable à la formation démocratique de l'opinion, est menacée en Suisse, en particulier au niveau régional et local. Le financement devient de plus en plus difficile en raison de la baisse des recettes publicitaires et de la réticence à payer pour des contenus en ligne. L'ACS rejette les plans du Conseil national visant à supprimer complètement les contributions à la presse associative et de fondation.
Les magazines et revues d’organisations à but non lucratif, telles que les associations ou les fondations, constituent une source d’information essentielle. Ainsi, l’ACS permet, grâce au dernier magazine communal encore existant, « commune suisse », de créer des liens entre les communes au-delà des frontières linguistiques. Les communes bénéficient de rapports d’expérience concrets et d’exemples pratiques provenant d’autres communes. Avec le soutien indirect à la presse, la Confédération appuie cette catégorie importante de médias.
L’ACS appelle donc le Parlement à se prononcer en faveur du maintien de la presse associative et de fondation et à ne pas supprimer les fonds qui lui sont destinés.
Le Parlement se prononce en faveur d'un durcissement du statut S
Le 2 décembre, le Conseil national a décidé de suivre le Conseil des Etats et d'adopter les modifications proposées concernant le statut de protection S (motion 24.3022). Ainsi, le statut de protection S doit être retiré ou ne pas être rétabli lorsqu'une personne quitte le pays pour une durée de séjour déterminée (p. ex. 14 jours) ; lorsqu'une personne a bénéficié d'une aide au retour ou d'autres aides orientées vers le retour ; lorsque le statut de protection S a été obtenu de manière abusive. Il s'agit en outre de garantir que le statut de protection ne soit accordé qu'une seule fois au sein de l'espace Dublin. En outre, le Conseil national s'est prononcé pour des restrictions plus importantes et a adopté une motion de la conseillère aux Etats Esther Friedli (motion 24.3378). Ainsi, à l'avenir, seules les personnes originaires des zones occupées ou en conflit sous contrôle russe pourront bénéficier du statut de protection S.
Position ACS: L'ACS considère qu'une action est nécessaire concernant le statut de protection S. Depuis le début de la crise en Ukraine, les communes sont confrontées à des défis considérables en matière d'hébergement et d'intégration des personnes venant d'Ukraine. C'est pourquoi l'ACS se félicite de l'adoption de la motion 24.3022.
L'ACS prend également acte des durcissements supplémentaires basés sur la motion 24.3378. Toutefois, il reste à voir si la mise en œuvre de cette motion permettra réellement de décharger les communes.
Identité électronique (E-ID) : dernières divergences réglées
La nouvelle loi sur l'identité électronique (E-ID) (23.073) prévoit une solution étatique, avec une mise en service de l'E-ID dès 2026. L'E-ID, délivrée par la Confédération, offrira une protection maximale des données personnelles, sera gratuite et facultative. Elle pourra être utilisée aussi bien sur Internet que dans la vie quotidienne, par exemple pour commander un extrait de casier judiciaire en ligne ou pour prouver son âge lors de l'achat d'alcool en magasin. Toutes les prestations fédérales qui peuvent être réalisées avec l'E-ID continueront à être proposées en format analogique.
Lors de la session d'hiver, les Chambres ont éliminé les dernières divergences, ouvrant ainsi la voie à l'introduction de l'E-ID. Par ailleurs, le Conseil des États a adopté à l’unanimité une motion (24.3905) demandant un projet pilote pour la collecte électronique de signatures (E-Collecting) pour les initiatives populaires, en utilisant l'infrastructure de confiance de l'E-ID. Lors des votes finaux, la loi fédérale sur l'identité électronique et d'autres moyens électroniques de preuve a été adoptée par 170 voix contre 25 avec 1 abstention au Conseil national, et par 43 voix contre 1 au Conseil des États.
Position ACS: L'ACS se félicite de l'acceptation à une large majorité de la loi sur l'E-ID par le Parlement, marquant une étape majeure vers une administration numérique forte. La création d'une identité électronique (E-ID) est une nécessité : elle soutient et favorise le développement de l'administration numérique.
Le projet de loi répond à des exigences élevées en matière de qualité et de sécurité tout en garantissant un accès simple à l'identité électronique. Pour une mise en œuvre optimale, il est cependant crucial que les autorités cantonales et communales soient impliquées dès le début dans les travaux préparatoires relatifs à l'introduction opérationnelle de l'E-ID. Les organes existants, tels que l'organisation Administration numérique suisse (ANS), devraient être utilisés à cet effet. En outre, la réalisation de l'E-ID doit désormais être entreprise sans délai.
Accueil extra-familial pour enfants : Le Conseil des Etats adopte le modèle d’allocation sans subventions fédérales ni conventions-programme
Le 4 décembre, le Conseil des États, en tant que premier conseil, a examiné l’introduction d’une allocation de garde dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative parlementaire 21.403 et a pris ses premières décisions. Le modèle proposé par la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des États (CSEC-E) prévoit une allocation de garde sans cofinancement fédéral, basée sur le modèle des allocations familiales. Le financement de cette allocation serait laissé à la charge des cantons, qui pourraient obliger les employeurs, les employés et les indépendants à contribuer. Cette proposition est destinée à servir de contre-projet indirect à l’initiative sur les crèches («Pour un accueil extrafamilial des enfants qui soit de qualité et abordable pour tous (initiative sur les crèches)», 24.058).
Par 25 voix contre 15, le Conseil des États a décidé de soutenir la garde extrafamiliale des enfants jusqu’à l’âge de huit ans. Il a également précisé que l’allocation ne serait versée que si les enfants sont pris en charge dans des structures institutionnelles, telles que des crèches ou des familles d’accueil. L’allocation de garde proposée s’élève à au moins 100 francs par mois si un enfant est pris en charge une journée par semaine par une institution dans une langue nationale. Pour chaque demi-journée supplémentaire, l’allocation augmente de 50 francs. Une minorité a demandé que la Confédération participe au financement de l’allocation à hauteur maximale de 200 millions de francs, mais cette proposition n’a pas obtenu de majorité.
La majorité de la commission souhaitait maintenir les conventions-programme existants avec les cantons, mais sans les mesures visant à améliorer la qualité et à mieux adapter les offres de garde extrafamiliale aux besoins des parents, ces domaines relevant de la compétence des cantons. Elle privilégiait plutôt la promotion d’offres supplémentaires pour les enfants en situation de handicap. Cependant, le Conseil des États n’a pas suivi cette position et s’est prononcé contre ces conventions-programme. Le dossier retourne désormais au Conseil national, où la Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC-N) reprendra ces travaux le 30 janvier 2025.
Position ACS: L'ACS regrette que le Conseil des États se soit prononcé contre une participation financière de la Confédération et contre les conventions-programme. L'ACS continuera de plaider pour une solution plus équilibrée. Cela est d’autant plus important que cette allocation de garde, en tant que contre-projet à l’initiative sur les crèches, doit offrir une mise en œuvre viable pour les communes.
L’allocation de garde apporte un soulagement financier aux parents, ce que l'ACS salue. Toutefois, cet effet de soulagement ne sera réellement efficace et durable que si une offre de garde de qualité élevée est disponible et si la Confédération participe aux coûts.
Budget 2025 et plan des tâches et finances 2026-2028 : Réductions massives dans le domaine de la politique régionale
La situation financière de la Confédération reste tendue, principalement en raison d'une forte augmentation des dépenses. Les principaux moteurs de cette croissance sont l'armée, l'AVS, la migration et les réductions individuelles de primes. Selon le plan financier fédéral, un solde de financement négatif d’environ 2,6 milliards de francs est prévu pour 2026 et 2027. Des mesures d’économies s’avèrent donc nécessaires.
Dans le cadre du budget 2025 (24.041), le Conseil fédéral a proposé diverses mesures d’allégement pour garantir un budget ordinaire conforme au frein à l’endettement. Après de longues négociations, les Chambres ont finalement adopté, après une conférence de conciliation, un budget conforme au frein à l’endettement pour 2025. Les deux Chambres étaient d'accord sur certains points majeurs : l'armée devait recevoir des moyens substantiellement accrus pour les dépenses d’armement (530 millions de francs supplémentaires par rapport à la proposition initiale du Conseil fédéral), et l’agriculture devait être exemptée des réductions transversales.
En contrepartie, les moyens destinés à la coopération internationale au développement, au domaine de l’asile et aux services internes de la Confédération ont été réduits. Cependant, le Conseil national souhaitait des économies plus importantes dans la coopération internationale que le Conseil des États. Les débats détaillés ont été laborieux, et même après trois lectures, des divergences subsistaient, nécessitant une conférence de conciliation. Celle-ci a élaboré un compromis soutenu par une majorité dans les deux Chambres et adopté le 19 décembre.
La contribution pour la Nouvelle Politique Régionale (NRP) a été réduite à 6 millions de francs en 2025, soit environ un quart du montant habituel. À partir de 2026, cette contribution sera portée à la moitié du niveau normal. Les moyens destinés à l’instrument de soutien Innotour ont également été réduits, avec une coupe annuelle d’un million de francs.
En revanche, pour le transport régional des voyageurs, les Chambres ont octroyé 7,7 millions de francs supplémentaires pour 2025. Cette décision compense ainsi la réduction linéaire de 1,4 % prévue par le Conseil fédéral et garantit le maintien des prestations prévues dans ce domaine.
Position ACS: L’ACS regrette la réduction massive des contributions au Fonds pour la nouvelle politique régionale (NRP). Cet instrument a fait ses preuves en démontrant une grande efficacité : chaque franc fédéral investi génère cinq fois plus d’investissements dans les régions de montagne et les zones rurales. De plus, conformément à l’article 21, alinéa 3, de la loi fédérale sur la politique régionale, il convient d’assurer une préservation de la valeur à long terme du Fonds. Réduire massivement les contributions contredit non seulement une politique financière durable, mais également la législation en vigueur.
D’un point de vue politique, ce choix envoie également un signal négatif aux populations des régions de montagne et des zones rurales. Toutefois, l’ACS se félicite qu’une suppression totale des contributions ait pu être évitée.
L’ACS critique également la réduction des moyens alloués à Suisse Tourisme et à Innotour, qui, pour des raisons de politique régionale, sont des instruments essentiels au développement et à la compétitivité des régions concernées.
Introduction du droit de préemption facultatif pour les communes rejeté
L’initiative parlementaire 23.465 visait à établir une base légale pour un droit de préemption facultatif au niveau communal afin de promouvoir la construction de logements d’utilité publique. Les communes ne peuvent pas instaurer un tel droit de manière autonome ; une base légale est nécessaire au niveau cantonal ou fédéral. Le 18 décembre, le Conseil national a suivi sa commission par 129 voix contre 67, avec une abstention, et n’a pas donné suite à l’initiative. Le dossier est ainsi clos.
Position ACS: L’ACS regrette la décision du Parlement. Le manque de terrains constructibles, le faible nombre de biens immobiliers vacants, les exigences en matière d’aménagement du territoire et les oppositions constituent des défis majeurs pour de nombreuses communes et villes suisses confrontées à une pénurie de logements.
L’ACS soutient le plan d’action national contre la pénurie de logements avec certaines réserves. Du point de vue de l’ACS, il est essentiel d’adopter une approche fédérale, avec une priorité accordée aux réglementations cantonales le cas échéant.
Un droit de préemption facultatif, clairement défini, aurait pu offrir aux communes un outil supplémentaire pour lutter contre la pénurie de logements. Cela leur aurait permis d’élargir leur marge de manœuvre pour promouvoir la construction de logements d’utilité publique et répondre ainsi plus efficacement aux besoins locaux.
Le débat sur l'ancrage d'une réserve d'électricité dans la loi passe au Conseil des Etats
Le Conseil national a approuvé le projet de modification de la loi sur l'approvisionnement en électricité (réserve d'électricité) (24.033) tout en y apportant des modifications. Il a notamment précisé les critères pour la constitution de la réserve, en stipulant que les impacts négatifs sur le climat et l’environnement doivent être réduits au minimum. De plus, il a proposé que la création de la réserve soit liée à une réduction volontaire de la consommation d’électricité. Le Conseil national a également profité de cette révision législative pour inclure une aide urgente au secteur de l’acier. Le Conseil des États s’est également prononcé sur la question du secteur de l’acier, mais doit encore examiner le premier projet relatif à la réserve d’électricité. Le texte sera discuté par la commission compétente (CEATE-E) les 9 et 10 janvier 2025.
Avec ce projet de loi, le Conseil fédéral souhaite ancrer légalement la réserve d’électricité. Actuellement, la réserve hivernale est régie par une ordonnance qui expire en 2026. La loi fédérale sur l'approvisionnement en électricité à partir d'énergies renouvelables constitue la base juridique pour une réserve hydraulique obligatoire. Le Conseil fédéral entend compléter cette loi par des dispositions relatives à une réserve thermique, créant ainsi une base légale durable pour différentes capacités de réserve visant à renforcer la sécurité de l’approvisionnement.
Position ACS: L'ACS accueille favorablement les modifications prévues dans le projet, car elles établissent des bases légales pour la création d'une réserve d'électricité utilisable en situations exceptionnelles. Cependant, il est crucial de souligner que les centrales de réserve ont des impacts significatifs sur le territoire et l’environnement, notamment dans les communes concernées. L'ACS exige donc que les communes soient impliquées dès les premières phases des processus décisionnels pour ces projets.
De plus, une réserve d’électricité ne constitue pas une solution durable pour améliorer la situation de l’approvisionnement. L'ACS salue, dans ce contexte, la proposition adoptée par le Conseil national de lier la réserve à une réduction de la consommation.
Enfin, l'ACS estime que les dérogations potentielles aux limites d’émissions de CO2 et de bruit pour les centrales thermiques de réserve doivent être limitées autant que possible. Cela garantit que les impacts environnementaux restent sous contrôle, tout en respectant les objectifs climatiques.
Bilan de la session d'automne 2024
La session d’automne des Chambres fédérales s’est achevée le vendredi 27 septembre 2024 avec les votes finaux.
L'ACS prend note de la volonté du Parlement de suspendre toute réforme majeure du service postal universel tant que le Conseil fédéral n’aura pas présenté les bases de sa révision législative. L'ACS continuera à s'investir activement dans ce processus parlementaire. La Poste doit pouvoir continuer à exercer son mandat de service public universel de manière autonome à l'avenir également. Cela rend inévitable une évolution du mandat. Cependant, une modernisation ne doit pas se faire au détriment d'un approvisionnement de base de qualité et accessible à toutes les régions et à leur population.
L'ACS se réjouit de l’adoption par les deux Chambres de l’initiative déposée par Madame Estelle Revaz (PS/GE), visant à prolonger la Plateforme nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Les Chambres fédérales ont également soutenu la prolongation des contributions fédérales pour l'accueil extrafamilial jusqu’en 2026. Cette session a ainsi permis l’adoption de plusieurs mesures importantes pour les communes, et ce malgré la situation financière tendue au niveau fédéral. Cependant, cette situation a également des répercussions sur d'autres secteurs, comme en témoigne le rejet de l'extension du crédit pour la revitalisation des eaux, qui entraînera l'abandon de certains projets.
Nous vous invitons à consulter les résultats des débats sur onze objets particulièrement pertinents pour les communes.
Le Conseil national veut une révision rapide de la législation postale permettant la clarification du mandat de service postal universel
Fin mai, la Poste a annoncé qu'elle réduirait encore le nombre de ses agences exploitées directement, passant d'environ 800 à 600 agences d'ici 2028. Le 14 juin, le Conseil fédéral a défini l'orientation d'un projet de consultation pour la révision de l'ordonnance postale : l'approvisionnement de base en services postaux et de paiement doit être élargi par des offres numériques et mis sur une base financièrement viable. Pour le Conseil national, cela va trop vite. Il souhaite ralentir la transformation de la Poste et a adopté, lors de la première semaine de session le 10 septembre, une motion de sa commission des transports avec un vote clair de 113 voix contre 60 (18 abstentions). Cette motion demande au Conseil fédéral de s'attaquer rapidement à la révision de la législation postale et de clarifier le mandat d'approvisionnement de base de la Poste au niveau législatif, avant que d'autres étapes de réduction ne soient entreprises. Jusqu'à l'achèvement de la révision de la loi postale, il ne doit pas y avoir d'adaptations de l'ordonnance postale (24.3816).
Position ACS: Du point de vue de l'ACS, une discussion politique de fond sur l'avenir du service postal universel doit avoir lieu rapidement, en incluant le niveau communal. La décision du Conseil national est légitime. Cela permet au Parlement d'examiner quelles exigences doivent être réglementées au niveau législatif et quelles autres au niveau de l'ordonnance. La Poste doit pouvoir continuer à exercer son mandat de service public universel de manière autonome à l'avenir également. Cela rend inévitable une évolution du mandat. Cependant, une modernisation ne doit pas se faire au détriment d'un approvisionnement de base de qualité et accessible à toutes les régions et à leur population.
Après plusieurs navettes, le Parlement valide un budget de près d’un milliard pour la culture
Après le Conseil des États, le Conseil national s'est penché durant la session d'automne, en tant que deuxième chambre, sur le nouveau message culturel de la Confédération pour les années 2025-2028 (24.027) et a approuvé les douze actes législatifs à une exception près : le Conseil des Etats a rejeté l'ancrage. Ce message comprend un total de douze actes législatifs et constitue la base, entre autres, pour les aides financières de l'Office fédéral de la culture (OFC), la promotion du cinéma par la Confédération, le soutien au Musée national suisse ainsi qu'à la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia. Tout comme le Conseil des États, le Conseil national refuse également d'ancrer légalement une « haute culture du bâti » dans la loi sur la protection de la nature et du patrimoine, réglant ainsi cette question. Le Conseil national n'a pas traité une modification de la loi sur la Bibliothèque nationale, qui vise à permettre à celle-ci de remplir son mandat de collecte et de diffusion également dans le domaine numérique. La commission WBK-N se penche encore sur ce sujet.
Dans le cadre de la procédure de conciliation, les deux chambres se sont mises d'accord sur les contributions de la Confédération pour la promotion culturelle. La Fondation Pro Helvetia devrait recevoir un total de 186,9 millions de francs.
Position ACS: L’Association des Communes Suisses se félicite que le Parlement ait finalisé le message culturel et qu'un accord ait été trouvé concernant les contributions culturelles pour la période 2025-2028.
Le Conseil national renvoie la copie au gouvernement : le projet de géoinformation doit être revu
La Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national (CEATE-N) a décidé, lors de sa séance de juin, de renvoyer au Conseil fédéral le projet de modification de la loi sur la géoinformation (23.060) pour un réexamen approfondi. Les modifications proposées par le Conseil fédéral visent à créer une base légale permettant une meilleure planification de l’utilisation du sous-sol, en imposant aux détenteurs de données géologiques l’obligation de les mettre à disposition des cantons et de la Confédération lorsque ces données sont nécessaires à l’accomplissement de leurs tâches respectives.
La commission soutient en principe l’objectif d’harmonisation de la transmission des données, mais estime que le projet doit être remanié et complété. Lors de la session d’automne, le Conseil national a décidé, par 147 voix contre 41, de renvoyer le projet de géoinformation au gouvernement, en demandant à celui-ci de le revoir pour améliorer la planification de l’utilisation du sous-sol.
Position ACS: La planification de l’utilisation du sous-sol est indispensable face à la multiplication des conflits d’usage entre la protection du climat, la sécurité énergétique et l’exploitation des infrastructures. L’accès aux données géologiques, basé sur des conditions-cadres claires, permet de fournir aux communes, aux cantons et à la Confédération des informations géologiques détenues par des acteurs privés, utiles à la planification de l’aménagement du sous-sol. L'ACS soutient cette démarche, car elle favorise une planification efficiente du sous-sol tout en améliorant la sécurité de planification pour les autorités cantonales et communales.
Le projet implique que les communes mettent gratuitement à disposition les données dont elles disposent. L’ACS demande en contrepartie que les communes puissent également accéder gratuitement à toutes les géodonnées nécessaires à la planification, au même titre que les cantons et la Confédération.
La lutte contre la pauvreté en Suisse se poursuivra
Les deux motions de même teneur 23.4450 et 23.4454, intitulées « Lutter contre la pauvreté en reconduisant le programme de prévention et en adoptant une stratégie nationale », chargent le Conseil fédéral de reconduire jusqu’en 2030 au moins le programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté, qui arrive à échéance en 2024, et d’adopter une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Le Conseil national a déjà adopté la motion au printemps ; la commission du Conseil des Etats CSEC-E propose d'adopter la stratégie nationale et de rejeter la prolongation du programme qui arrive à échéance. Après le Conseil national, le Conseil des États a également adopté, le 26 septembre, l’intervention d’Estelle Revaz (PS/GE). Le Conseil fédéral est désormais chargé de présenter aux Chambres un projet de mise en œuvre.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement. Le programme de lutte contre la pauvreté, qui devait arriver à échéance en 2024, sera ainsi prolongé, avec des moyens suffisants alloués à la plateforme et au monitoring jusqu’en 2030. Par la suite, ce programme laissera place à une stratégie nationale. La reconduction de la plateforme contre la pauvreté lui permettra de continuer à jouer un rôle crucial en tant qu’instance d’échange et de coordination au niveau national, tout en garantissant le cadre nécessaire pour le monitoring sur l’évolution de la pauvreté.
Les contributions fédérales à l'accueil extrafamilial se poursuivent jusqu’à fin 2026
Le programme de soutien de la Confédération pour l'encouragement de l'accueil extrafamilial pour enfants est prolongé jusqu'à fin 2026 (23.478). Le Conseil des Etats avait déjà accepté une prolongation en juin 2024. Sa commission compétente a mis en consultation début mars sa propre proposition de réglementation définitive. En août, elle a pris connaissance des résultats de la consultation sur son modèle d'allocation de garde d'enfant pour la mise en œuvre de l'objet 21.403 « Remplacer le financement de départ par une solution adaptée aux réalités actuelles ». Elle a transmis de nouveaux mandats à l'administration afin de poursuivre la consultation sur le projet au cours du prochain trimestre. Lors de la session d’automne, le Conseil national, en tant que deuxième conseil, a également approuvé la prolongation des aides financières pour l’accueil extrafamilial. En vote final, le Conseil des Etats a accepté le projet avec 29 voix pour, 12 contre et une abstention.
Position ACS: L'ACS se réjouit du soutien du parlement permettant une prolongation du programme de soutien afin de garantir le financement jusqu'en 2026.
L’accélération des procédures se poursuivra mais dans le cadre du projet de loi fédéral
L’initiative cantonale 22.312 « Accélérer les procédures pour atteindre le tournant énergétique » demandait au Parlement fédéral qu'il crée les bases légales fédérales nécessaires pour accélérer fortement les procédures d'autorisation pour la production d'énergies renouvelables. Selon le canton du Valais, il est nécessaire de simplifier les procédures et processus administratifs et de les accélérer fortement pour la construction des infrastructures d’énergies renouvelables afin d’atteindre le tournant énergétique.
