
Actualités de la Berne fédérale
Aperçu de la session d’automne 2026
La session d’automne des Chambres fédérales, qui se tiendra du 14 septembre au 2 octobre 2026, mettra à l’agenda plusieurs dossiers qui touchent directement les compétences communales.
Dans le domaine de l’asile, les débats porteront notamment sur la mise en œuvre concrète de la stratégie Asile 2027, élaborée conjointement par la Confédération, les cantons et le niveau communal, dans le cadre de modifications législatives concernant la sécurité, la mise en place d’une procédure de compétence anticipée, le status S et l’intégration. Pour l’ACS, il est essentiel que les décisions parlementaires soutiennent les travaux déjà engagés entre les trois niveaux de l’État.
La question de l’eau potable et des PFAS sera également au cœur des discussions. De la protection de la ressource jusqu’à l’eau du robinet, le niveau communal assume des responsabilités essentielles. Les communes se retrouvent pourtant souvent en bout de chaîne : elles doivent garantir la qualité de l’eau potable et assumer les conséquences techniques, organisationnelles et financières des pollutions, alors qu’elles ne sont pas suffisamment associées en amont aux décisions. Pour l’ACS, une politique cohérente doit donc agir en priorité à la source, appliquer le principe du pollueur-payeur et garantir un approvisionnement sûr au moyen d’exigences proportionnées, fondées sur les risques et applicables sur le terrain.
Enfin, l’initiative populaire « Pour un droit de la nationalité moderne (initiative pour la démocratie) », remet en question la compétence en matière de naturalisation et la place même des communes dans notre système fédéral qui est en jeu. L’ACS s’oppose à une centralisation des compétences en matière de naturalisation et défend le maintien du droit de cité à trois niveaux ainsi que du rôle essentiel des institutions communales dans ce domaine.
Ces dossiers illustrent une nouvelle fois combien les décisions prises sous la Coupole ont des effets directs sur le fonctionnement des communes. L’ACS continuera à s’engager pour que le niveau communal soit pleinement reconnu comme un niveau institutionnel à part entière, que ses compétences soient respectées et qu’il soit associé suffisamment tôt aux décisions dont il devra assurer la mise en œuvre.
Stratégie Asile 2027 : Appel au soutien des travaux des trois niveaux étatiques
La motion Germann (25.4674 « Pour une véritable stratégie en matière d’asile, dans l’intérêt de la population suisse ») demande de présenter une nouvelle stratégie en matière d’asile, assortie d’objectifs dans six domaines et des adaptations législatives correspondantes. Après son adoption par le Conseil des États en mars 2026, la Commission des institutions politiques du Conseil national (CIP-N) estime également que les objectifs qui y sont formulés sont pertinents, tout en rejetant la limitation du regroupement familial (point 5). Par un postulat (26.4062), la commission charge le Conseil fédéral d’examiner les adaptations nécessaires de la loi sur l’asile et de la loi sur les étrangers et l’intégration et de concrétiser davantage la stratégie en matière d’asile 2027 élaborée entre la Confédération, les cantons, les villes et les communes.
Outre les domaines « renforcement de la sécurité » et « introduction d’une procédure préalable de détermination de la compétence », la commission demande des adaptations législatives dans deux autres domaines : le statut de protection S et l’admission provisoire doivent être rapprochés et l’admission provisoire renommée. Des adaptations législatives doivent également être apportées dans le domaine de l’intégration (encouragement spécifique de l’intégration des femmes), cf. communiqué de presse.
Les deux objets seront traités par le Conseil national le 30 septembre.
Position ACS : Dans le cadre de la stratégie en matière d’asile 2027, la Confédération, les cantons, les communes et les villes ont adopté, lors de la Conférence sur l’asile 2025, sept orientations stratégiques visant à adapter le système de l’asile. L’élaboration de mesures concrètes a été lancée sans délai en janvier 2026 et avance à plein régime. Tous les objectifs fixés dans la motion Germann, à l’exception du point 5 dont la commission recommande le rejet, font partie des travaux en cours de mise en œuvre de la stratégie en matière d’asile 2027 et sont donc pris en compte : accélération des procédures d’asile et de recours, réduction plus rapide du retard dans le traitement des dossiers en suspens, augmentation des renvois et renforcement des mesures à l’encontre des personnes délinquantes. L’intensification de la collaboration au sein de la task force « Auteurs d’infractions intensifs » porte ses fruits. Dans ce contexte, l’ACS invite le Parlement à rejeter la motion Germann afin de ne pas bloquer ni compliquer inutilement le processus de mise en œuvre en cours.