L’initiative cantonale soulignait par ailleurs que lors de la pesée d'intérêts entre la production d'énergie et la protection de l'environnement, la production d'énergie devrait en outre avoir la priorité en cas de doute, et que des critères d'évaluation légaux plus clairs devrait être établis. Le 24 septembre dernier, le Conseil national a refusé de donner suite à cette initiative cantonale.
Position ACS: L’ACS est globalement favorable à une accélération et une simplification des procédures pour les projets de développement des énergies renouvelables, mais elle s’engage clairement et fermement en faveur de l’implication des communes dans le cadre de tels projets. En effet, les communes d’implantation doivent pouvoir donner leur accord, y compris dans le cadre de procédures accélérées. L’ACS se réjouit que les débats se poursuivent dans le cadre de l’objet du Conseil fédéral 23.051 « projet de loi pour l’accélération des procédures ».
La Suisse doit se doter d'un registre national des adresses de ses habitants : tel est le vœu des députés
Le 29 février 2024, le Conseil national avait décidé de renvoyer au Conseil fédéral le projet de loi sur le service national des adresses (23.039). Par 9 voix contre 4, la commission des institutions politiques du Conseil des Etats (CIP-E) propose à son conseil de ne pas se rallier à cette décision. Avant de prendre sa décision, la commission a auditionné des spécialistes en droit constitutionnel et une délégation de la Conférence des gouvernements cantonaux.
Ces auditions ont montré d’une part que la constitutionnalité du projet est soutenable et qu’il est possible de lever encore certaines ambiguïtés en procédant à des modifications ciblées de certaines dispositions. D’autre part, il apparaît que les cantons souhaitent que le projet soit mis en œuvre rapidement, car ils estiment qu’il s’agit d’un projet important dans le domaine de la numérisation de l’administration. Lors de la session d’automne le Conseil des Etats a confirmé le besoin pour la Suisse de se doter d’un registre national des adresses de ses habitants en refusant, par 31 voix contre 11, de renvoyer le projet au Conseil fédéral.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Conseil des Etats d'aller de l'avant dans la mise en place d'une loi sur le système national de consultation des adresses des personnes physiques. Elle soutient le projet en tant qu'étape importante vers une administration numérique, mais a émis plusieurs réserves quant à la mise en œuvre (fiche d'information).
La loi sur le service national des adresses doit permettre aux autorités et aux tiers mandatés par la loi de consulter plus rapidement les données d'adresse de la population résidente afin d'accomplir leurs tâches légales. Le temps consacré à la recherche d'adresses et de domiciles pourrait être réduit, la comparaison des données d'adresse à l'échelle de la Suisse simplifiée et les processus administratifs des pouvoirs publics menés de manière plus efficace. Cela va également dans le sens d'un service à la population.
Le Service national des adresses n'est pas un registre, mais un service qui reproduit les données des services des habitants sans les modifier. La maîtrise, le traitement et les corrections des données restent, comme auparavant, du ressort des services des habitants des communes et des cantons. En outre, Mathias Zopfi (Vert-e-s/GL et président de l’Association des Communes Suisses) a déclaré, au nom de la commission, que les spécialistes du droit constitutionnel et les cantons ont démontré que le projet respecte la constitutionnalité.
Les travaux pour la dépénalisation fiscale du mariage se poursuivront
La commission de l’économie et des redevances a recommandé à son conseil d’approuver l’initiative populaire « Pour une imposition individuelle indépendante de l’état civil (initiative pour des impôts équitables) » (24.026) en juin dernier. En amont, la commission a auditionné des représentants des cantons, des communes et des villes.
La majorité de la CER-N considère le projet du Conseil fédéral comme un modèle d'imposition individuelle globalement bien équilibré. Le projet vise à supprimer la pénalisation du mariage et à créer des incitations à l'augmentation de l'activité lucrative du « deuxième salaire » au sein d’un couple. Une minorité souhaite maintenir la conception du mariage comme une communauté économique et craint que la mise en œuvre ne soit trop complexe. En ce qui concerne l'aménagement concret du projet, la commission a reçu trois propositions globales. La commission s'est finalement prononcée contre ces options et en faveur de la proposition du Conseil fédéral. Les trois propositions ont été déposées en tant que propositions minoritaires.
Lors du vote sur l'ensemble en août, la commission s'est prononcée aussi bien pour l'acceptation de l'initiative populaire que pour le contre-projet indirect à l'imposition individuelle de son conseil. Les débats intenses ont abouti au soutien par le Conseil national de l'imposition individuelle. Le Conseil national a approuvé, par 98 voix contre 93, le projet du Conseil fédéral visant à supprimer la pénalisation fiscale du mariage.
Position ACS: L'ACS soutient les efforts visant à supprimer la pénalisation du mariage et la discrimination fiscale des couples mariés qui en découle. Parallèlement, lors de l'audition devant la CER-N, l'ACS a expliqué en détail que ce changement fondamental de paradigme entraînerait des conséquences importantes et impossibles à évaluer pour le niveau communal (perte de recettes fiscales, important surcroît de travail au niveau de l'organisation, de la technique et du personnel).
Ce projet débouchera sur des réformes fiscales dans les 26 cantons. Une entrée en vigueur ne pourra toutefois pas avoir lieu simultanément dans tous les cantons. Pour l'ACS, il est essentiel que le projet puisse être mis en œuvre dans des conditions administratives acceptables pour les communes. Les cantons et les communes doivent disposer d'un horizon de mise en œuvre d'au moins 10 ans. En outre, l'imposition individuelle ne doit pas conduire à une désolidarisation de la société dans quelque domaine que ce soit.
Les divergences persistent : le Conseil national refuse le crédit supplémentaire pour la revitalisation des eaux et fait prévaloir la situation des finances fédérales
Le Conseil national s’est penché les 10 et 17 septembre sur la question des enveloppes budgétaires allouées aux différents domaines de l’environnement pour la période 2025-2028 (23.081). C’est l’argument de l’état des finances fédérales qui a emporté la majorité. Pour rappel, ces crédits couvrent une large palette de thématiques environnementales qui touchent directement aux compétences communales telles que la protection contre les dangers naturels, la nature et le paysage, la protection contre les crues, la revitalisation des eaux, la protection contre le bruit ou encore les stations d’épuration des eaux usées.
Lors de la session d’été, le Conseil des Etats a demandé davantage de moyens financiers notamment pour la protection des forêts. Durant l’été, la commission compétente du national (CEATE-N) s’est ralliée au Conseil des Etats demandant l’augmentation du crédit « forêt ». Une minorité de la commission souhaite augmenter les crédits alloués à la revitalisation des eaux (+ 30 millions, soit 176 millions). Lors de la session d'automne, la position de la minorité demandant davantage de moyens pour la revitalisation des eaux n'a pas été soutenue par les Chambres.
Position ACS: Ces décisions auront un impact direct sur les possibilités de mise en œuvre au niveau communal en matière de revitalisation des eaux, car les ressources disponibles au niveau cantonal et communal pour réaliser les projets prévus seront vraisemblablement insuffisantes. Certains projets sont en planification depuis une décennie et pourraient ne pas être réalisés par manque de budget. Cela créera obligatoirement un goulet d’étranglement étant donné le nombre de projets déjà planifiés ou en cours de planification.
Dans certains cantons, les communes supportent une partie conséquente des coûts relatifs aux projets de revitalisation. Si la Confédération n’augmente pas sa participation dans le domaine « revitalisation des eaux », les communes devront choisir entre une augmentation de leur part, ou le renoncement de certains projets. Ce report entraînera des conséquences importantes pour les communes qui devront pour certaines, repasser devant leur législatif pour demander un crédit supplémentaire.
L’introduction d'un impôt réel sur les résidences secondaires a franchi l’étape du Conseil national
Le projet de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) vise à créer les bases d’un changement complet de système en matière de valeur locative : il prévoit que, dans la mesure où la valeur locative n’est pas imposée, les cantons ou les communes puissent prélever un impôt immobilier plus élevé sur les résidences secondaires à usage personnel. L'objectif étant de compenser les pertes de recettes pour les cantons de montagne et les cantons touristiques.
La CER-N propose donc de créer une base constitutionnelle permettant aux cantons et aux communes concernés d’imposer les résidences secondaires de manière à compenser en grande partie la diminution de leurs recettes qui découleraient du changement de système en matière d’imposition de la valeur locative. Le 25 septembre, l’ensemble des conseiller nationaux moins trois abstentions ont accepté le projet tel que proposé par sa commission de l’économie et des redevances.
Position ACS: L’ACS reste critique par rapport au projet d’introduction d’un impôt réel sur les résidences secondaires de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) et continue à rejette ce dernier. Bien qu’il vise à compenser les pertes fiscales qui découleraient vraisemblablement du changement de système complet en matière d’imposition de la valeur locative (17.400 Imposition de logement. Changement de système), ce projet suscite de nouvelles incertitudes importantes.
En effet, il n'apporte pas de garantie quant à la compensation des pertes fiscales liées à l’abolition de la valeur locative. Il engendrerait un surcroît de travail administratif pour les autorités chargées de délimiter l’utilisation des résidences secondaires et de différencier les résidences principales et secondaires. L'introduction de l'impôt sur les résidences secondaires proposé par la CER-CN dépend en outre de la suppression de l’imposition sur la valeur locative et nécessite donc une décision du Parlement qui n'est pas encore prise.
Dans le cadre des débats parlementaires concernant un changement de système, l’ACS s’est montrée globalement critique quant à la suppression de l’imposition de la valeur locative, qui impliquerait pour les cantons et les communes de devoir faire face à des pertes fiscales conséquentes. En ce sens, l’ACS continuera à recommander le maintien de l’imposition de la valeur locative pour les résidences secondaires lors des futurs débats au Conseil des Etats. Ce maintien se ferait à moindre coûts pour les cantons et les communes en comparaison de l’introduction d’un impôt sur les résidences secondaires.
Bruit et sites contaminés : le Parlement s'accorde sur un compromis
Les Chambres fédérales se sont enfin mises d’accord sur la révision de la loi sur la protection de l’environnement. Lundi, le National s’est rallié au compromis plutôt souple du Conseil des Etats sur le bruit toléré dans les nouveaux logements.
Le projet du Conseil fédéral (22.085) prévoit une meilleure coordination entre la protection contre le bruit et le développement de l'urbanisation et veut encourager l'assainissement des sites pollués.
Lors de la session d'été, le Conseil des Etats a consolidé sa position : il veut continuer à encourager plus fortement que le Conseil national la construction de logements dans les zones où le bruit est excessif. En outre, le Conseil des Etats a décidé de supprimer la disposition inscrite dans la loi par le Conseil national concernant les réductions de vitesse liées au bruit (art. 16 al. 3bis). Les deux conseils se sont en revanche mis d'accord sur la question de savoir si les cantons doivent pouvoir, sous certaines conditions, soutenir financièrement les propriétaires de places de jeux privées et de jardins privés lors de leur assainissement. Le Conseil des Etats s'est prononcé, comme la chambre basse, pour que les cantons puissent payer.
Position ACS: L'ACS salue le compromis parlementaire visant à prendre davantage en compte les mesures d'aménagement du territoire lors de la pesée des intérêts entre la protection contre le bruit et le développement de l'urbanisation vers l'intérieur notamment pour faire face à la pénurie de logement. Un assouplissement respectant des critères clairs pour la protection contre le bruit est judicieux afin que les communes disposent de la marge de manœuvre nécessaire en matière de développement territorial.
Lors de la session d'été, le Conseil des Etats s'est rallié à l'idée que les cantons qui souhaitent soutenir financièrement les mesures d'assainissement des places de jeux et des jardins privés puissent utiliser le fonds OTAS. Le Conseil national a finalement adopté cette position.
Bilan de la session d'été 2024
Vendredi 14 juin, la session d’été des Chambres fédérales s’est terminée à Berne. Lors de l'importante révision de la loi sur la protection de l'environnement, le Conseil des Etats a maintenu sa position sur la protection contre le bruit. L'élimination des divergences entre donc dans une nouvelle phase. Dans le domaine de l'asile, le Parlement a approuvé le crédit supplémentaire du conseiller fédéral Beat Jans. Le Conseil des Etats s'est en outre prononcé en faveur d'adaptations du statut de protection S.
Dans le domaine de la culture, le Conseil des Etats s'est penchée en tant que première chambre sur le message culture 2025-2028 et a approuvé les douze actes législatifs, à une exception près. Le Conseil national a également décidé que les impôts devraient à l'avenir être pris en compte dans le calcul du minimum vital en matière de droit des poursuites. Il s'est en outre prononcé, en tant que deuxième conseil, en faveur d'une uniformisation des notions de « domicile » et de « résidence » dans la loi fédérale sur l'assurance-maladie, afin de régler plus clairement les compétences.
Vous trouverez ci-dessous toutes les décisions prises par le Parlement concernant les projets fédéraux touchant les communes, avec les positions de l’Association des Communes Suisses (ACS).
Les impôts feront désormais partie du calcul du minimum vital en matière de droit de poursuites
Aujourd'hui, les impôts courants ne font pas partie du minimum vital au sens du droit des poursuites. Cela signifie que les personnes concernées se retrouvent avec de nouvelles dettes pendant la durée d'une saisie pour le remboursement des dettes. La motion 24.3000 de la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats CAJ-CE veut changer cela. La loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite doit être modifiée de manière à ce que les impôts courants soient désormais pris en compte dans le calcul du minimum vital en matière de droit des poursuites. Le Conseil des Etats reconnaît la nécessité d'agir et a adopté la motion de sa commission des affaires juridiques le 13 mars 2024 sans opposition. La commission sœur du Conseil national a également proposé d'accepter la motion et souhaite que le Conseil fédéral procède à différentes clarifications concernant la mise en œuvre. Le Conseil national s'est penché sur la question lors de la première semaine de la session et a également approuvé la motion le 27 mai 2024.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement. Actuellement, les dépenses fiscales ne sont pas prises en compte dans le calcul du minimum vital au sens du droit des poursuites. Il en résulte de nouvelles dettes fiscales alors qu’une procédure de saisie est en cours, ce qui va à l'encontre des objectifs de l'Etat en matière de minimum vital en droit des poursuites. Du point de vue des villes et des communes, cette erreur de système doit absolument être corrigée.
En effet, les débiteurs seraient ainsi en mesure de s'acquitter des créances fiscales des collectivités publiques. Les dettes fiscales entraînent des charges administratives pour les villes et les communes et il existe un risque important que ces dettes ne puissent pas non plus être réglées ultérieurement. En outre, la réglementation actuelle a pour conséquence que ces personnes ne parviennent pas à sortir de la situation d’endettement dans laquelle elle se trouvent. Il leur manque donc une perspective économique et la pauvreté et l'exclusion sociale les menacent. Cette situation retombe sur les villes et les communes qui, dans de nombreux cantons, sont responsables de l'aide sociale.
Révision de la loi sur la protection de l'environnement : divergences persistantes sur le bruit
Le projet du Conseil fédéral (22.085) prévoit une meilleure coordination entre la protection contre le bruit et le développement de l'urbanisation et veut encourager l'assainissement des sites pollués, comme les places de jeux pour enfants. Lors de la session de printemps, le Parlement n'était pas encore parvenu à un accord sur ce projet. Le Conseil des Etats veut assouplir la construction dans les zones exposées au bruit et accorde plus de poids au développement de la construction et aux objectifs de l'aménagement du territoire. La sécurité de la planification devrait ainsi être accrue et les incertitudes juridiques existantes éliminées. Le Conseil national, quant à lui, souhaite accorder plus de poids à la protection contre le bruit. En plus, il a adopté une proposition du conseiller national UDC schaffhousois Thomas Hurter. Celui-ci veut inscrire dans la loi que l'abaissement de la limitation générale de vitesse à 30 km/h ne peut pas être exigé sur les routes affectées à la circulation générale (art. 16 al. 3bis).
Lors de la session d'été, le Conseil des Etats a réaffirmé sa position : il veut continuer à encourager plus fortement que le Conseil national la construction de logements dans les zones où le bruit est excessif. Il en a décidé ainsi le 28 mai 2024 lors d'un nouvel examen de la révision de la loi sur la protection de l'environnement. En outre, le Conseil des Etats a décidé de supprimer la disposition inscrite dans la loi par le Conseil national concernant les réductions de vitesse liées au bruit (art. 16 al. 3bis). Les deux conseils se sont en revanche mis d'accord sur la question de savoir si les cantons doivent pouvoir, sous certaines conditions, soutenir financièrement les propriétaires de places de jeux privées et de jardins privés lors de leur assainissement. Le Conseil des Etats s'est prononcé, comme la chambre basse, pour que les cantons puissent payer. Toutefois, pour le Conseil des Etats, la loi doit également stipuler que c'est en principe le propriétaire du site qui prend en charge les coûts. Le projet retourne au Conseil national avec des divergences. La CEATE-N s'en occupe les 17 et 18 juin 2024.
Position ACS: L'ACS salue la position de la commission du Conseil des Etats visant à prendre davantage en compte les mesures d'aménagement du territoire lors de la pesée des intérêts entre la protection contre le bruit et le développement de l'urbanisation vers l'intérieur. Un assouplissement respectant des critères clairs pour la protection contre le bruit est judicieux afin que les communes disposent de la marge de manœuvre nécessaire en matière de développement territorial.
L’ACS salue en particulier que le Conseil des Etats a décidé de supprimer la proposition du conseiller national UDC schaffhousois Thomas Hurter, Ceci pour les raisons suivantes : Lors de la révision partielle de l’Ordonnance sur la signalisation routière en 2022, le Conseil fédéral a décidé de faciliter la mise en place de zones 30 sur les routes d'intérêt local à l’intérieur des localités, notamment en supprimant l'obligation d'expertise et en réduisant ainsi la charge administrative pour les autorités communales. En outre, les zones 30 peuvent désormais être aménagées pour d'autres raisons liées aux conditions locales. Pour les communes, la clarté juridique a ainsi été créée et l'autonomie communale a été globalement renforcée. Les autorités communales peuvent ainsi désigner des zones 30 avec moins de travail administratif et en tenant compte des conditions locales. Et ce, là où elles font sens.
Cette approche subsidiaire de l'exécution est très importante. L'acceptation de la proposition Hurter limiterait considérablement les possibilités d'action des communes et des villes.
Le Parlement approuve le crédit supplémentaire pour l'asile
Le Secrétariat d’Etat aux migrations reçoit cette année 239 millions de francs supplémentaires pour l'exploitation des centres fédéraux d'asile. Les moyens alloués doivent permettre de faire face à l'augmentation attendue du nombre de demandes d'asile en automne et de demandes de statut S, et de réduire les cas en suspens. Le Conseil national avait approuvé le crédit supplémentaire correspondant (24.007) le 28 mai 2024. Le Conseil des Etats l'a également approuvé le 30 mai 2024, à la surprise générale, sans écouter sa commission consultative qui avait voulu réduire le crédit à 167,3 millions de francs.
Position ACS: L’ACS salue la décision du Parlement. Le domaine de l'asile constitue une tâche conjointe des trois niveaux de l'Etat. Les villes et les communes ont un besoin urgent de voir la Confédération assumer pleinement et efficacement ses tâches en matière de premier hébergement et de déroulement des procédures.
Le niveau communal met tout en œuvre pour remplir sa part de la tâche commune et pour accueillir et soutenir rapidement les personnes attribuées. En tant que troisième niveau de l'État, les villes et les communes ne peuvent pas transmettre de personnes, et la charge s'accumule donc pour elles. Toute réduction du crédit supplémentaire entraînera à nouveau des attributions prématurées de requérants d'asile et des incertitudes en matière de planification. Il faut absolument éviter cela. En outre, des problèmes peuvent survenir dans les communes d'implantation des centres d'accueil si l'encadrement et la sécurité ne peuvent pas être garantis.
Tout cela représente une charge supplémentaire pour les villes et les communes dans une situation déjà tendue. L'ACS a donc demandé au Parlement d'approuver le crédit dans son intégralité.
Conseil des Etats s’est penché sur le message culture 2025 – 2028
Lors de sa séance des 8 et 9 avril 2024, la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des Etats (CSEC-E) a entamé l'examen du Message sur l'encouragement de la culture pendant les années 2025-2028 (Message culture) (24.027) et a procédé à de nombreuses auditions auxquelles l'ACS a également participé. Lors de la discussion par article de fin avril, la commission est entrée en matière sur l'ensemble des projets et a décidé d'inscrire 2 millions supplémentaires pour les réseaux de tiers. Elle s'est prononcée en faveur d'un ancrage de la culture du bâti de qualité dans la loi sur la protection de la nature et du patrimoine (LPN) sans toutefois créer de nouvelles tâches pour la Confédération. Le 4 juin 2024, le Conseil des Etats, en tant que premier conseil, a dit en grande partie oui au nouveau message culture de la Confédération et a approuvé les douze actes législatifs à une exception près : le Conseil des Etats a rejeté l'ancrage d'une « culture du bâti » dans la LPN, proposé par le Conseil fédéral. Pour la majorité de droite, les bases légales actuelles sont suffisantes. Le Conseil national est le prochain à se pencher sur le projet. Celui-ci est à l'ordre du jour de la CSEC-N les 27 et 28 juin 2024.
Position ACS: L'ACS salue l'orientation du nouveau message culture, y compris les quatre adaptations législatives proposées. Six champs d'action sont identifiés, qui décrivent de manière exhaustive les défis de la politique culturelle. Les ambitions élevées sont toutefois en contradiction avec le cadre financier. Les moyens énumérés ne permettent pas d'atteindre les objectifs du message. Cela a des conséquences et augmente la pression sur les finances des villes, des communes et des cantons, qui assument déjà la plus grande partie du financement de l'encouragement de la culture.
L'ACS salue l'engagement de la Confédération dans le domaine de la culture du bâti et l'ancrage légal prévu de la promotion d'une culture du bâti de haut niveau dans la LPN. Cela favoriserait notamment une meilleure coordination au niveau de la Confédération ainsi qu'avec les stratégies d'encouragement et les activités des cantons en matière de culture du bâti. Les villes et les communes contribuent de manière déterminante à la réalisation des objectifs stratégiques du niveau étatique supérieur.
En ce qui concerne le cadre financier, l'ACS estime que les contributions d'un montant de CHF 126,6 millions sur une période de quatre ans sont insuffisantes. Il manque des moyens supplémentaires pour des tâches essentielles comme la conservation des monuments historiques et l'archéologie. Or, en raison de la protection du climat, il faut par exemple de plus en plus de moyens pour préserver les monuments historiques. Les coûts des mesures de protection et de conservation du patrimoine architectural augmentent également. De manière générale, les tâches liées à la mise en œuvre du développement vers l'intérieur tendent à être toujours plus complexes et importantes. Il faut ici penser aux villes et aux communes, raison pour laquelle l'ACS demande au Parlement d'augmenter le crédit d'engagement pour le domaine de promotion de la culture du bâti.