Les travaux communs menés à la suite de la Conférence sur l’asile ont mis en évidence un besoin d’agir sur le plan législatif dans plusieurs domaines. Dans deux d’entre eux, les trois niveaux de l’État ont élaboré ensemble les bases nécessaires à des adaptations législatives : d’une part dans le domaine de la sécurité, d’autre part pour la procédure préalable de détermination de la compétence et d’autres mesures visant à décharger le système de l’asile des demandes manifestement infondées. L’ACS prend acte du fait qu’avec le postulat 26.4062, la CIP-N demande, outre les adaptations législatives prévues dans le cadre de la stratégie en matière d’asile 2027 (sécurité, procédure de détermination de la compétence), des modifications législatives dans deux autres domaines. Selon l’ACS, les demandes de la commission correspondent au mandat politique de la stratégie en matière d’asile 2027.
Faciliter l’accès au marché du travail pour les bénéficiaires du statut de protection S
La modification prévue de la loi sur les étrangers et l’intégration ainsi que de la loi sur l’asile (26.045) vise à encourager l’activité lucrative des personnes bénéficiant du statut de protection S et à faciliter l’accès au marché du travail des personnes qui ont achevé en Suisse une formation professionnelle supérieure ou un postdoctorat. Les personnes exerçant une activité lucrative et bénéficiant du statut S pourront à l’avenir changer de canton si elles ne dépendent pas de l’aide sociale et si leur rapport de travail dure depuis au moins douze mois. En outre, les personnes sans emploi bénéficiant du statut S devront désormais être inscrites auprès du service public de l’emploi. Les mêmes conditions seront ainsi créées pour les personnes bénéficiant du statut S que celles qui s’appliquent déjà aux personnes admises à titre provisoire. La Commission des institutions politiques du Conseil national soutient l’amélioration prévue des conditions-cadres en faveur d’une intégration plus rapide sur le marché du travail. Le Conseil national traitera l’objet le 30 septembre.
Position ACS : L’ACS salue dans l’ensemble les mesures proposées pour améliorer l’intégration des personnes bénéficiant du statut de protection S sur le marché du travail, car les communes sont concernées sur les plans institutionnel, organisationnel et financier. L’échelon communal supporte notamment les coûts consécutifs à une intégration professionnelle ou sociale insuffisante dans le domaine de l’aide sociale. Une intégration rapide et durable sur le marché du travail relève donc également de l'intérêt financier direct des communes.
Les points suivants revêtent une importance particulière pour les communes :
- Changement de canton des personnes bénéficiant du statut S qui exercent une activité lucrative : lors de l’examen des demandes de changement de canton, il est impératif de tenir compte de l’indépendance à l’égard de l’aide sociale et de l’existence d’une activité lucrative stable afin d’éviter des transferts de coûts entre les cantons ;
- La procédure d’annonce des personnes sans emploi bénéficiant du statut S auprès du service public de l’emploi présente l’avantage de placer ces personnes sur un pied d’égalité avec les personnes admises à titre provisoire. L’ACS attend toutefois que cette procédure, qui intervient dans l’autonomie organisationnelle intracantonale, fasse l’objet d’un réexamen approfondi dans le cadre des travaux sur la stratégie en matière d’asile 2027.
Les communes disent non à l’initiative « Pour un droit de la nationalité moderne »
L’initiative populaire (25.081) vise à ce que ce soit désormais la Confédération qui statue les naturalisations. Les étrangères et étrangers devraient pouvoir obtenir la naturalisation ordinaire s’ils séjournent légalement en Suisse depuis cinq ans et remplissent d’autres critères. Lors de la session spéciale d’avril 2026, le Conseil national a nettement rejeté l’initiative par 130 voix contre 62. La Commission des institutions politiques du Conseil des États (CIP-E) recommande elle aussi à son conseil de rejeter l’initiative populaire, par 12 voix contre 1. À ses yeux, la réduction significative de la durée minimale de séjour de dix à cinq ans ainsi que l'abandon des durées de séjour minimales aux niveaux cantonal et communal permettraient à des personnes dont le séjour en Suisse est encore peu stable de se faire naturaliser. La commission constate par ailleurs que l'initiative, en revoyant largement à la baisse les critères d'intégration, supprime une condition centrale du droit en vigueur : la familiarisation avec les conditions de vie en Suisse. La commission n’est pas entrée en matière sur les propositions de contre-projets directs.
Le Conseil des États examinera l’objet le 24 septembre.
Position ACS : Du point de vue de l’ACS, les préoccupations des initiantes et initiants en faveur d’une harmonisation sont en principe compréhensibles, mais l’initiative va bien au-delà de cet objectif. Le droit de cité suisse repose aujourd’hui sur un système à trois niveaux qui a fait ses preuves. Selon l’art. 37 de la Constitution fédérale, la citoyenneté suisse présuppose le droit de cité communal et cantonal. Cette organisation est étroitement liée à l’histoire, à l’identité et à la structure fédéraliste de notre pays.