Le Parlement veut harmoniser les notions de « domicile » et de « résidence » dans la LAMal
La motion 23.4343 de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) charge le Conseil fédéral d'examiner l'utilisation des termes « domicile » et « lieu de résidence » dans la loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal) et de présenter les adaptations nécessaires afin que ces termes soient uniformisés dans la loi et que les compétences soient clairement définies. Le conseiller aux États Damian Müller (PLR/LU) a expliqué au nom de la commission la nécessité d'agir. Les personnes vivant par exemple en institution dépendent souvent de l'aide sociale, des prestations complémentaires, des réductions de primes ou d'autres aides. Afin d'éviter les conflits de compétence, la loi doit préciser s'il est question du lieu de résidence ou du domicile. Le Conseil fédéral a proposé d'accepter la motion. Le Conseil national l'approuvera le 7 mars 2024. Le Conseil des Etats a également adopté la motion le 4 juin 2024.
Position ACS: L'ACS salue le fait que le Parlement souhaite harmoniser les notions de lieu de résidence et de domicile dans la loi sur l'assurance-maladie (LAMal) et ainsi régler plus clairement les compétences.
La motion 23.4343 aborde une question qui concerne directement les communes dans de nombreux cas concrets et qui laisse actuellement des questions juridiques en suspens, notamment en ce qui concerne l'entrée dans les maisons de retraite et les établissements médico-sociaux. L'ACS recommande d'adopter la motion 23.4343.
Le Conseil des Etats ne voit pas la nécessité d'adapter la loi sur la géoinformation
La Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil des Etats (CEATE-E) a décidé en mars, à une nette majorité, de ne pas entrer en matière sur le projet de modification de la loi sur la géoinformation LGéo (23.060). Cette modification visait à créer une base légale pour une meilleure planification de l'utilisation du sous-sol. Un nouvel article 28a de la LGéo prévoit d'obliger les détenteurs de données géologiques primaires à les mettre gratuitement à la disposition de la Confédération et des cantons.
De l'avis de la commission, il n'est pas nécessaire de légiférer, car l'édiction de prescriptions légales concernant le sous-sol et les données qui y sont liées relève en principe de la compétence des cantons. Plusieurs cantons disposeraient donc déjà d'une base juridique appropriée ainsi que d'une expérience pratique en matière de transmission de données géologiques. Une intervention de la Confédération dans ce domaine ne se justifie donc pas. La commission constate en outre que l'échange de données entre les cantons et les autorités fédérales fonctionne très bien et que la création d'une base légale ad hoc n'est donc pas nécessaire. Elle estime en outre qu'il n'est pas certain que toutes les mesures prévues dans le projet soient constitutionnelles.
Le Conseil des Etats a suivi sa commission et a décidé le 6 juin 2024, par 28 voix contre 14 (1 abstention), de ne pas entrer en matière. L'objet est déjà à l'ordre du jour de la CEATE-N les 17 et 18 juin.
Position ACS: La planification de l’utilisation du sous-sol est une nécessité du fait de la multiplication des conflits d’utilisation entre la protection du climat, la sécurité énergétique et l’exploitation des infrastructures. L’accès aux données géologiques avec la création des bases légales permettant de mettre à disposition des communes, des cantons et de la Confédération des données géologiques de privés utiles à l’aménagement du sous-sol est soutenu par l’ACS.
Ce transfert de savoir, dans une optique d’utilisation non concurrente des données, est une démarche qui permettra de faire face aux besoins croissants de données sur l’état du sous-sol. Par exemple, le projet de cadastre national des conduites (CCCH), dont le but est d'harmoniser les données relatives aux conduites à l'échelle de la Suisse, repose sur la mise à disposition de données par et pour les autorités étatiques. L’accessibilité à des données géologiques selon des conditions claires permettra une planification efficiente du sous-sol et la sécurité de planification des autorités tant cantonales que communales sera accrue.
Les communes devront également mettre gratuitement à disposition les données dont elles disposent, et il est important qu'elles puissent réciproquement accéder gratuitement à toutes les géodonnées dont elles ont besoin en matière de planification. L’ACS a donc recommandé au Parlement d’entrer en matière.
Le Conseil des Etats demande une adaptation et une limitation du statut S
Pour le Conseil des Etats, la Suisse doit adapter le statut S de protection. Une nette majorité de centre-droit s'est prononcée le 12 juin 2024 en faveur des revendications du conseiller aux Etats Benedikt Würth (centre/SG) et de sa motion 24.3022. Ainsi, les personnes qui quittent le pays pour une durée de séjour déterminée ou qui ont obtenu le statut de protection de manière abusive ne doivent plus pouvoir bénéficier du statut de protection S.
De même, le statut de protection ne doit plus s'appliquer automatiquement à tous les réfugiés ukrainiens. Il faut en outre s’assurer que le statut de protection n’est accordé qu’une seule fois dans l’espace Dublin. Le Conseil fédéral estime que les souhaits de l'auteur de la motion sont déjà satisfaits et propose donc de rejeter la motion. Les abus doivent être combattus de manière conséquente. Il n'est toutefois pas nécessaire d'adapter les règles. Ainsi, selon le droit en vigueur, le statut de protection S serait déjà annulé si les personnes à protéger transféraient de vie à l'étranger ou séjournaient à plusieurs reprises ou pendant plus de 15 jours dans leur pays d'origine. Le Conseil des Etats a vu les choses différemment et a approuvé la motion 24.3022 le 12 juin 2024 par 29 voix contre 11 (0 abstention). Le Conseil national sera le prochain à se pencher sur cet objet.
Position ACS: L'ACS estime qu'il y a un grand besoin d'agir en ce qui concerne le statut de protection S. Depuis le début de la crise ukrainienne, les communes sont confrontées à des défis considérables en ce qui concerne l'hébergement et l'intégration des personnes en provenance d'Ukraine. L'augmentation constante des personnes nécessitant une protection, les transferts souvent prématurés des structures fédérales vers les structures cantonales et communales qui en découlent ainsi que l'entrée et la sortie parfois confuses des personnes en provenance d'Ukraine mettent à mal les structures et les procédures communales qui ont fait leurs preuves. Cette situation malsaine ne cesse de croître et, au vu des chiffres pronostiqués, elle va perdurer plus longtemps. C'est pourquoi il est important que le Conseil fédéral agisse le plus rapidement possible en ce qui concerne le statut S. La motion 24.3022 va dans la bonne direction, c'est pourquoi l'ACS la soutient.
Bilan de la session de printemps 2024
Vendredi 15 mars, la session de printemps des Chambres fédérales s’est terminée à Berne. Avec l'initiative parlementaire « Renforcer l'économie circulaire suisse » et la libéralisation du monopole sur le déchets urbains, la révision partielle de la loi sur le CO2 après 2024, la révision de la loi sur la protection de l'environnement concernant la protection contre le bruit et les sites contaminés ainsi que l'initiative parlementaire pour la suppression des restrictions inutiles et pour une transformation plus simple des résidences secondaires, quatre projets fédéraux importants pour les communes figuraient à l’agenda politique. Le Conseil national s’est penché en outre, en tant que premier conseil, sur le nouveau projet de loi fédérale e-ID et a renvoyé le projet d'un service national d'adresses au Conseil fédéral.
Le Conseil des Etats s'est prononcé en faveur de la prise en compte des impôts dans le calcul du minimum vital en matière de droit des poursuites, de l’inscription dans la loi de la vitesse à 50 km/h sur les routes à orientation trafic ainsi que d'un accès facilité au marché du travail pour les personnes en quête de protection et bénéficiant du statut S.
Vous trouverez ci-dessous toutes les décisions prises par le Parlement concernant les projets fédéraux touchant les communes, avec les positions de l’Association des Communes Suisses (ACS).
Le Parlement veut renforcer l'économie circulaire et un cadre clair pour les déchets urbains
Lors de la session de printemps, le Conseil national et le Conseil des Etats se sont mis d'accord sur le projet « Développer l'économie circulaire en Suisse » (20.433). L'objectif du projet de loi fédéral est de renforcer l'économie circulaire, de réduire les nuisances environnementales et d'augmenter la performance et la sécurité d'approvisionnement de l'économie suisse. Lundi 26 février, le Conseil national a suivi le Conseil des Etats dans sa dernière divergence. Le Conseil fédéral ne doit pas pouvoir imposer aux détaillants des directives concernant l'élimination des produits biogènes invendus, tels que les denrées alimentaires, ou leur ordonner d'acheminer ces produits vers des installations de biogaz.
Les Chambres s'étaient déjà mises d'accord sur la disposition relative aux déchets urbains (art. 31b) : Selon le Parlement, une collecte volontaire par des entreprises privées ne doit être possible que si le Conseil fédéral l'autorise spécifiquement pour certaines fractions de déchets. Le Conseil des Etats s'était prononcé en faveur de conditions-cadres claires et le Conseil national l'a suivi dans l'élimination des divergences. Il s'agit ainsi de garantir que les collectes privées ne cessent pas si elles ne sont plus rentables, par exemple en raison de la fluctuation des prix des matières recyclables, et que les pouvoirs publics doivent alors combler ce vide. Ainsi, les modèles commerciaux innovants dans le domaine de la gestion des déchets ont une chance de se développer sans que la planification et le financement de l'élimination par les cantons et les communes ne soient rendus plus difficiles.
Lors des votes finaux, la modification de la loi sur la protection de l’environnement visant à renforcer l’économie circulaire a été adopté par 126 voix contre 65 (Conseil national) et à l’unanimité par 43 voix (Conseil des États).
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement de lier à un assouplissement du monopole des déchets urbains la fixation de conditions-cadres claires. Cela permet une meilleure planification pour les communes et les villes et réduit considérablement le risque financier.
Aménagement du territoire : le Parlement veut mieux prendre en compte l'intérêt public par rapport à l'ISOS
La motion 23.3435 du conseiller aux Etats Jakob Stark (UDC/TG) vise à adapter la loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN) de manière à ce que, dans le cadre de la pesée des intérêts, l'intérêt public avéré des communes, des villes et des cantons puisse être davantage pris en compte dans le développement de l'aménagement du territoire par rapport à l'Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse (ISOS). Le Parlement reconnaît la nécessité d'agir : après le Conseil des Etats, le Conseil national a lui aussi approuvé la motion le 29 février 2024 et l'a transmise au Conseil fédéral.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement. L'ISOS est un inventaire important, mais qui, dans la pratique, rend souvent difficile le développement de l’urbanisation et la densification vers l'intérieur. De nombreuses communes sont aujourd'hui limitées dans leurs possibilités de décision et de développement en raison de la multitude de contraintes imposées par le droit fédéral. Il en résulte souvent de longues procédures et des retards de construction, notamment dans les projets de construction de logements. Cette motion permet de remédier à ce conflit d'intérêts. L'intérêt public des communes et des villes doit à l’avenir avoir plus de poids dans les projets d'aménagement du territoire. Les inventaires doivent en outre pouvoir être vérifiés à la demande d'une autorité de planification.
Le Parlement adopte la nouvelle loi sur le CO2 pour la période postérieure à 2024
Le nouveau projet de loi sur le CO2 doit encourager la population à protéger le climat par le biais d’incitations plutôt que d’interdictions. La nouvelle version de la loi sur le CO2 (22.061) visant à réduire les émissions de CO2 de 2025 à 2030 doit permettre à la Suisse d'atteindre l'objectif zéro net. Le Parlement a dit oui sur le principe en décembre, mais lors de l'élimination des divergences au printemps, le Conseil des Etats a insisté sur une version atténuée de plusieurs points. Ainsi, il ne veut pas fixer une part de réduction minimale des émissions de CO2 à réaliser en Suisse, alors que le Conseil national veut fixer à 75%au moins la part des émissions de gaz à effet de serre que la Suisse doit réduire à l'interne. L'encouragement financier des installations de bornes de recharge pour les véhicules électriques dans les immeubles collectifs a également été controversé. Par 24 voix contre 20, le Conseil des États s'est prononcé contre un financement par des fonds publics ; le Conseil national, quant à lui, veut encourager ce type de financement à hauteur de 20 millions de francs par an.
Les deux chambres n'étaient pas non plus d'accord sur la question de la redevance sur le trafic des poids lourds (RPLP). Le Conseil des Etats a maintenu le droit en vigueur, selon lequel le Conseil fédéral décide quels véhicules doivent être exonérés de la RPLP et dans quelle mesure. Dans la suite des débats, le Conseil national a proposé lundi 4 mars des compromis sur deux points de discorde : Il est d’accord de fixer la réduction des émissions de CO2 à 70%. En ce qui concerne le remboursement de l'impôt sur les huiles minérales pour les entreprises de bus concessionnaires, il a été convenu que les entreprises de transport local devront payer l'impôt à partir de 2026 et les entreprises de transport rural à partir de 2030, sauf si les bus à propulsion alternative ne peuvent pas être utilisés pour des raisons topographiques. Le Conseil national s'est également rallié au Conseil des Etats en ce qui concerne le maintien du droit en vigueur en matière de RPLP.
Finalement, seul l'art. 41b concernant les installations de bornes de recharge restait encore ouvert. Le Conseil des États a suivi le 14 mars la proposition de la conférence de conciliation, qui a proposé de biffer l’article. Il s'est prononcé à une nette majorité en faveur de l'abandon du soutien de la Confédération aux infrastructures de recharge pour les voitures électriques dans les immeubles collectifs.
Lors des votes finaux, le projet de loi CO2 a été adopté par 122 voix contre 42 et 27 abstentions (Conseil national) et par 42 voix contre 1 et 1 abstention (Conseil des États).
Position ACS: L’ACS soutient le projet de révision de la loi sur le CO2 élaboré par le Conseil fédéral car il comprend un système de financement dédié permettant de pallier, en partie, les futurs coûts auxquels les communes devront faire face pour mettre en œuvre les stratégies énergétique et climatique. Dans le secteur du bâtiment, l’ACS se réjouit que le Programme Bâtiments soit poursuivi pour encourager le remplacement de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles.
En plus du financement de projets réalisés dans le domaine de la géothermie, dorénavant, le projet prévoit également le financement des planifications énergétiques communales et régionales. Dans le domaine des transports, de nouvelles possibilités d’encouragement seront créées pour favoriser une décarbonisation de la mobilité : infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et sources de propulsions alternatives pour les transports publics.
Le Parlement veut inclure les impôts dans le calcul du minimum vital
Avec la motion 24.3000 de la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats, la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite doit être modifiée de manière à ce que les impôts courants soient désormais pris en compte dans le calcul du minimum vital en matière de droit des poursuites. Le Conseil des Etats reconnaît la nécessité d'agir et a adopté la motion de sa commission des affaires juridiques le 13 mars 2024 sans opposition. Le Conseil national est le prochain à se pencher sur la question.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement. Actuellement, les dépenses fiscales ne sont pas prises en compte dans le calcul du minimum vital au sens du droit des poursuites. Il en résulte de nouvelles dettes fiscales alors qu’une procédure de saisie est en cours, ce qui va à l'encontre des objectifs de l'Etat en matière de minimum vital en droit des poursuites. Du point de vue des villes et des communes, cette erreur de système doit absolument être corrigée. D'une part, parce que les débiteurs seraient ainsi en mesure de s'acquitter des créances fiscales des collectivités publiques. Les dettes fiscales entraînent des charges administratives pour les villes et les communes et il existe un risque important que les dettes fiscales ne puissent pas non plus être réglées ultérieurement.
En outre, la réglementation actuelle a pour conséquence que ces personnes ne peuvent pas se libérer du piège de l'endettement. Il leur manque donc une perspective économique et la pauvreté et l'exclusion sociale les menacent. Cette situation retombe sur les villes et les communes qui, dans de nombreux cantons, sont responsables de l'aide sociale.
Reconduite du programme de lutte contre la pauvreté et adoption d’une stratégie nationale
Deux interventions demandent au Conseil fédéral de reconduire le programme national de lutte contre la pauvreté qui s'achève en 2024 en finançant avec des moyens suffisants la plateforme et le monitoring jusqu’à 2030 au moins. En outre, il est chargé d’adopter une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, dans le respect du principe de subsidiarité, et mettre à disposition des moyens suffisants pour sa mise en œuvre. Le 14 mars 2024, le Conseil des Etats a transmis la motion 23.4454 du conseiller aux Etats Simon Stocker (PS/SH) à la commission compétente pour examen préalable. Le Conseil national a en revanche adopté la motion 23.4450 de même teneur de la conseillère nationale Estelle Revaz (PS/GE) par 117 voix contre 59 et 7 abstentions.
Position ACS: L’ACS et l’Union des villes suisses soutiennent la reconduction du programme de lutte contre la pauvreté. En lançant le programme national de lutte contre la pauvreté, la Confédération a pris pour la première fois un engagement explicite, dès 2014, dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la pauvreté. Elle a poursuivi cet engagement efficace par le biais de la Plateforme nationale mise en oeuvre de 2019 à 2024. En 2020, le Parlement a en outre chargé le Conseil fédéral de mettre en application un monitorage de la pauvreté et de présenter un rapport à ce sujet tous les cinq ans. Un premier rapport est attendu fin 2025.
Les villes et les communes se sont profilées, dès le départ, comme des partenaires majeures lors de l’élaboration et la mise en oeuvre du Programme national resp. de la Plateforme nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Afin de pouvoir lutter efficacement contre la pauvreté, le système de sécurité sociale nécessite une bonne coordination et la participation de tous les échelons de l’État. La Plateforme nationale de lutte contre la pauvreté met en évidence que la Confédération peut, moyennant des ressources modestes, apporter une contribution efficace et primordiale au réseautage entre l’ensemble des acteurs et à la mise à disposition de connaissances de base destinées à être appliquées sur le terrain. La Plateforme est le lieu au sein duquel les acteurs de tous les niveaux étatiques et de l’ensemble des organisations de la société civile œuvrent ensemble dans le but de faire progresser les mesures de prévention et de lutte contre la pauvreté, afin de la réduire durablement. Le Parlement a lui aussi reconnu le rôle important de la Confédération en la chargeant de mettre en place un monitorage de la pauvreté.
Par sa reconduction, la Plateforme peut continuer à l‘avenir d’assurer sa fonction essentielle de lieu d’échange et de coordination au niveau national, tout en conférant le cadre nécessaire au monitorage de la pauvreté. Les deux éléments s’en trouvent ainsi consolidés dans leur légitimité et leur impact. La stratégie demandée par la motion interviendrait comme troisième élément, dont le but serait de compléter et de renforcer encore davantage le processus.
Parallèlement aux multiples engagements des villes et des communes dans la prévention et la lutte contre la pauvreté, l’Union des villes suisse et l’Association des Communes Suisse entendent pleinement soutenir les activités au niveau fédéral. À cette fin, les deux associations mettent à disposition des ressources en personnel destinées à participer aux travaux, et ce aussi bien dans le cadre de la Plateforme que du monitorage de la pauvreté. Elles contribuent en outre à l’efficacité du programme en assumant un rôle actif dans la communication de données de base, de guides pratiques destinés au travail de terrain et d’initiatives à l’égard des acteurs à l’échelon communal.
Service national des adresses : le Conseil national renvoie le projet au Conseil fédéral
Le Conseil national n’est pas convaincu de l’utilité d'un service national des adresses et a décidé le 29 février par 116 voix contre 71 de renvoyer le projet au gouvernement (23.039) contre la volonté de la gauche du Conseil, des Vert’libéraux et du PEV.
Le Conseil des Etats avait largement adopté le projet en décembre avec une modification. Les communes et les cantons seront exemptés de l’obligation de payer les émoluments. La nouvelle banque de données doit permettre aux services administratifs de la Confédération, des cantons et des communes ainsi qu’à des tiers chargés de missions légales de consulter les adresses privées déclarées de personnes physiques dans toute la Suisse. Actuellement, de telles consultations ne sont possibles qu'au niveau communal ou cantonal, d'où l'intérêt de centraliser ces informations. Les utilisateurs sont exclusivement des administrations et des tiers mandatés - l'accès et l'utilisation sont exclus pour les particuliers. Si les cantons y étaient favorables, le projet n'a toutefois pas convaincu le Conseil national. Il a chargé le Conseil fédéral d'examiner des modèles alternatifs et, si cela n'est pas possible, de proposer une base constitutionnelle et de montrer les avantages concrets pour les particuliers. Le projet est désormais à l'ordre du jour de la Commission des institutions politiques du Conseil des Etats le 30 avril 2024.
Position ACS: L'ACS soutient globalement le projet comme étant une étape importante vers une administration numérique. L’ACS a toutefois relevé différents points critiques (dépenses supplémentaires, obligation de payer des émoluments, question de la responsabilité) et déposé des propositions concrètes dans le cadre de l'audition devant la Commission des institutions politiques du Conseil des Etats en octobre 2023 (voir fiche d’information).
La mise en place d'un service national des adresses a pour but de permettre aux autorités et aux tiers mandatés par la loi de consulter plus facilement, dans le cadre de l’accomplissement de leurs tâches légales, les données d'adresses annoncées par la population résidante. Le temps consacré à la recherche d'adresses et de domiciles pourrait être réduit, la comparaison des données d'adresses à l'échelle de la Suisse simplifiée et les processus administratifs des pouvoirs publics menés de manière plus efficace. Cela va également dans le sens d'un service à la population. Le Service national des adresses n'est pas un registre, mais un service qui reproduit les données des services des habitants sans les modifier. La maîtrise des données, le traitement des données et les corrections des données restent, comme auparavant, du ressort des services des habitants des communes et des cantons.
Le Parlement autorise à nouveau davantage de résidences secondaires
Les bâtiments d'habitation construits avant le oui à l'initiative sur les résidences secondaires (2012) devraient pouvoir être agrandis et loués comme logements de vacances en cas de démolition et de reconstruction. Le Conseil national avait déjà approuvé le projet de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (Iv. pa. Candinas 20.456) en septembre 2023.
Lors de la session de printemps, le Conseil des Etats l'a également approuvé, malgré des réserves émises aussi bien par la gauche que par la droite. Des appartements de vacances supplémentaires nouvellement construits ne respecteraient pas la décision du peuple et renforceraient encore la pénurie de logements dans les régions touristiques. Le conseiller fédéral Rösti a lui aussi souligné que la population locale ne profiterait pas des résidences secondaires supplémentaires. Le Conseil des Etats a néanmoins maintenu sa décision : les prescriptions relatives à la construction de nouvelles résidences secondaires doivent être assouplies afin de créer des incitations à l'investissement. Lors des votes finaux, le projet de loi a été adopté par 121 voix contre 64 et 5 abstentions (Conseil national) et par 28 voix contre 14 et 2 abstentions (Conseil des États).
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement. Les communes situées dans les régions de montagne doivent également pouvoir se développer en matière de construction. Avec l'Iv. pa. Iv. Candinas 20.456, les communes comptant plus de vingt pour cent de résidences secondaires doivent pouvoir transformer plus facilement les maisons d'habitation régies par l'ancien droit et les réutiliser, ce qui, du point de vue de l'ACS, doit être soutenu.
Le Parlement veut que la vitesse soit limitée à 50 km/h sur les routes à orientation trafic
Avec la motion 21.4516 du conseiller national Peter Schilliger (PLR/LU), la loi sur la circulation routière doit être adaptée de manière à ce que la vitesse soit limitée à 50 km/h sur toutes les routes à orientation trafic. Après le Conseil national (session d'automne), le Conseil des Etats s'est également prononcé le 6 mars 2024 à une nette majorité en faveur de cette demande et a adopté la motion par 25 voix contre 15 et 3 abstentions.
Position ACS: L’ACS a rejeté la motion pour des raisons suivantes. Avec la décision d'inscrire la limitation de vitesse à 50 km/h sur les routes à orientation trafic dans la loi, le Parlement fait un pas en arrière par rapport aux allègements accordés aux communes par le Conseil fédéral en 2022. En effet, la révision partielle de l’Ordonnance sur la signalisation routière (OSR) avait pour objectif de faciliter la mise en place de zones 30. L’adoption de la motion va à l'encontre de la répartition fédérale des compétences en Suisse et limite fortement l'autonomie communale ou les possibilités d'action des communes et des villes. La charge administrative pour les autorités communales devrait augmenter considérablement.
A cela s'ajoute la proposition du conseiller national UDC schaffhousois Thomas Hurter, également acceptée par le Parlement, dans le cadre de la révision de la loi sur la protection de l'environnement. Celui-ci veut inscrire dans la loi que l'abaissement de la limitation générale de vitesse ne peut pas être exigé sur les routes affectées à la circulation générale. Il s'agit là d'une nouvelle atteinte inutile à l'autonomie communale, inacceptable du point de vue communal.
Révision de la loi sur la protection de l'environnement : divergences sur le bruit
Lors de la session de printemps, le Parlement n'est pas encore parvenu à un accord sur le projet de révision de la loi sur la protection de l'environnement (22.085). Le projet du Conseil fédéral prévoit une meilleure coordination entre la protection contre le bruit et le développement de l'urbanisation et veut encourager l'assainissement des sites pollués, comme les places de jeux pour enfants. Le Conseil des Etats veut assouplir la construction dans les zones exposées au bruit et accorde plus de poids au développement de la construction et aux objectifs de l'aménagement du territoire. La sécurité de la planification devrait ainsi être accrue et les incertitudes juridiques existantes éliminées. Dans le domaine des sites contaminés, le Conseil des États s'est prononcé pour que l'assainissement ne soit pas payé par les propriétaires des places, c'est-à-dire les communes, mais en principe par les responsables du problème. Il s'est également prononcé contre le fait que les cantons puissent soutenir financièrement l'assainissement des places privées. Au lieu de cela, les projets d'assainissement tels que l'obligation d'assainir les places de jeux pour enfants doivent pouvoir bénéficier de l'argent du fonds OTAS pour les sites contaminés de la Confédération.
Pour le Conseil national également, l'entrée en matière sur le projet du Conseil fédéral n'a pas été contestée. Il a entamé l'examen détaillé de la loi sur la protection de l'environnement dans le but de faciliter la densification des constructions en raison de la pénurie de logements dans les zones exposées au bruit. Cependant, contrairement au Conseil des Etats, le Conseil national veut accorder plus de poids à la protection contre le bruit. Pour lui, les logements situés dans des zones trop bruyantes devraient à l'avenir être autorisés en Suisse aux conditions suivantes : chaque logement dispose d'au moins une chambre avec une fenêtre respectant les valeurs limites du bruit, moyennant une ventilation contrôlée de l'habitat ou un jardin extérieur privé qui respecte les limites de bruit.
Lors de la séance de suivi du 11 mars, le Conseil national a doublé la mise en ce qui concerne la vitesse de 30 km/h et a adopté une proposition du conseiller national UDC schaffhousois Thomas Hurter. Celui-ci veut inscrire dans la loi que l'abaissement de la limitation générale de vitesse ne peut pas être exigé sur les routes affectées à la circulation générale (Ch. I art. 16 al. 3bis de la loi sur la protection de l’environnement). Au vote global, le Conseil national a approuvé le projet de loi par 119 voix contre 67 et six abstentions. L'objet retourne au Conseil des Etats avec des divergences. La commission de l'environnement du Conseil des Etats CEATE-E se penchera les 21 et 22 mars sur les divergences concernant le projet.
Position ACS: L'ACS salue la position de la commission du Conseil des Etats visant à prendre davantage en compte les mesures d'aménagement du territoire lors de la pesée des intérêts entre la protection contre le bruit et le développement de l'urbanisation vers l'intérieur. Un assouplissement respectant des critères clairs pour la protection contre le bruit est judicieux afin que les communes disposent de la marge de manœuvre nécessaire en matière de développement territorial.
L'ACS reconnaît la nécessité d'assainir les décharges ainsi que les autres sites pollués, qui incluent les places de jeux et espaces verts publics, dont les sols sont pollués par des substances dangereuses pour l’environne-ment. Si la Confédération veut soumettre l'assainissement des places de jeux publiques à une obligation (art. 32c), il est juste qu’elle en assure également le financement. Afin d'alléger la charge des cantons et des communes, le Conseil fédéral prévoit que le fonds OTAS prenne en charge 60% des coûts de ces aires publiques.
L'ACS soutient la position du Conseil des Etats selon laquelle ce ne sont pas les propriétaires des places de jeux, c'est-à-dire les communes, mais en principe les responsables de la pollution du sol qui doivent prendre à leur charge les frais d’investigation et d’assainissement des sites concernés (principe du pollueur-payeur > biffer l’art. 32d al. 6). Le financement de l'obligation prévue par la Confédération d'assainir les places de jeux publiques doit à juste titre être assuré par le fonds OTAS. D'autant plus que dans de nombreux cas, les responsables de la pollution ne peuvent pas être identifiés et que les communes sont alors contraintes de prendre en charge les coûts. Par ailleurs, à l'instar du Conseil des États pour les aires de jeux privées, l'ACS se prononce contre une nouvelle compétence fédérale : les cantons ont aujourd'hui déjà la compétence de soutenir financièrement l'assainissement des places de jeux privées (supprimer l'art. 32c, al. 1bis). Dans l'ensemble, il est important, du point de vue communal, que les villes et les communes disposent de la marge de manœuvre nécessaire (peu de prescriptions) pour les projets d'assainissement et qu'elles aient un accès facile aux fonds fédéraux (fonds OTAS).
De plus, l'ACS demande au Parlement que l'assainissement des sols contaminés par l'exploitation d'usines d'incinération des ordures ménagères puisse également être soutenu par le fonds OTAS. L'égalité de traitement entre ces sites contaminés par dioxine et les décharges est d'intérêt public, raison pour laquelle l'ACS estime qu'une participation de la Confédération est judicieuse.
Statut de protection S. Le Conseil des Etats en faveur d'un accès facilité au marché du travail
La motion de la Commission des institutions politiques du Conseil national (23.3968) charge le Conseil fédéral de modifier les bases légales de sorte que les personnes bénéficiant du statut de protection S aient plus facilement accès au marché du travail. Cela serait rendu possible en modifiant l’actuelle obligation d’autorisation s’appliquant aux rapports de travail des personnes ayant le statut S en une obligation d’annonce. Après l’adoption par le Conseil national (session d'hiver), le Conseil des Etats a également adopté la motion le 13 mars par 29 voix contre 15 et 1 abstention, la transmettant ainsi au Conseil fédéral.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement de transformer l'obligation d'autorisation en une obligation d'annonce et de faciliter ainsi l'accès au marché du travail pour les personnes bénéficiant d'un statut de protection S. Les personnes ayant fui l'Ukraine peuvent exercer une activité lucrative indépendante ou une activité salariée dans ou en dehors de leur canton de résidence sans délai d'attente. Elles sont toutefois soumises, dans ce deuxième cas de figure, ou si elles veulent changer d’emploi, à une obligation d’autorisation.
L'adoption de la motion permettra de créer une réglementation analogue à celle qui s'applique aux personnes admises à titre provisoire et aux réfugiés (en vigueur depuis 2019), ce qui est à saluer. Cela permettra d'éliminer des obstacles administratifs et d'encourager davantage l'intégration sur le marché du travail.
Admission dans un établissement médico-social : le Parlement veut clarifier la question du domicile
La motion 23.4344 de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) charge le Conseil fédéral d’adapter les bases légales de sorte que les personnes admises dans un établissement médico-social puissent conserver leur domicile. Le 14 mars 2024, le Conseil national a suivi la majorité de la commission CSSS-N et adopté la motion par 117 voix contre 58. Le Conseil des Etats est le prochain à se pencher sur cet objet.
Position ACS: La motion 23.4344 aborde une question qui touche directement les communes dans de nombreux cas d’applications et qui laisse actuellement certaines questions juridiques ouvertes tant pour les résidents d’EMS que pour les communes et villes. Cette insécurité juridique entraîne, lors de la mise en œuvre, de grandes différences entre les communes des différents cantons. De plus, il n'est pas toujours possible de délimiter clairement la frontière juridique entre le caractère volontaire et non volontaire de l'entrée d'une personne dans un établissement médico-social. Il est donc difficile de définir une décision prise « volontairement » ; ce qui rend ce critère subjectif.
La modification apportée par le Tribunal fédéral, selon laquelle une personne conserve son domicile en cas d'entrée volontaire dans un établissement médico-social, participe à cette insécurité juridique. Du point de vue de l'ACS, la nécessité d’agir sur le plan juridique est claire. La discussion à ce sujet doit être menée au Parlement, raison pour laquelle l'ACS recommande de soutenir la motion 23.4344.
Nouvelle tentative pour l'e-ID au Conseil national
Le 14 mars 2024, le Conseil national s'est penché en tant que premier conseil sur le nouveau projet de création d'une identité électronique (e-ID) en Suisse (23.073). Ceci trois ans après que le peuple suisse ait clairement rejeté un tel projet dans les urnes. Le projet révisé prévoit désormais une solution étatique, la nouvelle e-ID devant être proposée à partir de 2026.
L'e-ID émise par la Confédération doit garantir la plus grande protection possible des données personnelles, être gratuite et facultative. Elle doit être utilisée sur Internet et dans la vie quotidienne, par exemple pour commander un extrait de casier judiciaire par voie électronique ou pour prouver son âge lors de l'achat d'alcool dans les magasins. Toutes les prestations de la Confédération pour lesquelles l'e-ID peut être utilisée doivent continuer à être proposées de manière analogique. Lors de la présentation du nouveau projet en novembre, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a expliqué que les préoccupations en matière de sécurité avaient été prises en compte. Ainsi, les particuliers n'ont plus aucun rôle à jouer dans le nouveau projet. La Confédération sera responsable de l'émission de l'e-ID et offrira l'infrastructure nécessaire à son exploitation.
La commission consultative du Conseil national a clairement approuvé le projet de loi en février, mais a proposé au Conseil national quelques modifications visant à renforcer encore la protection des données personnelles et à souligner le rôle de la Confédération. Le 14 mars 2024, le Conseil national a approuvé le nouveau projet de loi sur l'e-ID par 175 voix contre 12 et 2 abstentions.
Position ACS: Depuis le début du débat politique, l'ACS s'est engagée en faveur de la création d'une identification électronique (e-ID) - elle renforce et favorise l'administration numérique. Dans ce sens, l'ACS salue le projet de loi fédérale qui est désormais présenté. Le projet de loi répond à des exigences élevées en matière de qualité et de sécurité tout en garantissant un accès simple à l’identification électronique. Pour une mise en œuvre optimale, il est toutefois important que les autorités cantonales et communales soient impliquées dès le début dans les travaux préparatoires à venir en vue de l'introduction opérationnelle d'une e-ID.
Pour ce faire, il convient notamment d'utiliser les organes existants, tels que l'Administration numérique suisse (ANS). En outre, la réalisation de l'e-ID doit être entreprise sans délai, si possible parallèlement aux discussions politiques au sein des Chambres fédérales. Cela concerne en particulier le processus relatif aux ordonnances d'application du Conseil fédéral concernant la nouvelle loi sur l'e-ID.
Le verdict populaire de mars 2021 était clair et sans équivoque : la population suisse veut une e-ID étatique ; le rôle de l'économie privée doit être tout au plus envisagé de manière indirecte. Du point de vue de l'ACS, il est donc important que ce principe de base soit appliqué de manière conséquente dans le cadre d'un nouvel e-ID. Cela concerne avant tout l'établissement et la remise d'une indentification électronique. L'ACS considère en outre d'un œil critique l'intention du Conseil fédéral de délivrer gratuitement une e-ID à grande échelle. L'ACS estime qu'il faut d'abord clarifier le financement, l'entretien et l'exploitation d'une e-ID à l'échelle nationale. Ce n'est qu'à ce moment-là qu’une décision sur la structure des prix pourra être prise. Les coûts induits, en particulier pour le niveau communal, doivent être évités autant que possible.
2023
Bilan de la session d’hiver 2023
Vendredi 22 décembre, la session d'hiver des Chambres fédérales dans leur nouvelle composition s’est terminée à Berne. Parmi les points forts, on peut citer l'élection du Conseil fédéral du 13 décembre : l'Assemblée fédérale a élu le président du gouvernement du canton de Bâle-Ville Beat Jans (PS) au troisième tour de scrutin, avec 134 voix sur 245, pour succéder à Alain Berset au Conseil fédéral. Les autres membres du Conseil fédéral ont été tous réélus. La conseillère fédérale du Centre Viola Amherd est présidente de la Confédération en 2024, la conseillère fédérale PLR Karin Keller-Sutter est vice-présidente de la Confédération et Viktor Rossi (PVL) devient le nouveau chancelier de la Confédération. Lors de la répartition des départements effectuée le 14 décembre, un changement a eu lieu : le Département fédéral de l'intérieur (DFI) sera désormais confié à la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider et le Département fédéral de justice et police (DFJP) au conseiller fédéral Beat Jans.
Le Parlement a notamment adopté l’importante réforme de la santé pour un financement uniforme des prestations de santé (EFAS) et l'arrêté fédéral sur les crédits d'engagement à partir de 2024 pour les contributions de la Confédération aux projets d'agglomération de quatrième génération. Le Conseil des Etats s'est penché sur deux révisions de la loi sur la protection de l'environnement : d'une part, il veut mieux concilier le développement de l'urbanisation vers l’intérieur avec la protection contre le bruit et promouvoir l'assainissement des sites pollués; d'autre part, il veut renforcer l'économie circulaire et n'autoriser la collecte des déchets urbains par des entreprises privées qu’avec des conditions cadres claires.
Le Conseil des États a rejeté pour la deuxième fois le contre-projet indirect à l'initiative sur la biodiversité ; ainsi, l'initiative sur la biodiversité, dont les exigences vont nettement plus loin, sera soumise à la population sans contre-projet. L'abolition de la valeur locative demandée par le Parlement entre dans une nouvelle phase d'élimination des divergences. Lors de la dernière semaine de session, le Conseil national s'est penché pour la première fois sur la nouvelle version de la loi sur le CO2 et a approuvé le projet à une nette majorité. En outre, le Conseil national a été la première chambre à approuver le projet d'accélération (modification de la loi sur l’énergie) pour le développement des énergies renouvelables. Vous trouverez ci-dessous toutes les décisions prises par le Parlement concernant les projets fédéraux touchant les communes, avec les positions de l'Association des Communes Suisses (ACS).
Le Parlement s'accorde sur les crédits pour les projets d'agglomération à partir de 2024
La Confédération encourage les projets de transport dans les agglomérations à hauteur de plus de 1,6 milliard de francs à partir de 2024. Le Conseil des Etats a approuvé lundi 4 décembre l'arrêté fédéral sur les crédits d'engagement à partir de 2024 pour les contributions de la Confédération aux projets d'agglomération de quatrième génération (23.033) et a accepté d’inclure le tunnel routier Moscia-Acapulco au Tessin dans le programme. Cette décision augmente le montant du crédit de 38 millions de francs. Le Conseil national avait déjà décidé à une large majorité d'inclure ce tunnel routier en automne; le Conseil des Etats s'est opposé d’inclure un tel projet dans le programme d'agglomération en dehors de la procédure ordinaire, par la voie parlementaire. Lors de la session d'hiver, le Conseil des Etats a éliminé cette dernière différence.
Position ACS: L'ACS a soutenu l’adoption des crédits d’engagement à partir de 2024 pour les projets d’agglomération de quatrième génération et se réjouit de la décision du Parlement. Le développement d'importants projets d'infrastructures de transport dans les agglomérations contribue à une meilleure gestion du trafic non seulement dans les agglomérations mais aussi dans les régions et zones situées en aval. Depuis 2006, la Confédération accorde des subventions pour financer des projets dans le cadre des projets d'agglomération. Trois générations de projets d'agglomération ont déjà été réalisées dans toute la Suisse, ou sont en passe de l'être.
Pour les projets d'agglomération de la quatrième génération, 1200 mesures doivent être prises dans 32 agglomérations de toutes les régions du pays. Les cantons, les villes et les communes contribuent à la plus grande partie des investissements avec 2,21 milliards de francs. La participation à un projet d'agglomération n'est pas simple et s’avère coûteuse. Sans cofinancement fédéral, il n'est guère possible de faire face aux coûts d'infrastructure, qui ne cessent d'augmenter en raison de la croissance démographique et de l'augmentation des emplois dans les villes et les agglomérations. La Confédération encourage ainsi un développement cohérent des transports et du territoire.
La Motion sur le service universel de 80 mégabits par seconde rejetée par le Conseil des Etats en raison des travaux en cours
La Motion « Faire passer à 80 mégabits par seconde la vitesse minimale de connexion à Internet dans le cadre du service universel » (20.3915) a été suspendue à plusieurs reprises. Depuis son dépôt en 2020, les choses ont évolué. En adaptant l'ordonnance sur les services de télécommunication, le Conseil fédéral a étendu le service universel à un service d'accès à Internet de 80 mégabits par seconde pour la vitesse de téléchargement à partir du 1er janvier 2024. En réponse à un postulat supplémentaire de la CTT-CN (21.3461), le rapport du Conseil fédéral du 28 juin 2023 sur la stratégie en matière de très haut débit, qui présente le développement à long terme de l'infrastructure à très haut débit, a également été publié entre-temps (lien). Dans ce contexte, le Conseil des Etats a décidé le 4 décembre de rejeter la Motion.
Position ACS: Une desserte de base en haut débit sur l'ensemble du territoire, notamment dans les régions rurales et de montagne, est importante pour les communes. Elle doit toutefois avoir un sens sur le plan conceptuel et rester finançable pour les exploitants de réseaux communaux. Pour cela, une approche stratégique est nécessaire, ce qui est assuré par le rapport du Conseil fédéral sur la stratégie de la Confédération en matière de très haut débit, publié en juin 2023. Le Conseil des États a attendu du Conseil fédéral qu'il aille rapidement de l'avant et clarifie les différentes questions relatives à la mise en œuvre, notamment l’étendue de l’encouragement et la part du financement fédéral. L'ACS salue la décision du Parlement.
Financement uniforme EFAS : le Parlement s'accorde sur la grande réforme de la santé
Avec le financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières (EFAS) (09.528) le financement du système de la santé est réorganisé. A l'avenir, toutes les prestations de santé seront financées de manière uniforme, quel que soit le prestataire qui les fournit. Il s'agit ainsi d'éliminer les mauvaises incitations et de faciliter une prise en charge coordonnée des patients tout au long de leur traitement et de leur suivi. Lors de la session d'hiver, cette importante réforme de la santé a été mise sous toit après plus de 12 ans. Les deux chambres s'étaient déjà prononcées en faveur de l'intégration des soins infirmiers dans le projet EFAS, mais à des conditions différentes. Le jeudi 14 décembre, le Conseil national a suivi le Conseil des Etats sur les points les plus controversés.
L'intégration des soins infirmiers dans le projet EFAS incluant les soins doit être dissociée de la mise en œuvre complète de l'initiative sur les soins infirmiers. Le Conseil national s'est toutefois imposé sur la dernière divergence : Les prestations de soins doivent faire l'objet de tarifs basés sur une base de coûts et de données uniforme et transparente. De plus, les tarifs doivent couvrir les coûts. La contribution des cantons doit être d'au moins 26,9 pour cent et celle des caisses maladie de 73,1 pour cent au maximum. Les assurés doivent continuer à participer aux coûts des prestations de soins. Le 18 décembre, le Conseil des Etats a également approuvé la motion 22.3372 et a maintenu le texte initial : le Conseil fédéral doit évaluer si la transformation du financement des prestations de santé est neutre en termes de coûts pour les cantons et les caisses-maladie. Il doit également examiner si les primes d'assurance maladie dans les cantons où la contribution financière augmente diminuent en conséquence.
Le Conseil fédéral et le Conseil national approuvent également la motion. Le Conseil national doit toutefois se prononcer à nouveau, car il a apporté une modification au texte. Lors des votes finaux, la loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal) (Financement uniforme des prestations ambulatoires et des prestations avec hospitalisation) a été adoptée par 141 voix contre 42 et 15 abstentions (Conseil national) et par 41 voix contre 3 et 0 abstentions (Conseil des Etats). Au final, cette réforme fondamentale du financement des prestations de santé devrait tout de même être soumise au peuple. Les associations du personnel soignant ont déjà annoncé un référendum.
Position ACS: En adoptant le projet de financement uniforme des prestations de santé, soins compris, le Parlement a posé les jalons d'une réforme fondamentale du système de santé. L'ACS s'était engagée dès le début pour une solution équilibré ainsi que pour une entrée en vigueur contraignante et rapide du projet. L'intégration des soins dans le projet EFAS était à cet égard une condition sine qua non pour répartir à l'avenir les coûts de la santé de manière plus équilibrée entre tous les agents payeurs - pouvoirs publics, caisses-maladie et assuré-es. La réglementation contraignante adoptée pour l'intégration des soins infirmiers dans le projet EFAS dans un délai de sept ans à compter de l'aboutissement de la révision offre à tous les acteurs la sécurité juridique et de planification nécessaire.
Par ailleurs, la décision du Parlement de ne pas supprimer la contribution des patients aux prestations de soins est également à saluer. Cela aurait reporté des coûts considérables sur les cantons, les villes et les communes qui, dans de nombreux cantons, supportent dans une large mesure depuis plus de dix ans l'évolution des coûts dans le domaine du financement des soins. Enfin, l'ACS est très satisfaite que le Parlement ait abandonné le lien inutile et étranger au sujet entre le projet EFAS et la mise en œuvre complète de l'initiative sur les soins.
Révision de la loi sur la protection de l'environnement : Le Conseil des Etats veut mieux concilier le développement de l'urbanisation vers l’intérieur avec la protection contre le bruit
Le Conseil des Etats a adopté le 7 décembre par 32 voix contre 9 et 1 abstention le projet de révision de la Loi sur la protection de l'environnement traitant le bruit et les sites contaminés (22.085), en modifiant le projet. Avec cette révision, le Conseil fédéral veut mieux concilier le développement de l'urbanisation avec la protection contre le bruit et d'encourager l'assainissement des sites contaminés, notamment dans le cas des places de jeux pour enfants. Selon le Conseil des Etats, les objectifs de l'aménagement du territoire doivent pouvoir être davantage pondérés à l'avenir, lors de la pesée des intérêts. Il veut ainsi assouplir les conditions auxquelles les logements peuvent être construits ou rénovés : les permis de construire doivent pouvoir être accordés dans des cas clairement définis, même si les valeurs limites d'immission sont dépassées (art. 22). La sécurité de la planification devrait ainsi être accrue et les incertitudes juridiques existantes éliminées.
Dans le domaine des sites contaminés, le Conseil des États a décidé que les aires de jeux publiques et les espaces verts dont le sol est pollué par des substances dangereuses pour l'environnement et où des enfants jouent régulièrement doivent être assainis. Les coûts ne doivent cependant pas être supportés par les propriétaires des places, c'est-à-dire les communes, mais en principe par les responsables du problème. Il s'est également prononcé contre le fait que les cantons puissent soutenir financièrement l'assainissement des places privées. Au lieu de cela, les projets d'assainissement tels que l'obligation d'assainir les places de jeux pour enfants doivent pouvoir bénéficier de l'argent du fonds Vasa pour les sites contaminés de la Confédération. L'affaire passe maintenant au Conseil national.
Position ACS: L'ACS salue la position du Conseil des Etats visant à prendre davantage en compte les mesures d'aménagement du territoire lors de la pesée des intérêts entre la protection contre le bruit et le développement de l'urbanisation vers l'intérieur. Un assouplissement respectant des critères clairs pour la protection contre le bruit est judicieux afin que les communes disposent de la marge de manœuvre nécessaire en matière de développement territorial. L'ACS s'engagera en ce sens pour un projet équilibré, c’est-à-dire en faveur d’allégements qui soient proportionnés à l’objectif de densification vers l’intérieur, sans toutefois mettre en péril les objectifs de protection de la santé. En ce qui concerne les sites contaminés, l'ACS demande au Parlement que l'assainissement des sols contaminés par l'exploitation d'usines d'incinération des ordures ménagères puisse également être soutenu par le fonds fédéral OTAS. L'égalité de traitement de ces sites contaminés par dioxine avec les décharges est d'intérêt public, raison pour laquelle l'ACS estime qu'une participation de la Confédération est judicieuse.
L'économie circulaire : Le Conseil des Etats ne veut libéraliser la collecte des déchets par des entreprises privées qu'à des conditions claires
Avec la révision de la loi sur la protection de l'environnement, le Conseil national veut renforcer l'économie circulaire. Il avait approuvé le projet (20.433) en mai 2023 en tant que premier conseil et avait également décidé de libéraliser les déchets urbains : les prestataires privés devraient pouvoir collecter les matières valorisables des ménages privés sans concession communale (art. 31b, al. 4, P-LPE). La condition étant que les matériaux collectés soient recyclés. Le Conseil fédéral se prononce en revanche pour un assouplissement moins important du monopole des déchets. Il est d'avis que l'élimination actuelle des déchets fonctionne, et il veut pouvoir déterminer lui-même quels déchets les prestataires privés peuvent collecter. Le 7 décembre, le Conseil des Etats a décidé de justesse, par 21 voix contre 20, de ne pas imposer aux détaillants l'obligation de retirer et de collecter séparément l'emballage des produits biogènes invendus, comme les denrées alimentaires ou les plantes en pot. Le Conseil national s'est prononcé en faveur d'une telle obligation. Le Conseil des Etats veut, comme le Conseil national, libéraliser la collecte des déchets. Il maintient cependant le principe du monopole des cantons pour l'élimination des déchets urbains. Les députés demandent qu'une collecte volontaire par des entreprises privées ne soit possible que si le Conseil fédéral l'autorise spécifiquement pour les fractions de déchets concernés.
Position ACS: L’ACS considère d’un œil critique l’assouplissement du monopole étatique des déchets urbains, tel que proposé par le Conseil national. Les communes sont tenues de garantir la gestion, la planification, la sécurité et le financement de l'élimination des déchets. La prise en charge de certains déchets par des prestataires privés engendrerait des difficultés de coordination et un manque de prévisibilité pour la population et les autorités. D'autre part, la collecte par des prestataires privés de déchets dont la vente est lucrative représente un risque financier pour les communes. Les communes perdent ainsi des recettes, mais il leur reste les charges liées aux matériaux recyclables, dont l'élimination est coûteuse.
Du point de vue de l'ACS, les déchets urbains doivent, en principe, rester de la compétence des cantons et des communes, comme l’a également décidé le Conseil des Etats. Les communes assurent la collecte et l'élimination elles-mêmes ou, par exemple, dans le cadre de syndicats intercommunaux. Un éventuel assouplissement nécessite des conditions-cadres claires, comme cela existe aujourd’hui pour le PET ou le verre par le biais de concessions, afin de ne pas mettre en péril le système actuel qui a fait ses preuves. L'ACS soutient la position du Conseil des Etats.
Biodiversité : Le Conseil des Etats enterre le contre-projet à l’initiative populaire
L’initiative sur la biodiversité sera soumise au vote sans contre-projet indirect. Le Conseil des Etats a une nouvelle fois refusé d’entrer en matière jeudi 7 décembre 2023, par 25 voix contre 18, sur le projet élaboré par le Conseil fédéral et remanié ultérieurement par le Conseil national (22.025). Le Conseil national avait approuvé le contre-projet indirect à l'initiative sur la biodiversité en automne 2022. En été 2023, le Conseil des Etats a estimé que la Suisse remplissait déjà les conditions pour définir suffisamment de zones revêtant une importance particulière pour la biodiversité et n'était pas entré en matière sur le contre-projet indirect.
En automne 2023, le Conseil national a réaffirmé sa volonté d'ancrer le thème au niveau de la loi et s'est montré prêt à faire des compromis vis-à-vis du Conseil des Etats et de l'agriculture. Le projet remanié n'aurait plus misé sur les surfaces de biodiversité mais sur la mise en réseau fonctionnelle et l'amélioration de la qualité dans les zones de biodiversité existantes. Sans succès. Le Conseil des Etats a maintenu sa non-entrée en matière. Le contre-projet indirect n'est donc plus d'actualité. L'initiative sur la biodiversité sera donc soumise au vote populaire sans contre-projet indirect. Lors des votes finaux, les chambres fédérales ont décidé par 124 voix contre 72 et 2 abstentions (Conseil national) et 33 voix contre 12 et 0 abstention (Conseil des Etats) de recommander le rejet dans les urnes de l'initiative populaire « Pour l'avenir de notre nature et de nos paysages (Initiative Biodiversité) ».
Position ACS: L’ACS avait soutenu la position du Conseil national. Le projet simplifié de contre-projet indirect aurait présenté un compromis mettant l’accent sur la mise en réseau fonctionnelle et l'amélioration de la qualité dans les zones de biodiversité existantes. Aucune modification du droit agricole n’était prévue. Les principales préoccupations des cantons et des communes auraient ainsi été prises en compte. La biodiversité aurait été encouragée par une approche qualitative, et des moyens financiers auraient en outre été prévus pour soutenir la mise en œuvre au niveau local.
L'initiative populaire pour plus de surfaces de biodiversité va maintenant nettement plus loin, avec des répercussions sur les compétences en vigueur et la marge de manœuvre des cantons et des communes. Du point de vue de l'ACS, les demandes de promotion de la biodiversité auraient dû être résolues au niveau de la loi et non de la Constitution. L'ACS se positionnera en conséquence par rapport à l'initiative sur la biodiversité.
L'abolition de la valeur locative entre dans un nouveau cycle d'élimination des divergences
Aucun accord n’a encore été trouvé pour un changement de système d'imposition de la propriété du logement (17.400). Lors de la deuxième semaine de la session, le Conseil des Etats s'est prononcé par 36 voix contre 8 contre l'abolition de la valeur locative pour les logements de deux personnes et a maintenu sa position : une abolition de la valeur locative ne doit s'appliquer qu'aux résidences principales par égard pour les cantons touristiques et de montagne. Hannes Germann, conseiller aux États et président de l'ACS, a souligné qu'il fallait impliquer tout le monde et peser le pour et le contre. On ne sait pas encore comment les cantons se positionneront lors d'une éventuelle campagne de votation. Sans leur soutien, le projet est fortement menacé. Une divergence subsiste également sur la question de la déduction des intérêts passifs. Le Conseil des Etats veut autoriser à l'avenir des déductions jusqu'à 70% des revenus de la fortune imposables et se montre ainsi moins restrictif que le Conseil national, qui fixe le seuil à 40%. Une proposition minoritaire de la commission visant à ne plus autoriser du tout la déduction des intérêts passifs, afin de réduire l'endettement privé élevé, a échoué. Le projet retourne au Conseil national.
Position ACS: Avec le changement de système prévu pour l'imposition de la propriété, les cantons et les communes doivent s'attendre à des pertes fiscales se chiffrant en milliards. L'ACS est donc fondamentalement critique à l'égard du projet. Si un changement de système devait être couronné de succès, l'ACS estime qu'il devrait être mis en œuvre de manière cohérente, avec la suppression des déductions. Il est également important que les conséquences financières pour les cantons et les communes restent supportables. De plus, il serait impératif de trouver une solution concrète pour les cantons de montagne et les cantons touristiques. L'ACS recommande de suivre la position du Conseil des Etats, notamment parce que cette proposition, contrairement à l'introduction d'un impôt sur les résidences secondaires, pourrait être mise en œuvre à moindre coût pour les cantons et les communes.
Le Conseil national adopte la Loi sur l’énergie (projet d’accélération des procédures)
Ce projet de modification de la loi sur l'énergie vise à simplifier et à accélérer les procédures d’autorisation des grandes infrastructures énergétiques d’intérêt national (23.051) telles que les installations hydrauliques, solaires et éoliennes. L'objectif est de développer les énergies renouvelables afin de renforcer la sécurité d'approvisionnement, notamment en hiver. Lors de la dernière semaine de session, le 21 décembre, le Conseil national est entré en matière sur le projet par 175 voix contre 19 et 1 abstention et l’a approuvé en tant que premier conseil. Il a pris les décisions suivantes :
• Solaire et éolien : le Conseil national a suivi la majorité et a refusé par 129 voix contre 67 dans l'art. 10 et l'art. 10 al. 1ter d'exclure l'énergie éolienne.
• Implication des communes (Art. 14a al.1) : Le Conseil national a suivi la majorité par 121 voix contre 75 et s'est prononcé en faveur de la possibilité pour les cantons de déterminer l'implication des communes. Toutes les autres propositions de minorité allaient trop loin pour le Parlement.
• Installations hydroélectriques (Art. 14b bis) : Le Conseil national a suivi la proposition de la commission d’intégrer les installations hydroélectriques dans le projet d’accélération.
• Énergie nucléaire (Art. 6 et art. 12a) : Le Conseil national a suivi la majorité dans les deux cas et a rejeté une autorisation simplifiée pour de nouvelles centrales nucléaires sur des sites déjà existants ainsi que l'octroi de conditions-cadres pour les centrales nucléaires.
Position ACS: L’ACS soutient en principe une accélération des procédures pour les projets solaires et éoliens visant à atteindre les objectifs énergétiques et à sécuriser l’approvisionnement en électricité. Elle rejette toutefois formellement une procédure raccourcie qui se fasse unilatéralement au détriment de l’autonomie décisionnelle dans les communes pour des raisons de principe. Les communes doivent être impliquées dans ces processus ou leur accord doit être obtenu. En outre, la participation démocratique de la population est une condition importante pour l'acceptation et la légitimité de tels projets.
Dans ce contexte, l'ACS s'était explicitement engagée en faveur de la minorité IV (accord de la commune d'implantation). Le Conseil national en a maintenant décidé autrement et ne veut accorder aux cantons qu'une disposition optionnelle (approbation de la proposition de la majorité). L'ACS salue le fait que l'accélération des procédures doive s'appliquer aussi bien au domaine de l'énergie solaire qu'à celui de l'énergie éolienne et que le Conseil national ait refusé d'inclure l'énergie nucléaire comme thème dans le projet. Pour l'ACS, Il est essentiel que le projet se concentre uniquement sur l'accélération des procédures pour les installations d'énergie renouvelable. L'inclusion de possibilités d'autorisation pour l'énergie nucléaire va au-delà de ce principe.
Par ailleurs, l'ACS s'était engagée à ne pas prévoir d'accélération pour les projets d'installations hydroélectriques, car
ceux-ci répondent à leurs propres procédures et exigences, qui ne sont pas comparables à celles de projets solaires ou éoliens. En outre, dans les procédures relatives aux installations hydroélectriques, la participation des communes est réglée de manière exemplaire sur le plan institutionnel, par exemple lorsque la commune d'implantation est l'autorité concédante. La décision du Conseil national de suivre la commission sur ce point ne va donc pas dans le bon sens selon l’ACS.
Mo. CPS-N. Statut de protection S. Faciliter l'accès au marché du travail
La motion de la Commission des Institutions politiques du Conseil national (23.3968) charge le Conseil fédéral de modifier les bases légales de sorte que les personnes bénéficiant du statut de protection S aient plus facilement accès au marché du travail. Cela serait rendu possible en modifiant l’actuelle obligation d’autorisation s’appliquant aux rapports de travail des personnes ayant le statut S en un devoir d’annonce. La majorité de la commission et le Conseil fédéral proposent l’adoption de la motion. Le Conseil national a adopté la motion lors de la dernière semaine de session le 19 décembre par 128 contre 64 voix et 0 abstentions.
Position ACS: L’ACS salue la décision du Parlement. L'accès au marché du travail pour les personnes bénéficiant du statut de protection S est encouragé depuis l’introduction du statut en mars 2022. Les personnes ayant fui l'Ukraine peuvent exercer une activité lucrative indépendante ou une activité salariée dans ou en dehors de leur canton de résidence sans délai d'attente. Elles sont toutefois soumises, dans ce cas ou si elles veulent changer d’emploi, à une obligation d’autorisation. La motion adoptée permettra d'éliminer des obstacles administratifs et d'encourager davantage l'intégration sur le marché du travail.
Décisions du Parlement concernant la révision de la loi sur le CO2 après 2024
Le nouveau projet de loi sur le CO2 doit encourager la population à protéger le climat par le biais d’incitations plutôt que d’interdictions. La nouvelle version de la loi sur le CO2 (22.061) règle la réduction des émissions de CO2 pour les années 2025 à 2030. Les deux chambres ont débattu une première fois du projet et ont notamment pris les décisions suivantes : jusqu'à un tiers des recettes de la taxe sur le CO2 doit être affecté au Programme Bâtiments, à la promotion des énergies renouvelables et aux technologies de réduction des gaz à effet de serre. Le Conseil fédéral avait prévu moins d’argent pour cela jusqu’en 2030 et voulait redistribuer un montant plus faible à l'économie et à la population.
Toutes les entreprises, et non plus certaines branches comme c'est le cas aujourd'hui, doivent pouvoir se libérer de la taxe sur le CO2 si elles prennent en contrepartie des engagements de réduction de leurs émissions de CO2 (limités à 2040). Pour ce faire, les entreprises soumettent un plan de décarbonisation et l'actualisent régulièrement. En ce qui concerne les infrastructures de recharge pour les voitures électriques, par exemple dans les immeubles collectifs et les parkings publics, le Conseil national souhaite que la Confédération n'alloue que jusqu'à 20 millions de francs par an provenant de l'impôt sur les huiles minérales et uniquement pour l'installation de base. Le Conseil fédéral veut en revanche soutenir les stations de recharge avec un maximum de 30 millions de francs par an, tandis que le Conseil des Etats ne veut pas les soutenir du tout, car cela relève de la responsabilité des particuliers. Le Conseil national a approuvé le projet mercredi 20 décembre par 136 voix contre 34 et 26 abstentions.
Position ACS: L’ACS soutient le projet de révision de la loi sur le CO2 élaboré par le Conseil fédéral, car il comprend un système de financement dédié permettant de pallier, en partie, les futurs coûts auxquels les communes devront faire face pour mettre en œuvre les stratégies énergétique et climatique. Dans le secteur du bâtiment, l’ACS se réjouit que le Programme Bâtiments soit poursuivi pour encourager le remplacement de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles. En plus du financement de projets réalisés dans le domaine de la géothermie, dorénavant, le projet prévoit également le financement des planifications énergétiques communales et régionales ainsi que la couverture des risques liés au réseaux thermiques. Dans le domaine des transports, de nouvelles possibilités d’encouragement seront créées pour favoriser une décarbonisation de la mobilité : infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et sources de propulsions alternatives pour les transports publics.
Conseil des Etats contre une nouvelle base légale pour les normes dans la construction
En octobre 2023, la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des Etats (CER-CE) avait décidé, par 8 voix contre 0 et 5 abstentions, de rejeter la motion de la CER-CN (23.3008) « Réduire les normes dans le secteur de la construction pour réduire les coûts ». Cette motion charge le Conseil fédéral, dans le sens d'une continuation du rapport de postulat 19.3894, de présenter au Parlement une nouvelle base légale qui doit définir des standards pour l'élaboration de normes et d'aides à l'exécution dans le domaine de la construction. Le rapport de postulat propose l'introduction d'une nouvelle base légale comme solution privilégiée. Cette base juridique au niveau de la loi fixerait des standards, surtout en ce qui concerne le processus d'élaboration des aides à l'exécution et des règles techniques telles que les normes, afin que ces normes puissent être désignées de manière reconnaissable pour la pratique. À long terme, cela permettrait de clarifier l'état de la technique pour les praticiens dans de nombreux domaines.
Le rapport prévoit en outre la perception d'une taxe auprès des planificateurs afin d'assurer le financement de l'élaboration des normes, devenu de plus en plus difficile. La commission voit cela d'un œil critique au regard du fédéralisme et craint une centralisation dans le domaine de la construction, dont l'application relève en principe de la compétence des cantons et des communes. Le 14 décembre, le Conseil des Etats a suivi sa commission et a rejeté la motion par 32 voix contre 6 et 0 abstention. L'affaire est liquidée.
Position ACS: En tant que maîtres d'ouvrage et autorités d'octroi des permis de construire, les cantons et les communes sont fortement concernés par cette thématique. La DTAP et les associations communales ont donc exprimé leur soutien au projet et se sont prononcées en faveur de l'introduction d'une loi sur la standardisation. Les normes doivent être fondées sur l'État de droit et les institutions. Les processus, dans lesquels les niveaux de l'État peuvent faire valoir leurs intérêts, doivent être clairement définis. Par ailleurs, la gouvernance doit être conforme à l'État de droit et il convient de respecter les normes de qualité. L'introduction d'une nouvelle base légale aurait été l'occasion de clarifier le financement de l'élaboration et de l'obtention, actuellement payante, de normes ainsi que d’éliminer les fausses incitations existantes à la création de normes. Une réduction substantielle du nombre de normes, en particulier dans le domaine du génie civil et du bâtiment, aurait été importante du point de vue de l’ACS.
Le Conseil des Etats approuve le Service national des adresses
Lors de la dernière semaine de session, le Conseil des Etats s'est prononcé en faveur de la création d'un Service national d'adresses (SNA) et a adopté le projet correspondant du Conseil fédéral de la Loi sur le service des adresses (LSAdr) avec une modification par 40 voix contre 4 (23.039). À l’avenir, la nouvelle banque de données doit permettre aux autorités fédérales, cantonales et communales, ainsi que des tiers chargés de missions légales de consulter les adresses privées déclarées de personnes physiques dans toute la Suisse. La recherche doit se faire sur la base du numéro AVS d’une personne. Actuellement, de telles consultations ne sont possibles qu'au niveau communal ou cantonal, d'où l'intérêt de centraliser ces informations.
La Commission des institutions politiques CIP-CE a auditionné à ce sujet en octobre l'Association des communes suisses, l'Union des villes suisses, l'Association suisse des services des habitants et le canton de Genève. Le Conseil des Etats a approuvé le projet de loi avec un seul amendement, suivant ainsi largement les propositions du Conseil fédéral : outre les communes, les cantons doivent également être exemptés de l'obligation de payer des émoluments. Il est ainsi tenu compte du fait que dans certains cantons comme Genève, les adresses sont gérées de manière centralisée par le canton. Le projet va maintenant être soumis au Conseil national.
Position ACS: L’ACS soutient cette démarche sur le principe et considère le projet comme une étape importante vers une administration numérisée. Un service national des adresses (SNA) génère une valeur ajoutée pour les autorités, notamment en réduisant le temps consacré aux recherches d’adresses et de domiciles et en optimisant les processus opérationnels des pouvoirs publics. Lors de l’audition de la Commission des institutions politiques du Conseil des États (CIP-E), l’ACS, en collaboration avec l’Union des villes suisses et l’Association suisse des services des habitants, a attiré l’attention sur différents points critiques et a déposé des propositions concrètes pour adapter le projet du Conseil fédéral :
• Efforts supplémentaires : dans la mesure où les données d’adresses seront mises à l’avenir à la disposition d’un cercle d’utilisateurs à l’échelon national, il faudra s’attendre à un surcroît de retours auprès des services des habitants. Des ressources supplémentaires seront nécessaires pour répondre aux exigences en matière de qualité et d’actualité des données gérées dans le SNA. La collectivité compétente pour la gestion du registre des habitants devrait être indemnisée pour ces efforts supplémentaires (Art. 14 al. 2 let. b).
• Obligation de payer une redevance : le SNA est un service important pour les autorités et devrait être mis à disposition gratuitement. Toutefois, si le Parlement souhaite maintenir un financement sur la base de redevances, il faudrait libérer de l’obligation à la redevance non pas les services aux habitants en tant que tels, mais la collectivité compétente pour le registre des habitants, soit le canton ou la commune (Art. 14 al. 2 let. b). D’autant plus que les utilisatrices et utilisateurs ne seront pas les services aux habitants (fournisseurs de données) eux-mêmes, mais d’autres services communaux.
• Question de la responsabilité : la collectivité compétente pour le registre des habitants ne doit pas porter la responsabilité quant à la gestion des données saisies dans le SNA (nouvel Art. 2).
• Droit de communication : aujourd’hui, l’absence de compétence fédérale pour la réglementation de l’annonce du domicile conduit à différentes dispositions et pratiques à l’échelon cantonal. Sans réglementation au niveau fédéral, les données seront diversement prises en compte dans le SNA.
Fiche d’information commune d’ACS, UVS et ASSH
Bilan de la session d’automne 2023
Le vendredi 29 septembre 2023 s'est terminée, au niveau national, la dernière session dans sa composition actuelle. Pour 37 parlementaires, le dernier jour de la session a été le moment de faire leurs adieux. Ils ne se présenteront pas à une réélection. Au cours de la première semaine de la session, le Conseil national s’est penché sur l'importante réforme de la santé pour un financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières EFAS. Il a approuvé l'intégration des soins infirmiers dans le projet EFAS, mais il veut régler l'entrée en vigueur de manière beaucoup moins contraignante que le Conseil des Etats et à différentes conditions.
Lors de la dernière semaine de session, ce dernier a entamé les discussions sur la révision de la loi sur le CO2 après 2024 : la population doit être encouragée à protéger davantage le climat par des incitations plutôt que par des interdictions. Peu avant le changement de législature, les Chambres ont adopté, entre autres, les objets suivants : la nouvelle loi fédérale pour l'approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables (acte modificateur unique) ainsi que la deuxième étape de la révision de la loi sur l'aménagement du territoire « Constructions hors des zones à bâtir ». Le Conseil national a approuvé les crédits pour l'aménagement des routes nationales ; les crédits pour les programmes d'agglomération de 4e génération par contre retournent au Conseil des Etats avec des divergences.
Sur le thème de la biodiversité, le Conseil national a insisté pour que les demandes soient ancrées dans la loi par le biais d'un contre-projet indirect, mais s’est montré prête à faire des compromis avec le Conseil des Etats et l’agriculture. Dans ce bilan de session, vous trouverez toutes les décisions du Parlement concernant les projets importants pour les communes avec les positions de l'Association des Communes Suisses (ACS):
Le Parlement s’accorde sur l’acte modificateur unique
Après une longue élimination des divergences, les Chambres se sont mises d'accord, au cours de la législature actuelle, sur la nouvelle loi fédérale pour l’approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables, ’–aussi appelé acte modificateur unique, et sur les aspects principaux de la mise en œuvre du tournant énergétique (21.047). Le Parlement ne veut autoriser moins de débit résiduel dans les centrales hydroélectriques qu'en cas de risque de pénurie d'électricité. Il a en outre été décidé que les nouvelles installations hydroélectriques ne devaient pas être exclues d'emblée si le tronçon à débit résiduel qui en résulterait devait traverser une zone protégée d'importance nationale.
La question de l'obligation d'utiliser l'énergie solaire pour les places de parking est restée controversée. Contrairement au Conseil des États, qui a rejeté tacitement l'obligation d'installer des panneaux solaires sur les places de parking, le Conseil national a voulu imposer cette obligation pour les surfaces de stationnement de voitures en plein air à partir d'une certaine taille. Le ministre de l’Énergie Albert Rösti s'est engagé en faveur de la solution du Conseil des Etats afin d'obtenir un projet équilibré.
Lors des votes finaux, le Parlement a approuvé la nouvelle loi fédérale pour l’approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables par 177 contre 19 voix et 0 abstentions (Conseil national) et par 44 contre 0 voix (Conseil des Etats).
Position ACS: L'ACS soutient le développement des énergies renouvelables afin de pouvoir atteindre les objectifs énergétiques à l'horizon 2050. L'acte modificateur unique apporte incontestablement une contribution importante à cet égard. Il convient toutefois de tenir compte des différents intérêts d'utilisation et de protection. Par ailleurs, il reste également capital de respecter les processus démocratiques et d’inclure les communes dans l’élaboration des projets d’installation d’énergies renouvelables, car cela permet de favoriser des solutions pragmatiques et adaptées à la réalité locale. En outre, la participation démocratique de la population est une condition indispensable à l'acceptation et à la légitimité de ce genre de projets.
Le Parlement veut dépenser environ 646 millions de francs pour la promotion économique 2024-2027
Le Conseil des Etats voulait initialement dépenser un peu plus d'argent que le Conseil fédéral dans les domaines de la promotion touristique et de la politique régionale pour les années 2024 à 2027 (23.028). Les deux augmentations ont été rejetées par le Conseil national pour des raisons de politique financière. Lors de l'élimination des divergences, le Conseil des Etats a finalement renoncé aux augmentations qu'il avait proposées et a suivi la ligne du Conseil national et du Conseil fédéral. Ce dernier a fixé cinq objectifs dans son message au Parlement pour les années 2024 à 2027 : il veut améliorer les conditions-cadres pour les PME, renforcer les régions, contribuer au développement durable, exploiter les opportunités de la numérisation et renforcer l'attractivité de la place économique et touristique. Au total, le Parlement veut désormais soutenir la promotion économique à hauteur d'environ 646 millions de francs pour les années 2024 à 2027.
Position ACS: Du point de vue des communes, un renforcement du développement régional par le biais d'apports plus élevés dans les fonds correspondants, tel qu’adopté par le Conseil des Etats, aurait été très bienvenu. Les moyens supplémentaires pour la promotion économique ne doivent pas être considérés en premier lieu comme une dépense, mais comme un investissement orienté vers l'avenir dans l'espace rural et les régions de montagne. Le tourisme, en particulier, et de nombreuses communes en auraient notamment profité dans le cadre des projets de la Nouvelle politique régionale (NPR). Le Parlement s’est maintenant mis d’accord sur la ligne proposée par le Conseil fédéral, ce qui est acceptable.
Le Conseil national pose des conditions à l'intégration des soins infirmiers dans l’EFAS
Le Conseil national s'est penché en tant que deuxième conseil sur l'importante réforme de la santé pour un financement uniforme des prestations dans les domaines ambulatoire et hospitalier (EFAS). C'est la conseillère nationale Ruth Humbel qui a donné l'impulsion au projet (09.528). Aujourd'hui, il existe trois systèmes de financement différents : Les traitements ambulatoires sont payés uniquement par les caisses maladie et donc par l'argent des primes. Les prestations stationnaires sont quant à elles prises en charge à 55 pour cent au moins par les cantons, les caisses maladie payant au maximum 45 pour cent. D'autres règles s'appliquent au financement des soins. A l'avenir, toutes les prestations de santé seront financées de manière uniforme, indépendamment du fait qu'elles soient fournies par l’association d’aide et soins à domicile, dans un cabinet médical, à l'hôpital ou dans une maison de retraite. Il s'agit ainsi d'éliminer les mauvaises incitations et de faciliter une prise en charge coordonnée des patients tout au long du traitement et du suivi. Le fait que les prestations de santé doivent être financées de manière uniforme à l'avenir n'était pas contesté au Parlement.
Le Conseil national souhaite toutefois décharger davantage les payeurs de primes et a donc décidé que les cantons devaient prendre en charge au moins 28,6 pour cent des prestations et les caisses maladie au maximum 71,4 pour cent via les primes. En décembre 2022, le Conseil des Etats avait décidé d'une part cantonale de 26,9%. Le Conseil national s'est également prononcé en faveur de l'intégration des soins infirmiers dans le projet EFAS. Il a toutefois posé des conditions et veut régler l'entrée en vigueur de manière beaucoup moins contraignante que la Chambre haute.
De nombreuses autres divergences subsistent. Ainsi, selon le Conseil national, les contributions des assurés aux coûts des prestations de soins doivent être prises en charge par les cantons. En outre, la durée maximale des soins aigus et de transition ne doit pas être prolongée et les frais de séjour ne doivent pas être pris en charge par l'assurance de base obligatoire. Enfin, contrairement au Conseil des Etats, le Conseil national a décidé de ne pas donner aux cantons la possibilité de refuser la prise en charge des coûts. Le dossier retourne au Conseil des Etats.
Position ACS: L'ACS salue le fait que le Conseil national ait suivi le Conseil des Etats sur la question importante de l'intégration des soins dans le projet EFAS. Le financement uniforme prévu des prestations ambulatoires et stationnaires doit absolument inclure le domaine des soins. Les transferts de coûts dans le financement des soins vers les financeurs résiduels - cantons et communes - sont une réalité. Seul l’EFAS comprenant les soins conduit à l'amélioration souhaitée du système et à une répartition plus équilibrée des coûts entre tous les agents payeurs.
L'ACS regrette toutefois que le Conseil national veuille régler l'entrée en vigueur des soins dans le projet EFAS de manière très peu contraignante dans les dispositions transitoires et qu'elle soit liée à de nouvelles conditions. Au lieu d'une entrée en vigueur après sept ans, celle-ci devrait avoir lieu au plus tôt après sept ans. Le Conseil national exige en outre « l'existence de tarifs pour les prestations de soins qui reposent sur une base de coûts et de données uniforme et transparente et qui remplissent les conditions légales, ainsi que la mise en œuvre complète de l'initiative sur les soins infirmiers». Ces conditions constituent un obstacle supplémentaire inutile et doivent être rejetées.
L'ACS s'engagera au Parlement en faveur de la décision du Conseil des États. La réglementation contraignante d'une entrée en vigueur des soins dans l’EFAS quatre ans après l'entrée en vigueur du reste du projet, décidée par le Conseil des Etats en décembre 2022, donne à tous les acteurs une sécurité de planification.
Le Parlement met à jour la législation sur l'aménagement du territoire (LAT2)
Avec le projet de deuxième étape de la révision de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT2), le Parlement veut stabiliser le nombre de constructions en dehors des zones à bâtir (18.077) et oppose ainsi un contre-projet indirect à l'initiative pour le paysage. Lors de l'élimination des divergences, le Conseil national s'est aligné sur la position du Conseil des Etats sur plusieurs points importants au cours de la première semaine de la session. Ainsi, il s'est déclaré d'accord, par 110 voix contre 72 et trois abstentions, d'autoriser sous certaines conditions la transformation de bâtiments agricoles désaffectés en maisons d'habitation. Les députés se sont également mis d'accord pour autoriser la démolition et la reconstruction de restaurants construits avant 1980 en dehors de la zone à bâtir ainsi que leur extension. En ce qui concerne les primes de démolition controversées, le Conseil national s'est déclaré d'accord pour que celles-ci puissent être payées pour les bâtiments agricoles et touristiques même si une nouvelle construction de remplacement est érigée.
Jusqu'à la fin, la controverse a porté sur la question de savoir si les utilisations hors zone à bâtir qui ne sont pas liées à un site particulier ne devaient être possibles que dans les régions de montagne (Conseil national) ou dans toute la Suisse (Conseil des Etats). Le Conseil national a finalement suivi le Conseil des Etats sur cette divergence. En outre, les Chambres se sont mises d'accord sur des directives concernant l'installation d'antennes de téléphonie mobile en dehors des zones à bâtir.
Lors des votes finaux, le Parlement a approuvé la loi sur l’aménagement du territoire (LAT2) par 196 voix contre 0 et 0 abstentions (Conseil national) et par 43 voix contre 0 et 0 abstentions (Conseil des Etats).
Position ACS: Afin de pouvoir répondre aux objectifs de la LAT en développant le milieu bâti vers l’intérieur et en respectant le principe de séparation des zones constructibles et non constructibles, il est essentiel que les cantons, les villes et les communes disposent des ressources financières nécessaires pour agir. Ainsi, une compensation de la plus-value prévue à l’art. 5, al. 1 doit pouvoir être prélevée à l'avenir également en cas de construction ou de changement d'affectation. La prime de démolition est en principe un moyen éprouvé pour atteindre effectivement l'objectif de stabilisation. L'ACS a toutefois signalé à plusieurs reprises qu'un financement de la prime de démolition, tel que proposé actuellement, ne serait pas supportable pour les cantons et les communes. Les fonds de compensation de la plus-value dans les cantons ne disposent tout simplement pas aujourd'hui des réserves nécessaires pour assumer des tâches de financement supplémentaires.
Pourtant, le Parlement maintient cette disposition, contrairement aux intérêts des communes. Dès lors, il est juste que la prime à la démolition soit versée uniquement si aucune construction de remplacement n’est réalisée. Cette mesure permet de limiter les frais liés aux primes de démolition et permet en outre de répondre concrètement aux objectifs de stabilisation du nombre de constructions hors de la zone à bâtir. S’agissant de la mise en place de zones spéciales hors zone à bâtir prévue à l’art. 8c, l’ACS rejette la limitation aux régions de montagne demandée par le Conseil national. Cette réglementation d'exception en faveur du développement économique doit être ouverte à toutes les régions de Suisse. L'ACS salue le fait que le Parlement ait décidé dans ce sens.
Biodiversité. Le Conseil national insiste sur le contre-projet à l'initiative sur la biodiversité
Lors de la deuxième semaine de la session, le Conseil national a décidé de maintenir le contre-projet indirect à l'initiative sur la biodiversité et d'ancrer ainsi les exigences en matière de biodiversité au niveau de la loi. Le Conseil des Etats a estimé cet été que la Suisse remplissait déjà les conditions pour définir suffisamment de surfaces d'importance particulière pour la biodiversité et n'est pas entré en matière sur le contre-projet indirect (22.025). Et ce, bien que les cantons et les communes aient expressément soutenu un contre-projet indirect à l'initiative sur la biodiversité et se soient clairement prononcés en faveur d'une entrée en matière. Par 99 voix contre 77 et 6 abstentions, le Conseil national est à nouveau entré en matière sur le projet et s'est montré prêt à faire un compromis pour le remanier. Il est ainsi envisageable pour la Chambre basse de se focaliser sur une mise en réseau fonctionnelle et une augmentation de la qualité dans les zones de biodiversité existantes. L’objet retourne au Conseil des Etats.
Position ACS: Les villes et les communes sont tenues par la loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN) de veiller à la compensation écologique dans les espaces utilisés de manière intensive et contribuent à une meilleure qualité de vie de leur population par leurs mesures dans le domaine de la biodiversité, par exemple avec des parcs, des arbres, des biotopes. Avec le contre-projet indirect et les adaptations appropriées de la LPN, l'ACS estime qu'il existe un compromis acceptable qui répond aux principales préoccupations des cantons et des communes. La biodiversité serait encouragée par une approche qualitative et des moyens financiers seraient prévus pour soutenir la mise en œuvre au niveau local. Tout à fait dans l'esprit d'un contre-projet à l'initiative sur la biodiversité. L'initiative limiterait de manière disproportionnée les compétences et la marge de manœuvre actuelles des cantons et des communes. De l'avis de l'ACS, les questions relatives à la promotion de la biodiversité doivent donc être résolues au niveau de la loi et non de la Constitution.
L’Economie circulaire: La libéralisation des déchets urbains reportée à la session d’hiver
Le Conseil national veut renforcer l'économie circulaire en modifiant la loi sur la protection de l'environnement et a approuvé en tant que chambre prioritaire le projet de sa commission de l'environnement 20.433 en mai 2023. Outre des amendes pour le littering, la Chambre des cantons a également décidé de libéraliser l’élimination des déchets urbains. Les prestataires privés pourront collecter les déchets recyclables des ménages privés sans concession de la commune (art. 31b, al. 4, P-LPE). La condition est que les matériaux collectés soient recyclés. Par 101 voix contre 92, le Conseil a suivi une proposition de sa commission. Le Conseil fédéral se prononce en revanche pour un assouplissement moins important du monopole des déchets. Il estime que le système actuel d'élimination des déchets fonctionne et veut pouvoir déterminer lui-même quels déchets les particuliers peuvent collecter. L'objet initialement inscrit à l'ordre du jour de la session d'automne sera prochainement traité par le Conseil des Etats. La commission compétente du Conseil des Etats, la CEATE-E, se penchera sur le projet les 26 et 27 octobre.
Position ACS: L’ACS considère d'un œil critique l’assouplissement du monopole étatique des déchets urbains prévu par le Conseil national pour plusieurs raisons. D’une part, les communes sont tenues de garantir la gestion et la sécurité de l'élimination des déchets. La prise en charge de certains déchets par des prestataires privés engendrerait des difficultés de planification et un manque de prévisibilité. La coordination nécessaire entre les pouvoirs publics et les prestataires privés impliquerait par ailleurs un surcroît de travail administratif. D'autre part, la collecte par des prestataires privés de déchets dont la vente est lucrative représente un risque financier pour les communes. Les communes perdent ainsi des recettes, mais il leur reste les charges liées aux matériaux recyclables, dont l'élimination est coûteuse. Par ailleurs, une multiplication des prestataires s'occupant de la collecte des déchets résulterait en une augmentation du trafic et la population ferait face à un changement constant de l'offre de collecte en fonction de la fluctuation du prix des matières premières.
L’ACS demande donc au Parlement de renoncer à un assouplissement du monopole des déchets. Toutefois, si un assouplissement du monopole étatique devait être mis en place, il faudrait nécessairement l’assortir de conditions-cadres claires sécurisant la gestion des déchets. De plus, il faudra assurer sur le long terme le financement des infrastructures d’élimination ainsi que le travail des communes lié à l’élimination des déchets.
Le Conseil national veut limiter uniformément la vitesse à 50Km/h dans les localités
Lors de la première semaine de la session, le Conseil national s'est penché sur la Motion 21.4516 « Consolider la hiérarchie du réseau routier à l'intérieur comme à l'extérieur des localités » dans le cadre de l'examen de différentes interventions. Celle-ci prévoit de limiter uniformément la vitesse à 50 km/h dans les localités, à quelques exceptions près, et d'adapter à cet effet les dispositions de la loi sur la circulation routière. Le conseiller fédéral Albert Rösti a argumenté en vain que la vitesse était déjà limitée à 50 km/h sur les routes à orientation trafic à l'intérieur des localités et que la législation actuelle ne permettait pas de la réduire à 30 km/h sans aucune considération. Le Conseil national a adopté la motion 21.4516 par 102 voix contre 79 et 3 abstentions (cf. débat).
Position ACS: Cette thématique concerne directement les communes et les villes, l’ACS est donc intervenue auprès du Conseil national avec la recommandation de rejeter la motion 21.4516. Elle soutient ainsi la proposition du Conseil fédéral. Lors de la révision partielle de l’Ordonnance sur la signalisation routière (OSR) en 2022, le Conseil fédéral a décidé de faciliter la mise en place de zones 30 sur les routes d'intérêt local à l’intérieur des localités, notamment en supprimant l'obligation d'expertise et en réduisant ainsi la charge administrative pour les autorités communales. En outre, les zones 30 peuvent désormais être aménagées pour d'autres raisons liées aux conditions locales. Pour les communes, il en est résulté de la clarté au niveau juridique et l'autonomie communale a été globalement renforcée.
L’ACS a toujours soutenu la nouvelle réglementation. Les autorités communales peuvent ainsi désigner des zones 30 avec moins de travail administratif et en tenant compte des conditions locales. Et ce, là où elles font sens. Cette approche subsidiaire de l'exécution est très importante du point de vue des communes. La motion Schilliger veut à présent renverser cette disposition favorable aux communes et aux villes en exigeant un ancrage légal de la vitesse à 50 km/h sur toutes les routes à orientation trafic. Une telle exigence porte atteinte à l'autonomie des communes et à l'intérêt général de la population locale. L'acceptation de la motion serait en contradiction avec la répartition fédérale des compétences en Suisse et limiterait considérablement les possibilités d'action des cantons, des communes et des villes. L'ACS s'y oppose résolument sur la base du respect de la politique nationale.
Densifier et construire des logements d'utilité publique pour lutter contre la pénurie de logements
Par sa motion 23.3672, le conseiller aux Etats Matthias Michel demande au Conseil fédéral de modifier les bases légales et de mettre en place d'autres mesures pour lutter contre la pénurie de logements qui se dessine. Ainsi, les cantons doivent pouvoir désigner dans leurs plans directeurs des zones pour une densification accrue dans les zones urbanisées avec des instruments correspondants ainsi que des zones pour la construction de logements d'utilité publique, le cas échéant avec des bonus d'utilisation correspondants. Selon l'auteur de la motion, une densification adaptée aux besoins doit toujours aller de pair avec la création de logements à loyer ou à prix modérés.
Le Conseil fédéral partage l'avis selon lequel il convient d'encourager le développement vers l'intérieur et de lutter contre la pénurie de logements qui s'annonce par des mesures appropriées. Ces travaux ont déjà été initiés en 2023 avec la « Table ronde sur la pénurie de logements » mise en place par le conseiller fédéral Guy Parmelin. Dans le cadre d'un plan d'action national, les mesures les plus appropriées et les plus efficaces doivent être discutées avec les cantons, les villes et les communes. Le Conseil fédéral ne souhaite pas anticiper les résultats de ce processus et rejette donc la motion. Le 20 septembre, le Conseil des Etats a néanmoins adopté la motion 23.3672 à une nette majorité.
Position ACS: La pénurie de logements est un problème urgent dans différentes régions de Suisse. Il est nécessaire d'agir, notamment parce que cette évolution peut avoir des conséquences négatives dans différents domaines (social, spatial, économique et écologique). Outre la rareté croissante des terrains à bâtir et des biens immobiliers, de nombreuses obligations légales et oppositions empêchent le développement vers l'intérieur dans les communes et les villes. Dans les régions de montagne, des conditions strictes dans le domaine de la construction de résidences secondaires constituent un obstacle excessif.
L'ACS salue le lancement de la « table ronde sur la pénurie de logements » et l'élaboration d'un plan d'action national sur la pénurie de logements qui en découle. Le problème se pose dans différentes régions - urbaines et rurales - de Suisse, raison pour laquelle il ne peut pas y avoir de solution unique et simple. Dans ce cadre, les différentes solutions et mesures possibles doivent faire l'objet d'une discussion politique approfondie sur une base aussi large que possible.
Le Parlement s'accorde sur les crédits pour les routes nationales. Les contributions aux projets d’agglomération de quatrième génération retournent au Conseil des Etats
Lors de la session d'automne, le Parlement s'est mis d'accord sur le lieu et l'ampleur de l'aménagement des autoroutes suisses pour les années 2024 à 2027 (23.032), Dans le cadre du nouvel examen des contributions aux projets d'agglomération de quatrième génération dans toutes les régions du pays (23.033), le Conseil national s'est prononcé, comme en mai, pour l'intégration du tunnel routier Moscia-Acapulco près d'Ascona TI dans le programme, maintenant ainsi cette dernière divergence avec le Conseil des Etats. Ce dernier s'est prononcé contre l'inscription d'un tel projet dans le projet d'agglomération en dehors de la procédure ordinaire, par la voie parlementaire. Dans ce programme, il est question de 1,6 milliard pour des projets d'infrastructure dans le domaine des transports publics, du trafic individuel motorisé ainsi que du trafic cycliste et piéton. En raison de cette dernière divergence, le projet n'a pas pu être mis au point au cours de la législature actuelle et retourne au Conseil des Etats.
Position ACS: L'ACS soutient les deux arrêtés fédéraux et donc le développement d'importants projets d'infrastructure de transport dans le réseau des routes nationales et dans certaines agglomérations. Les deux programmes contribuent à une meilleure gestion du trafic dans les villes et les agglomérations ainsi que dans les régions et zones situées en aval. L'ACS salue en particulier le fait que le Conseil national ait renoncé à coupler les deux projets. Un couplage étranger aux deux programmes d'infrastructure n'apporterait aucune valeur ajoutée et n'entraînerait que des retards dans les différents domaines.
Le Conseil des Etats a entamé les débats sur la révision de la loi sur le CO2 après 2024
Lors de la dernière semaine de session, le Conseil des Etats s'est penché sur la nouvelle version de la loi sur le CO2 (22.061). Le nouveau projet de loi sur le CO2 doit encourager la population à protéger le climat par des incitations plutôt que par des interdictions. Le Conseil des Etats soutient le projet sur le fond, mais veut aller moins loin que sa commission pour l'environnement, l'aménagement du territoire et l'énergie CEATE-E. Ainsi, selon la volonté du Conseil des Etats, la Suisse doit atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour environ deux tiers en Suisse, ce qui correspond à une réduction de 34 pour cent d'ici 2030 par rapport à 1990. Une minorité s'était prononcée pour une part de 75 pour cent, comme c'est le cas aujourd'hui.
De plus, le Conseil des Etats veut investir jusqu'à un tiers des recettes de la taxe sur le CO2 dans le Programme Bâtiments, la promotion des énergies renouvelables et des technologies de réduction des gaz à effet de serre d'ici 2030. En ce qui concerne les valeurs cibles de CO2 pour les véhicules, le Conseil des Etats veut - comme l'UE - les renforcer. Les voitures nouvellement immatriculées à partir de 2030 ne pourraient plus émettre que 45% des émissions de gaz à effet de serre de 2021.
En ce qui concerne la redevance sur le trafic des poids lourds (RPLP) pour les camions à propulsion électrique, la majorité veut s'en tenir au droit en vigueur. Une courte majorité s'est prononcée contre l'octroi de subventions fédérales pour les stations de recharge électriques dans les immeubles, estimant qu'il s'agit d'une affaire privée. Une minorité souhaite, comme le Conseil fédéral, soutenir financièrement la mise à disposition de ces stations de recharge. Le dossier va maintenant être soumis au Conseil national.
Position ACS: L’ACS soutient le projet de révision de la loi sur le CO2 élaboré par le Conseil fédéral car il comprend un système de financement dédié permettant de pallier, en partie, les futurs coûts auxquels les communes devront faire face pour mettre en œuvre les stratégies énergétique et climatique. Dans le secteur du bâtiment, l’ACS se réjouit que le Programme Bâtiments soit poursuivi pour encourager le remplacement de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles. En plus du financement de projets réalisés dans le domaine de la géothermie, dorénavant, le projet prévoit également le financement des planifications énergétiques communales et régionales ainsi que la couverture des risques liés au réseaux thermiques. Dans le domaine des transports, de nouvelles possibilités d’encouragement seront créées pour favoriser une décarbonisation de la mobilité : infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et sources de propulsions alternatives pour les transports publics.
Le Conseil national veut assouplir les restrictions sur les résidences secondaires
Le Conseil national veut assouplir les restrictions à la construction de logements dans les communes comptant de nombreuses résidences secondaires. Les communes qui comptent plus de vingt pour cent de résidences secondaires doivent pouvoir transformer plus facilement les maisons d'habitation régies par l'ancien droit et les réutiliser. Aujourd'hui, de telles extensions ne sont possibles qu'en cas de rénovation. Lors de la dernière semaine de session, il a approuvé un projet de sa Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEATE-N) par 105 voix contre 80 et huit abstentions, contre la volonté du PS, des Verts et du PVL. C'est le conseiller national Martin Candinas qui a donné l'impulsion au projet (20.456). Le Conseil des Etats est le prochain à se pencher sur la question.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Conseil national, car elle rend possible la densification et le développement des communes avec des résidences secondaires. L'ACS a soutenu l'Iv.pa. Candinas dans le cadre de la procédure de consultation. Ceci pour des raisons de principe, car une révision de la loi sur les résidences secondaires s'impose. L'évaluation de cette loi, vieille de plus de dix ans, a montré qu'il existe divers effets négatifs, notamment pour les communes, qui peuvent être associés aux prescriptions légales strictes. Les communes doivent également pouvoir se développer dans les régions de montagne, sans quoi elles souffrent d'un exode de la population. C'est pourquoi l'ACS soutient la demande selon laquelle les logements régis par l'ancien droit peuvent être agrandis en cas de démolition et de reconstruction.
Bilan de la session d’été 2023
Au niveau national, la session d'été s'est terminée le vendredi 16 juin. Les conseillers nationaux et les conseillers aux Etats ont débattu de thèmes importants tels que la politique d'asile, les transports, les énergies renouvelables, l'aménagement du territoire, la biodiversité, la promotion du tourisme, la téléphonie mobile 5G et la valeur locative. Le projet d'accélération des installations de parcs éoliens a été mis sous toit par le Parlement. En revanche, les débats se poursuivent sur la nouvelle loi fédérale sur la sécurité de l'approvisionnement en électricité grâce aux énergies renouvelables, connue aussi sous le nom « d’acte modificateur unique ».
Le Conseil national a été le premier à approuver les deux crédits pour l'extension du réseau des routes nationales et les projets d'agglomération. Le Conseil des Etats ne veut pas promouvoir davantage la biodiversité en Suisse et a rejeté le contre-projet indirect du Conseil fédéral. Le crédit demandé par le Conseil fédéral pour créer des places d'hébergement temporaires supplémentaires pour les demandeurs d'asile au niveau fédéral n'a pas non plus eu de chance. En revanche, le Conseil des Etats s'est prononcé en faveur d'une augmentation des moyens pour renforcer le développement régional, ce qui est à saluer du point de vue des communes.
Dans notre bilan de la session qui suit, vous trouverez toutes les décisions du Parlement concernant les projets importants pour les communes, avec les positions de l'Association des Communes Suisses (ACS).
Le Parlement rejette le crédit pour des places d'hébergement supplémentaires en matière d'asile au niveau fédéral
Afin de faire face à l'augmentation des demandes d'asile prévue pour l'automne 2023, le Conseil fédéral a décidé d'augmenter les capacités d'hébergement dans les centres fédéraux d'asile en créant des logements temporaires supplémentaires. Pour ce faire, 3’000 places devraient être mises à disposition dans des conteneurs installés sur des sites de l'armée. Le crédit de 133 millions de francs demandé par le Conseil fédéral pour ces installations de conteneurs a été fortement contesté au Parlement.
Le Conseil national a approuvé de justesse le crédit dans le cadre des délibérations sur le « Budget 2023. Supplément I » (23.007) au cours de la première semaine de la session ; le Conseil des Etats a de son côté rejeté ce crédit au cours de la deuxième semaine de la session. Lors de la suite de l'élimination des divergences, le Conseil national a fait un pas vers le Conseil des Etats en acceptant la proposition de compromis (seulement la moitié du montant). Mais ce dernier a maintenu son refus et a rejeté une nouvelle fois le crédit lors de la dernière semaine de la session, par 25 voix contre 18 et sans abstention. Dans le cadre de la conférence de conciliation du 15 juin, le Conseil des Etats s'est imposé. L'affaire est donc close.
Position ACS: L'ACS regrette la décision du Parlement. En accord avec les cantons, la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP) et la Conférence des directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS), l'ACS et l’Union des villes suisses se sont adressés aux membres du Conseil des Etats pour leur demander d'approuver le crédit.
Pour le niveau communal (villes et communes), la création de capacités d'hébergement supplémentaires au niveau fédéral aurait été d'une importance stratégique décisive. Sans la mise à disposition de nouvelles structures d’hébergement, comme des conteneurs, par la Confédération, les cantons, les villes et les communes risquent de se voir à nouveau attribuer de manière anticipée des requérants d'asile à l'automne 2023. Dans le système d'asile suisse, il est important que chaque niveau étatique assume ses responsabilités en fonction des tâches qui lui sont attribuées en termes de financement, de capacité et de délais. La priorité absolue reste de pouvoir gérer ensemble et efficacement le nombre élevé de demandes d'asile et de soutenir rapidement les personnes en quête de protection.
L'attribution anticipée de demandeurs d'asile aux structures cantonales et communales rompt les procédures ordinaires. Cela augmente inutilement la pression sur les cantons et les communes déjà fortement sollicités. Avec le non du Parlement, il s'agit maintenant d'exploiter d'autres réserves à tous les niveaux et surtout d'adapter rapidement la planification d'urgence de la Confédération et des cantons afin d'être prêt pour les pics attendus à l'automne 2023. L'utilisation d’abris de protection civile relève de la compétence des cantons et doit rester à leur disposition en tant que réserve d'hébergement.
Le Conseil des Etats augmente les contributions pour la promotion du tourisme
Conformément à sa décision du 14 juin 2023, le Conseil des Etats veut consacrer un peu plus d'argent que le Conseil fédéral à la promotion économique pour les années 2024 à 2027 (23.028). En tant que première chambre, il a accepté mercredi à la quasi-unanimité 672 millions de francs. Au total, la Chambre haute a dû se pencher sur sept arrêtés fédéraux. Ceux-ci concernent entre autres la promotion du tourisme, la politique régionale et la promotion des exportations. Il les a tous acceptés à une nette majorité lors du vote global. Le dossier part au Conseil national.
Du point de vue des communes, l'accent a été mis sur les fonds destinés à la promotion du tourisme. Le Conseil des Etats a renoncé à réduire de 13 millions de francs les fonds fédéraux alloués à Suisse Tourisme, les faisant passer à 246 millions de francs. Une proposition de minorité visant à augmenter de 12,7 millions de francs le Fonds de développement régional a également été adoptée à la majorité. La même demande a été formulée entre autres par les directrices et directeurs de l'économie publique des cantons CDEP.
Position ACS: Du point de vue des communes, un renforcement du développement régional par le biais d'apports plus élevés dans les fonds correspondants est très bienvenu. La proposition minoritaire, telle qu'adoptée par le Conseil des Etats en tant que premier conseil le mercredi 14 juin, a également été soutenue par le conseiller aux Etats Hannes Germann (SH), président de l'ACS. Les moyens supplémentaires pour la promotion économique ne doivent pas être considérés en premier lieu comme une dépense, mais comme un investissement orienté vers l'avenir dans l'espace rural et les régions de montagne. De nombreuses communes de ces régions profiteront des projets de la Nouvelle politique régionale (NPR).
Le Conseil national approuve les crédits pour les routes nationales et les programmes d’agglomération
Lors de la première semaine de la session, le Conseil national s'est penché sur deux projets importants relatifs aux transports. Il a approuvé le crédit de 8,8 milliards de francs pour l'exploitation, l'entretien et les adaptations du réseau des routes nationales pour les années 2024 à 2027. L'étape d'aménagement 2023 pour les routes nationales (23.032) permet de réaliser d'importants projets de construction ponctuels sur le réseau des routes nationales. Ceci principalement dans et autour des agglomérations et des grandes villes. Le trafic peut ainsi être fluidifié pour ces régions, mais aussi pour les régions situées en aval.
Pour le deuxième sujet, les projets d'agglomération, 32 projets de la quatrième génération doivent être soutenus à hauteur de 1,6 milliard de francs au total (23.033). Le Conseil national a également approuvé ce point par 196 voix contre 0. Environ un tiers des contributions doit être utilisé pour les transports publics, le trafic automobile ainsi que pour des projets en faveur du vélo et de la marche. Les plates-formes d'échange seront également prises en compte. Les députés ont tacitement ajouté le tunnel routier Moscia-Acapulco dans le projet d'agglomération « Locarnese », ce qui entraîne une augmentation du crédit de 38 millions de francs. Le Conseil national a renoncé à coupler les deux projets de loi sur les transports, parce qu’ils sont très différents, en ce qui concerne leur forme et leur portée, et qu'un éventuel référendum sur l'étape d'aménagement des routes nationales entraînerait d'importants retards dans les programmes d'agglomération. La prochaine étape est le Conseil des Etats.
Position ACS: L'ACS soutient les deux arrêtés fédéraux et donc le développement d'importants projets d'infrastructure de transport dans le réseau des routes nationales et dans certaines agglomérations. Les deux programmes contribuent à une meilleure gestion du trafic dans les villes et les agglomérations ainsi que dans les régions et zones situées en aval. L'ACS salue en particulier le fait que le Conseil national ait renoncé à coupler les deux projets. Un couplage étranger aux deux programmes d'infrastructure n'apporterait aucune valeur ajoutée et n'entraînerait que des retards dans les différents domaines.
Le Conseil des Etats adopte la réforme énergétique - De nombreuses divergences subsistent
Après avoir été approuvée par le Conseil national en mars, la nouvelle loi fédérale sur la sécurité de l'approvisionnement en électricité grâce aux énergies renouvelables, appelée «acte modificateur unique », est retournée au Conseil des États pour l'élimination des divergences lors de la session d'été (21.047). Dans la première délibération le 1er juin, une proposition individuelle du conseiller aux Etats Engler (GR) s'est imposée de justesse. Selon cette proposition, le Conseil fédéral devrait pouvoir obliger les exploitants de centrales hydroélectriques à augmenter leur production d'électricité pour une durée limitée afin d'atteindre les objectifs de production et d'importation ainsi qu'en cas de pénurie imminente. Seuls les débits résiduels minimaux prévus par la loi actuelle sur la protection des eaux seraient encore valables.
Par ailleurs, le Conseil des États a supprimé de la loi l'obligation d'installer des panneaux solaires sur toutes les nouvelles constructions, car il s'agissait d'une intervention trop importante dans la propriété privée et la souveraineté des cantons. En lieu et place, il s'est prononcé en faveur de l'introduction dans le droit en vigueur de l'utilisation obligatoire de l'énergie solaire sur les bâtiments d'une surface supérieure à 300 mètres carrés, et ce pour une durée illimitée. Contrairement au Conseil national, le Conseil des États s'oppose à l'obligation de recouvrir les parkings d'installations solaires à partir d'une certaine taille.
Le 8 juin, le Conseil des États a achevé la deuxième délibération et s'est prononcé en faveur de la délimitation, dans les plans directeurs cantonaux, de zones se prêtant à l'utilisation de l'énergie solaire et éolienne. Les installations doivent toutefois être liées à un site précis et leur besoin doit être prouvé. Dans ces cas, l'utilisation de l'énergie solaire et éolienne doit avoir la priorité sur les autres intérêts nationaux. De nombreuses divergences subsistent entre les deux Chambres. La commission compétente du Conseil national (CEATE-N) reprendra ses discussions immédiatement après la session d'été.
Position ACS: L'ACS soutient le développement des énergies renouvelables afin de pouvoir atteindre les objectifs énergétiques à l'horizon 2050. L'acte modificateur unique apporte incontestablement une contribution importante à cet égard. Toutefois, la législation actuelle, élaborée par le Parlement dans le cadre d'une procédure accélérée exceptionnelle, ne tient toujours pas compte de manière appropriée du standard élevé actuel en matière de législation, de démocratie participative et de droit de regard de la population et des autorités.
Pour l'ACS, en tant que représentante des communes, il est clair que le législateur national doit, même en de telles périodes, respecter sans restriction des principes constitutionnels importants tels que l'autonomie cantonale et communale, le droit de procédure ou la garantie de la propriété privée. Sinon, l'acceptation des autorités et de la population vis-à-vis des mesures et des projets ne peut pas être garantie durablement. En ce qui concerne les considérations particulières en cours relatives à l'acte modificateur unique, l'ACS se rallie aux propositions et recommandations des cantons (DTAP).
Le Parlement adopte le projet d'accélération concernant les parcs éoliens
Le Parlement veut accélérer le développement des énergies renouvelables et s'accorde sur un point : les projets éoliens avancés d'intérêt national doivent pouvoir être réalisés le plus rapidement possible. Lors de la session d'été, le Conseil national et le Conseil des Etats ont désormais éliminé les dernières divergences concernant le projet de loi déclaré urgent, aussi appelé « Windexpress » (22.461).
Afin de garantir la légitimité démocratique des projets à accélérer, le Conseil des Etats s'est prononcé en faveur de davantage de droits pour les communes concernées dans le cadre des procédures d'autorisation. Ainsi, la nouvelle procédure d'autorisation ne doit s'appliquer que si les communes concernées ont approuvé le projet éolien dans le cadre de leur plan d'affectation, ce qui leur assure une participation minimale. Dans le cadre de l'élimination des divergences, le Conseil national a décidé d'adhérer à la décision du Conseil des Etats conformément à la proposition de la majorité (art. 71c, ch. 1). Lors des votes finaux, le Parlement a approuvé le projet par 37 voix contre 2 et 5 abstentions (Conseil des Etats) et par 141 voix contre 50 et 3 abstentions (Conseil national).
Position ACS: L'ACS soutient le développement des énergies renouvelables. Toutefois, la construction prévue de grands projets de parcs éoliens et d'installations photovoltaïques ne doit pas se faire unilatéralement au détriment de l'autonomie communale et des droits de participation des communes et de leur population, protégés par la Constitution. L'implication des communes d'implantation lors de l'octroi du permis de construire est une condition minimale indispensable à l'acceptation de tels grands projets.
La décision du Parlement représente un compromis que l'ACS peut soutenir pour des raisons pragmatiques, mais pas par conviction. Le fait que les procédures raccourcies ne doivent être appliquées que si les communes concernées ont donné leur accord dans le cadre de leur plan d'affectation est évidemment une condition importante. Cependant, de telles exceptions aux procédures d'autorisation ordinaires ne doivent concerner qu’un nombre limité de projets dont l’importance est exceptionnelle. Par ailleurs, ces exceptions sont à limiter dans le temps. Pour tous les autres projets, les règles de procédure ordinaires doivent impérativement s'appliquer dans les cantons et les communes, impliquant non seulement les autorités, mais aussi la population de manière appropriée dans les processus de décision. Il s'agit là d'éléments essentiels de l'État de droit suisse, qui doivent également être respectés dans le cas présent.
Inventaire fédéral ISOS. Le Conseil des Etats veut une marge de manœuvre plus grande pour le développement de l'urbanisation
La motion 23.3435 du conseiller aux Etats Jakob Stark (TG) vise à adapter la loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN) de manière à ce que, dans le cadre de la pesée des intérêts, l'intérêt public avéré des communes, des villes et des cantons puisse être davantage pris en compte dans le développement de l'aménagement du territoire par rapport à l'Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse (ISOS). Le Conseil des Etats estime qu'il faut agir dans ce domaine et a adopté la motion le 6 juin 2023. La motion va maintenant passer au Conseil national.
Position ACS: L'ACS soutient la motion 23.3435 du conseiller aux Etats Jakob Stark (TG) et salue la décision du Conseil des Etats. L'ISOS est un inventaire important, mais qui, dans la pratique, rend souvent difficile le développement de l’urbanisation et la densification vers l'intérieur. De nombreuses communes sont aujourd'hui limitées dans leurs possibilités de décision et de développement en raison de la multitude de contraintes imposées par le droit fédéral. Il en résulte souvent de longues procédures et des retards de construction, notamment dans les projets de construction de logements. Cette motion permet de remédier à ce conflit d'intérêts. L'intérêt public des communes et des villes doit à l’avenir avoir plus de poids dans les projets d'aménagement du territoire. En outre, les inventaires ISOS doivent pouvoir être contrôlés à la demande d'une autorité de planification.
Ip. Germann. Embauche de proches aidants
De plus en plus d'organisations privées ont découvert que l'embauche de proches aidants était un modèle commercial. Selon une décision du Tribunal fédéral de 2019, les proches aidants ne doivent pas nécessairement être au bénéfice d'une formation spécialisée en soins. Cette décision va à l'encontre des conventions administratives conclues entre les associations d'aide et de soins à domicile et les assureurs-maladie, qui requièrent des employés de l'aide et des soins à domicile d'avoir au moins suivi un cours d'aide-soignant pour fournir des prestations dans le domaine des soins de base.
Dans une situation où la croissance des coûts des soins se fait depuis des années au détriment des financeurs résiduels, les communes reçoivent désormais, en plus des factures de soins à domicile, des factures supplémentaires des organisations privées qui emploient des proches aidants. Ce qui est particulièrement dérangeant, c'est que les entreprises privées encaissent une part importante des recettes et que certaines d'entre elles n'en reversent qu'une faible part aux membres de la famille employés pour leurs services. Par son interpellation (23.3426) le conseiller aux Etats Hannes Germann (SH) demande au Conseil fédéral de prendre position sur cette évolution. Avec l’intervention de l’interpellateur le 15 juin au Conseil des Etats l’affaire est close.
Position ACS: L'ACS salue l'interpellation du président de l'ACS, Hannes Germann, sur ce sujet afin de clarifier d'importantes questions de principe au niveau national. Avec l'engagement de proches aidants par les services d'aide et de soins à domicile et les organisations privées, une évolution aux conséquences financières importantes pour les communes est en cours. Il convient de les clarifier. Ainsi, des organisations privées telles que l'AsFam (Assistance aux familles avec des proches aidants) engagent déjà dans onze cantons des proches aidants qui assument des prestations originales d’Aide et soins à domicile Suisse (Spitex). Le Conseil fédéral ne voit pas la nécessité d'agir. Après tout, certaines questions doivent être approfondies dans un rapport, selon la réponse du Conseil fédéral, ce qui est à saluer du point de vue de l'ACS.
Le Conseil des Etats rejette le contre-projet à l'initiative sur la biodiversité
Lors de la dernière semaine de session, le Conseil des Etats a suivi sa commission de l'environnement et a décidé, par 28 voix contre 14 et une abstention, de ne pas entrer en matière sur le contre-projet indirect à l'initiative sur la biodiversité (22.025). Et ce, bien que les cantons et les communes, par le biais de la Conférence suisse des directeurs cantonaux des travaux publics, de l'aménagement du territoire et de l'environnement (DTAP), de l'Union des villes suisses et de l'Association des Communes Suisses, de même que 44 organisations de protection de l'environnement et de la nature, aient demandé aux députés d'entrer en matière sur le projet.
Le Conseil des Etats a maintenu sa position selon laquelle la Suisse remplit déjà les conditions pour définir suffisamment de surfaces d'importance particulière pour la biodiversité. Ainsi, l'objectif global de la Convention de Kunming-Montréal, qui consiste à garantir d'ici 2030 au moins 30 pour cent de surfaces pour la protection et la promotion de la biodiversité, pourrait être largement atteint en Suisse également. Il n'est pas nécessaire de créer un cadre juridique supplémentaire. Ainsi, l'initiative sur la biodiversité serait soumise au vote du peuple sans contre-projet. Le projet retourne au Conseil national, car celui-ci, en tant que première chambre, avait dit oui au contre-projet indirect en automne 2022.
Position ACS: L'ACS regrette la décision du Conseil des Etats. Les villes et les communes sont tenues par la loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN) de veiller à la compensation écologique dans les espaces utilisés de manière intensive et contribuent à une meilleure qualité de vie de leur population par leurs mesures dans le domaine de la biodiversité, par exemple avec des parcs, des arbres, des biotopes.
L'ACS estime que le contre-projet indirect et les adaptations correspondantes de la LPN auraient permis de trouver un compromis acceptable, qui aurait répondu aux principales préoccupations des cantons et des communes. La biodiversité serait encouragée par une approche qualitative et des moyens financiers seraient prévus pour soutenir la mise en œuvre au niveau local. Tout à fait dans l'esprit d'un contre-projet à l'initiative sur la biodiversité. L'initiative limiterait de manière disproportionnée les compétences et la marge de manœuvre actuelles des cantons et des communes. De l'avis de l'ACS, les questions relatives à la promotion de la biodiversité doivent donc être résolues au niveau de la loi et non de la Constitution.
Le Parlement veut permettre un développement rapide de la 5G. La motion retourne au Conseil national
La motion 20.3237 déposée au Conseil national vise à créer les conditions-cadres nécessaires et à permettre le déploiement rapide de la cinquième génération de la norme de téléphonie mobile (déploiement de la 5G) d'ici 2024. Le Conseil fédéral et la branche doivent informer la population de manière appropriée. Après le Conseil national, le Conseil des Etats, deuxième chambre à se prononcer, a approuvé la motion avec une modification lors de la dernière semaine de session. Il a suivi sa commission et a adopté une précision selon laquelle les valeurs limites préventives en vigueur pour les installations de téléphonie mobile ne doivent pas être augmentées. La motion retourne donc au Conseil national.
Position ACS: L'ACS soutient l'intention de promouvoir des conditions-cadres pour une mise en place aussi rapide que possible du réseau de téléphonie mobile. Celle-ci doit toutefois se faire en étroite coordination et dans le respect des dispositions légales et des tâches des cantons et des communes. L'infrastructure de téléphonie mobile dans le domaine de la télécommunication est une infrastructure de base importante ; elle est soumise à la concurrence entre les fournisseurs privés. Enfin, les communes jouent un rôle décisif dans la procédure d'autorisation ; leur marge de manœuvre reste limitée, notamment en raison des prescriptions légales fédérales et cantonales. Il n'appartient donc pas aux seules communes de mettre en œuvre un tel développement.
Depuis avril 2023, les nouvelles recommandations des cantons en matière de téléphonie mobile sont en vigueur. Ces directives ont permis de créer une sécurité juridique dans des domaines importants de l'exécution, tout en jetant les bases d'une extension moderne du réseau de téléphonie mobile. C'est sur cette base que l'on peut et doit s'appuyer dans le cadre de l'application de la loi.
Abolition de la valeur locative : Conseil national pour un changement complet de système
La valeur locative fait l'objet de controverses politiques depuis des années. En 2017, la Commission de l'économie du Conseil des Etats a fait une nouvelle tentative. En automne 2021, le Conseil des Etats s'est prononcé de justesse en faveur d'un changement de système pour l'imposition de la propriété du logement (17.400). Le Conseil national a décidé d'entrer en matière à l'automne 2022, mais a renvoyé le projet en commission pour qu'il soit remanié. Le projet s'est trop éloigné de l'objectif initial. Si la valeur locative est supprimée, il ne faut pas que les déductions fiscales pour la propriété du logement restent possibles en même temps. Et pour les cantons et les communes, les pertes fiscales ne seraient pas supportables financièrement.
Le Conseil fédéral soutient le principe d'un changement de système d'imposition de la propriété du logement. L'incitation à l'endettement est mauvaise et le système trop complexe. Par ailleurs, le problème se pose concernant les retraités à faible revenu et à valeur locative élevée. Lors de la dernière semaine de session, le Conseil national s'est prononcé pour un changement de système conséquent incluant les résidences secondaires. Selon le Conseil national, c'est la seule façon d'alléger la charge administrative des autorités fiscales et d'éviter les doublons. Les propriétaires de maisons individuelles ne devraient donc plus être imposés sur la valeur locative de leur logement, y compris s’ils en possèdent deux. Au vote sur l'ensemble, il a approuvé le projet par 109 voix contre 75 (8 abstentions). Le projet retourne au Conseil des Etats.
Position ACS: Avec le changement de système prévu pour l'imposition de la propriété, les cantons et les communes doivent s'attendre à des pertes fiscales se chiffrant en milliards. L'ACS s'est donc montrée critique dans le débat parlementaire. Du point de vue de l'ACS, la suppression de la valeur locative devrait comporter un changement de système conséquent qui n'autorise en principe pas ou peu d'exceptions. En outre, il est important de pouvoir maintenir les conséquences financières pour les cantons et les communes dans des limites acceptables. Enfin, il devrait en résulter une réelle plus-value pour tous par rapport à la situation actuelle.
Aménagement du territoire. Le Conseil national en faveur d'un objectif de stabilisation pour les constructions hors des zones à bâtir
Avec le projet de deuxième étape de la révision de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT2), qui s'attaque aux constructions hors zone à bâtir, le Parlement veut opposer un contre-projet indirect à l'initiative pour le paysage. L'élément central est l'objectif de stabilisation : en dehors des zones à bâtir, le nombre de bâtiments ne doit plus augmenter. Une prime à la démolition doit inciter à éliminer les constructions et installations hors zone à bâtir. Les cantons doivent définir dans leur plan directeur un concept global pour atteindre cet objectif et y inclure le nombre de bâtiments construits et démolis ainsi que l'évolution de l'imperméabilisation des sols. Le Conseil des Etats a adopté le projet en été 2022 (18.077) et a accordé une plus grande marge de manœuvre aux cantons. Ils peuvent par exemple autoriser des exceptions dans des zones spéciales, comme pour la rénovation de restaurants et d'hôtels hors zone à bâtir ou pour la réaffectation de bâtiments agricoles vides.
Lors de la dernière semaine de session, le Conseil national est lui aussi entré en matière, sans opposition, sur le projet dont il n'avait pas voulu débattre dans sa version précédente fin 2019. Contrairement à la Chambre basse, le Conseil national ne veut pas autoriser d'exceptions supplémentaires pour la construction en dehors des zones à bâtir et prend donc certaines décisions de manière plus restrictive. Lors du vote sur l’ensemble, il a approuvé le projet par 173 voix contre 0 et 13 abstentions. L'objet retourne au Conseil des Etats avec des divergences.
Position ACS: Les cantons et les communes sont directement concernés par de nombreuses conséquences du projet, que ce soit de manière générale, mais également sur des aspects spécifiques, tels que la compensation de la plus-value. Celle-ci doit pouvoir être prélevée à l'avenir également en cas de construction ou de changement d'affectation. Dans le cas contraire, les fonds manquants devraient être financés par des ressources fiscales générales (cantonales et/ou communales). En outre, on intervient sans nécessité dans les compétences cantonales et communales, ce qui doit être rejeté pour des raisons de politique nationale. La prime de démolition est en principe un moyen éprouvé pour atteindre effectivement l'objectif de stabilisation.
L'ACS a toutefois signalé à plusieurs reprises qu'un financement de la prime de démolition, tel que proposé actuellement, ne serait pas supportable pour les cantons et les communes. Les fonds de compensation de la plus-value dans les cantons ne disposent tout simplement pas aujourd'hui des réserves nécessaires pour assumer des tâches de financement supplémentaires. Pourtant, le Parlement maintient cette disposition, contrairement aux intérêts des communes.
Bilan de la session de printemps 2023
Vendredi 17 mars, la session de printemps du Parlement fédéral s’est terminée. Les différents dossiers politiques sur l’énergie et le climat ont constitué un point fort. Après trois jours de débats intenses sur l’acte modificateur unique relatif à l’approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables, le Conseil national a adopté le projet de loi par 104 voix contre 54 et 33 abstentions. Afin de réussir le tournant énergétique décidé dans les urnes, de nombreuses mesures doivent être ancrées dans les lois sur l'énergie, l'approvisionnement en électricité et l'aménagement du territoire. Ainsi, le Conseil national a décidé, entre autres, que des panneaux solaires devront être installés dans les nouvelles constructions, ainsi que dans le cas de transformations et de rénovations importantes. Il a également imposé la suspension des prescriptions relatives aux débits résiduels lors de l'octroi de nouvelles concessions pour les centrales hydroélectriques. Le projet retourne maintenant au Conseil des Etats pour l'élimination des nombreuses divergences.
En rejetant l'initiative pour les glaciers, le Conseil national s'est clairement rangé derrière Loi fédérale relative aux objectifs en matière de protection du climat, adoptée par le Parlement en automne. En outre, le Conseil national s’est prononcé en faveur du projet de loi urgente « Offensive éolienne » et de la pérennisation des fonds fédéraux pour l'accueil extrafamilial des enfants. Le Conseil des Etats s'est prononcé contre une révision anticipée des bases légales pour la naturalisation facilitée de la troisième génération ainsi que contre des nouvelles bases légales pour la promotion de la culture du bâti au niveau fédéral. Sur un total de 16 projets, la nouvelle loi fédérale sur l’utilisation des moyens électroniques pour l’exécution des tâches des autorités (LMETA) a également été mise sous toit.
Dans notre bilan de la session, vous trouverez toutes les décisions du Parlement concernant les projets importants pour les communes, avec les positions de l'Association des Communes Suisses (ACS).
Le Conseil national dit Non à l'initiative pour les glaciers
L’initiative populaire « Pour un climat sain » (Initiative pour les glaciers) exige que la Suisse atteigne la neutralité carbone d'ici 2050 et estime indispensable d'interdire les carburants ou combustibles fossiles (huile, gaz, essence ou diesel). Pour le Conseil des Etats, une telle interdiction va trop loin, il a déjà rejeté l'initiative sur les glaciers. Le 1er mars 2023, le Conseil national s'est à son tour prononcé par 107 voix contre 87 contre l'initiative Glacier (21.055) qui avait été retirée sous conditions. Les deux chambres ont également rejeté le contre-projet direct du Conseil fédéral, après avoir adopté l'automne dernier la Loi fédérale relative aux objectifs en matière de protection du climat (21.501). Le Parlement estime lui aussi que la loi sur la protection du climat adoptée est la meilleure voie pour faire avancer le passage à zéro émission nette de gaz à effet de serre. Le PS, les Verts, le PVL et le PEV ont soutenu l'initiative. Le 18 juin 2023, le peuple aura le dernier mot en raison de la votation référendaire sur la loi sur la protection du climat.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Parlement de rejeter l'initiative pour les glaciers et son contre-projet direct. La loi fédérale sur les objectifs en matière de protection du climat, adoptée par le Parlement, reprend les préoccupations centrales de l'initiative pour les glaciers et prévoit des objectifs intermédiaires concrets pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les mesures prévues soutiendront les communes et les villes dans leurs efforts pour atteindre les objectifs climatiques. Le Comité de l’ACS recommande donc le Oui à la Loi fédérale sur les objectifs en matière de protection du climat.
Le Conseil national dit oui au projet de loi sur l’accueil extra-familial pour enfants
Le projet de mise en œuvre de l'Iv.pa. 21.403 vise à transformer les fonds fédéraux, jusqu'ici limités dans le temps, en un financement permanent destiné à encourager l'accueil extrafamilial des enfants. Le projet poursuit deux objectifs principaux : réduire durablement les frais de garde des parents et faire avancer le développement et la qualité de l'accueil extrafamilial des enfants en fonction des besoins via des conventions-programmes en collaboration avec les cantons et les communes. Le Conseil national a approuvé mercredi 1er mars 2023 le projet élaboré par sa Commission de la science, de l'éducation et de la culture (CSEC-N) et l'a transmis pratiquement sans modification au Conseil des Etats. Ce dernier devrait se pencher sur le dossier lors de la session d'été.
Position ACS: L’ACS se réjouit du vote de la Chambre basse. Avec la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS), la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) et l’Union des villes suisses (UVS), elle a accompagné de près et soutenu sur le plan politique l'Initiative parl. visant à stabiliser les fonds fédéraux et à réduire durablement les contributions parentales. L’ACS salue le fait que le Conseil national ait reconnu la nécessité d’agir en raison des frais très élevés de garde en Suisse et qu’il voie les avantages économiques liés à l’accueil extra-familial. Il n’a notamment pas décidé de réduire la contribution fédérale. Ainsi, le projet de loi continue de prévoir que la Confédération assume jusqu’à 20% des frais moyens nationaux d’une place d’accueil. Cela signifie que la Confédération dépenserait environ 710 millions de francs par an, afin de réduire les frais d’accueil pour les parents. Cela permet de baisser sensiblement les frais d’accueil pour les parents et d’obtenir ainsi un effet d’autant plus important.
Les faibles montants destinés à réduire les frais versés par les parents risquent de passer à côté de l’objectif du projet de loi, à savoir le développement professionnel des deux parents en tant que fondement de la politique d’égalité et en tant que contribution à la réduction de la pénurie de main-d’œuvre. En même temps, les investissements sont mis en perspective lorsqu’ils sont comparés aux dommages économiques causés par les conditions-cadre actuellement défavorables. En raison des coûts élevés de l’accueil extrafamilial et parascolaire pour enfants, la Suisse n’est actuellement pas très attrayante pour les jeunes professionnels mobiles et les entreprises. Tous les niveaux de l’État bénéficient d’un meilleur attrait en tant que lieu de vie. La participation fédérale est donc nécessaire pour réaliser ici une amélioration conjointe.
Le Conseil des États est la prochaine étape. Il s'agit ici de prendre en compte les votes critiques et de montrer que le projet de la Confédération ne viole pas la répartition actuelle des compétences, et que les systèmes de subventions cantonaux existants ne sont pas surchargés. La Confédération reste dans un rôle subsidiaire, les cantons et les communes continuent d'assumer la responsabilité principale en matière d'accueil extrafamilial et parascolaire pour enfants. Quant aux conventions-programmes, elles permettent à chaque canton et à ses communes d'intervenir là où ils estiment que les besoins sont les plus importants. L'ACS s'engagera pour une solution susceptible de réunir une majorité au Parlement.
Administration numérique : Le Parlement adopte la nouvelle loi fédérale
Avec la nouvelle loi fédérale sur l’utilisation des moyens électroniques pour l’exécution des tâches des autorités (LMETA), le Conseil fédéral et le Parlement entendent promouvoir l'administration numérique suisse. Le projet 22.022 doit notamment permettre la collaboration entre les autorités étatiques et les tiers dans le domaine « E-Government ». Selon le principe « digital first », les processus doivent à l'avenir être réglés en premier lieu par voie numérique. Les deux Chambres ont approuvé le projet. Mais contrairement au Conseil des Etats, le Conseil national voulait d’abord pouvoir obliger les cantons à utiliser certains systèmes informatiques.
Lors de la première semaine de la session, le Conseil national a éliminé les principales divergences avec le Conseil des Etats. La question de savoir si la Confédération devait pouvoir conclure des accords directement avec les communes était une dernière divergence. À de nombreux endroits, les cantons ont créé leurs propres organisations avec les communes afin de faire avancer la transformation numérique. Le Conseil des Etats a estimé que les cantons ne pouvaient pas rester en dehors de ces accords entre la Confédération et les communes, et a demandé une obligation de consultation. Le Conseil national s'est finalement rallié à cette demande. Lors du vote final, la nouvelle loi fédérale sur l’utilisation des moyens électroniques pour l’exécution des tâches des autorités LMETA a été adoptée par 183 voix contre 8 et 6 abstentions (Conseil national) et par 42 voix contre 0 et 0 abstention (Conseil des Etats).
Position ACS: La numérisation des services publics progresse. Il est pertinent de coopérer avec les communes dans le domaine des services publics numériques à tous les niveaux de l'État et en particulier au sein du canton. De nombreux cantons mettent déjà en œuvre cette culture de coopération avec leurs communes. Par le biais de l'ACS, les communes sont en outre intégrées, au niveau fédéral, dans l'organe « Administration numérique suisse ».
L'ACS soutient la loi fédérale (LMETA) prévue, car elle crée une base juridique importante pour la promotion de l'administration numérique en Suisse et clarifie notamment le co-financement de la Confédération. L'ACS salue le fait que le Parlement se soit prononcé contre des directives contraignantes à l'échelle nationale. Les cantons et les communes devraient disposer de la marge de manœuvre nécessaire pour la mise en œuvre. Les prestations et services numériques des autorités doivent s'orienter sur les besoins de la population. En raison de leur proximité avec la population, les communes garantissent ici le test pratique de la transformation numérique.
Le Conseil national dit oui à l'offensive éolienne
Le Conseil national veut accélérer la construction de parcs éoliens et renforcer ainsi la production d'électricité indigène. Le mercredi 8 mars 2023, il s'est clairement prononcé, par 134 voix contre 51, en faveur du projet de loi déclaré urgent « Offensive éolienne » (22.461). Désormais, le permis de construire pour les projets éoliens d'intérêt national disposant d'un plan d'affectation en vigueur sera délivré par le canton - et non plus par la commune d'implantation. Les recours contre cette décision ne peuvent être adressés qu'à une instance cantonale. La législation doit rester en vigueur jusqu'à ce qu'une production annuelle supplémentaire d'énergie éolienne d'un térawatt-heure (TWh) soit atteinte en Suisse (soit six fois plus que ce que les installations éoliennes fournissent actuellement en Suisse).
La proposition minoritaire de l'UDC de renvoyer le projet en commission n'a eu aucune chance. La majorité du Conseil national a estimé que le projet était conforme à la Constitution, que les droits populaires étaient suffisamment garantis et que les communes avaient suffisamment de droits de participation et de possibilités de recours. Le 20 mars l'affaire passera dans les mains à la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil des Etats (CEATE-E). Le Conseil des Etats s'en occupera probablement lors de la session d'été. Les opposants à l'énergie éolienne ont déjà annoncé le lancement d'un référendum contre l’« Offensive éolienne ». Pour eux, le projet est anticonstitutionnel et s'attaque à l'autonomie des communes.
Position ACS: L'ACS soutient les efforts visant à renforcer la sécurité d'approvisionnement dans le domaine de l'énergie et le développement des énergies renouvelables qui en découle. Toutefois, ce développement ne doit pas se faire au détriment de l'autonomie des communes, de la participation démocratique et d'autres principes constitutionnels. L'implication des communes d'implantation lors de l'octroi du permis de construire pour les grands projets de parcs éoliens, ainsi que la participation démocratique de la population sont pour l'ACS une condition indispensable à l'acceptation et à la légitimité vis-à-vis de ce genre de grands projets.
L'ACS demande au Parlement de suspendre le projet et de clarifier de manière approfondie les questions essentielles. C’est le cas de la proposition suivante : les exploitants de telles installations doivent désormais dédommager les communes d'implantation par le biais d’une redevance éolienne, à l’instar de la redevance hydraulique que les entreprises d'électricité doivent verser aux cantons ou aux communes lorsqu'elles sont autorisées à utiliser en exclusivité la force hydraulique d'un cours d'eau sur un site donné. Il est inacceptable que certains particuliers et certaines entreprises d'électricité soient unilatéralement les grands bénéficiaires de ces grandes installations éoliennes, sans que le public ne soit indemnisé. En outre, une redevance éolienne favoriserait l'acceptation générale des installations éoliennes dans les communes.
Naturalisation facilitée : le Conseil des Etats ne veut pas d’adaptations
Quatre ans après l'entrée en vigueur de nouvelles dispositions, le Conseil des Etats ne veut pas adapter les règles relatives à la naturalisation facilitée des étrangers de la troisième génération. Mercredi 8 mars 2023, il a clairement rejeté une initiative parlementaire de la Commission des institutions politiques du Conseil national (22.404) par 28 voix contre 9 et 2 abstentions. Une révision de la loi sur la nationalité et de l'ordonnance y relative ne s'impose pas pour l'instant du point de vue du Conseil des Etats. La naturalisation facilitée pour la troisième génération n'a été introduite qu'il y a quatre ans et il faut maintenant attendre d'avoir plus d'informations sur l'évolution de la situation avant d'entamer une nouvelle révision de la loi sur la nationalité. La demande n'est donc plus d'actualité.
Position ACS: L'ACS salue la décision du Conseil des Etats. Il est encore trop tôt pour lancer une nouvelle révision de la loi.
Service postal universel : prolongation du délai pour l’Iv. cantonale du Jura
En automne 2020, la Commission des transports et des télécommunications du Conseil des Etats avait été informée par la Poste de sa stratégie pour les années 2021-2024. Elle a notamment salué le fait que 800 offices de poste devraient être maintenus. Après avoir reçu des informations sur la mise en œuvre de la stratégie, le Conseil des Etats a décidé en mars 2021 de reporter au printemps 2023 l'examen de l'initiative cantonale jurassienne 17.314
« Amélioration du réseau des offices de poste et renforcement du rôle des autorités communales dans la répartition géographique des offices de
poste ». Le Conseil des Etats a suivi la proposition de sa commission et a décidé le 8 mars de prolonger une nouvelle fois le délai de traitement de l'affaire de deux ans, c'est-à-dire jusqu'à la session de printemps 2025.
Position ACS: En 2022, le Parlement a débattu la loi sur l'organisation de la Poste et a décidé de ne pas entrer en matière sur le projet. Avant de procéder à une réorganisation structurelle, les Chambres souhaitent que soit clarifiée la forme que prendra à l'avenir le mandat de service universel de la Poste. L'ACS a salué la décision du Parlement. Il faut d'abord clarifier la définition du service postal public avant de pouvoir discuter de la réorganisation de PostFinance en tant que source de financement de ce même service public. L'ACS porte un jugement globalement critique sur le rapport d'experts présenté au printemps 2022. Ce qui est présenté comme une « modernisation de la Poste » équivaut, du point de vue de l'ACS, à une réduction qualitative et quantitative des prestations du service public postal.
Pour l'ACS, il est indispensable qu'il y ait, à l'avenir également, un véritable service public abordable avec des prestations du service postal de base qui doivent être valables pour toutes les régions de Suisse. Les 800 offices de poste du pays, qui représentent déjà un standard minimal du point de vue actuel et qui doivent être maintenus, en font également partie. Bien que les communes aient soutenu de nombreuses mesures de réforme, la Poste doit adapter son rythme aux besoins de la population et de l’économie. Des discussions doivent maintenant être menées sur le service postal universel de demain, avec la participation de tous les acteurs étatiques.
Les travaux correspondants ont été lancés : le Département fédéral de l’environnement, de l’énergie, des transports et de la communication doit soumettre au Conseil fédéral, d’ici l’été 2023, un rapport présentant les résultats obtenus et des propositions relatives aux développements futurs. Les demandes de l’Iv. déposée par le Jura doivent être intégrées dans ces travaux.
Mo. Conseil national (CEATE-CN). Promotion de la culture du bâti de haute qualité
Le Conseil national souhaite charger le Conseil fédéral de renforcer l'encouragement de la culture du bâti par de nouvelles dispositions dans la loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage (LPN) dans le cadre du prochain message sur la culture 2025-2028 (22.3892). La majorité de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil des Etats (CEATE-CE) rejette cette demande. Elle est d'avis que la culture du bâti est l'affaire des cantons et que la Confédération ne doit pas prévoir de moyens financiers supplémentaires à cet effet. Un non à la motion ne remettrait pas en question les travaux menés jusqu'à présent par la Confédération pour promouvoir la culture du bâti dans le sens du message culture actuel (2021-2024) et sa poursuite dans le cadre du message culture 2025-2028, a déclaré le conseiller aux Etats Daniel Fässler dans son intervention. Selon la majorité de la commission, il serait toutefois erroné d'exiger dès aujourd'hui une révision de la loi. Le 15 mars, le Conseil des Etats s'est penché sur l'affaire et a rejeté la motion par 23 voix contre 15 et 0 abstention. L'affaire est donc close.
Position ACS: L’ACS salue la décision du Conseil des Etats. Elle ne voit pas la nécessité de réglementer la culture du bâti de manière centralisée au niveau fédéral par le biais de nouvelles dispositions légales. Une culture du bâti et un développement urbain de qualité sont des préoccupations importantes, que les communes assurent notamment par le biais de l'aménagement, des règlements de construction communaux et de l'application d'instruments de planification et de procédure. Compte tenu de la densité croissante des prescriptions pour les autorités, telles que la loi sur l'aménagement du territoire avec ses révisions partielles ou la Conception Paysage Suisse révisée, les communes sont confrontées à de grands défis et les processus de planification deviennent de plus en plus complexes. Il est donc décisif pour les communes de disposer de la marge de manœuvre et des compétences décisionnelles nécessaires pour promouvoir la culture du bâti.
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