L’initiative populaire remet fondamentalement ce système en question par la centralisation prévue au niveau fédéral et l’introduction d’un droit à la naturalisation. Le transfert de compétences envisagé remettrait en particulier en cause la répartition fédéraliste actuelle. Jusqu’à présent, le Parlement a toujours rejeté les interventions visant à instaurer un droit général à la citoyenneté suisse ou une compétence fédérale centralisée en matière de naturalisation (cf. iv. pa. 21.467). En cas d’acceptation de l’initiative, la compétence d’octroyer le droit de cité suisse ne relèverait plus des communes ou des bourgeoisies, alors que cet échelon est le mieux placé pour évaluer le degré d’intégration d’une personne. Étant donné que les procédures de naturalisation ordinaires font partie des missions essentielles des bourgeoisies dans les cantons de Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Soleure, Zoug, des Grisons et d’Obwald, la Fédération suisse des bourgeoisies et corporations rejette elle aussi l’initiative.
L’ACS considère dès lors qu’il est indispensable de maintenir l’actuel droit de cité à trois niveaux ainsi que la répartition actuelle des compétences en matière de naturalisation. Une centralisation doit être rejetée. Il est conforme à l’organisation fédérale de la Suisse que les cantons et les communes respectivement bourgeoisies jouent un rôle essentiel dans l’octroi du droit de cité. Cette initiative portant fortement atteinte aux compétences des cantons et des communes, l’ACS appelle le Conseil des États à suivre le Conseil fédéral et la CIP-E et à rejeter clairement l’initiative pour la démocratie.
Initiative pour l’inclusion : la CSEC-N élargit le contre-projet indirect du Conseil fédéral
L’initiative populaire « Pour l’égalité des personnes handicapées (initiative pour l’inclusion) » demande l’égalité de droit et de fait des personnes handicapées et des personnes non handicapées dans tous les domaines de la vie, en particulier la liberté de choisir leur forme et leur lieu de logement. Le 25 février 2026, le Conseil fédéral a adopté le message relatif à l’initiative pour l’inclusion et à son contre-projet indirect. Il rejette l’initiative, mais a repris les préoccupations exprimées dans un contre-projet indirect.
La Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) a achevé le 13 août 2026 l’examen de l’initiative populaire et du contre-projet correspondant (26.029), entamé au printemps 2026. Elle recommande de rejeter l’initiative populaire par 16 voix contre 8, sans abstention. Lors du vote sur l’ensemble, elle a adopté le contre-projet par 14 voix contre 9 et 1 abstention, tout en souhaitant l’élargir notamment dans les domaines du travail et de l’assistance, des loisirs et du logement ainsi que de la formation. Plus de 30 propositions de minorité ont en outre été déposées.
Le Conseil national se saisira de l’objet en tant que premier conseil les 16 et 21 septembre.
Position ACS : Le 15 octobre 2025, l’ACS a rejeté, dans sa prise de position, le contre-projet indirect du Conseil fédéral à l’initiative pour l’inclusion. L’ACS critiquait notamment le fait que la loi-cadre sur l’inclusion prévue était trop restrictive sur le fond et qu’elle ne tenait pas suffisamment compte de préoccupations essentielles ainsi que des conséquences concrètes pour les communes. L’ACS relevait également un manque de coordination avec d’autres projets de révision dans le domaine des droits des personnes en situation de handicap. Du point de vue des communes, ces éléments restent centraux.
L’ACS salue donc, sur le principe, l’orientation proposée par la CSEC-N visant à étendre le champ d’application du contre-projet à d’autres domaines de la vie. Une telle extension doit toutefois impérativement tenir compte de ses conséquences pour les communes en matière de compétences, de charge liée à la mise en œuvre et de financement. De nouvelles prescriptions relevant du droit fédéral ne doivent pas entraîner de charges supplémentaires non financées pour les communes.
L’ACS invite le Conseil national à suivre la proposition de sa commission visant à élargir le contre-projet indirect, tout en tenant compte des préoccupations exprimées par les communes.
Le paquet Suisse-UE Bilatérales III arrive au Conseil des États
Avec le protocole modificatif sur la libre circulation des personnes, la Suisse et l’UE se sont accordées sur la modification de certaines règles en la matière. La directive sur la citoyenneté de l’Union est au cœur de ces changements. La législation de mise en œuvre dans la loi sur les étrangers et l’intégration (LEI) prévoit notamment un dispositif de protection. Celui-ci définit les mesures de protection et de compensation que le Conseil fédéral peut prendre en cas d’activation de la clause de sauvegarde. La Commission des institutions politiques du Conseil des États (CIP-E) a examiné le paquet Suisse-UE « Stabilisation et développement des relations Suisse-UE » (Bilatérales III, 26.023) au cours de plusieurs séances et a achevé ses délibérations à ce sujet en août 2026.
La commission soutient sur le principe la législation de mise en œuvre proposée par le Conseil fédéral dans le domaine de la libre circulation des personnes, mais demande, par 7 voix contre 0, une taxe d’incitation supplémentaire, dite taxe sur l’immigration, comme mesure de protection dans le cadre de la clause de sauvegarde. Le Conseil fédéral doit en outre être chargé d’examiner chaque année s’il y a lieu d’activer la clause de sauvegarde. La majorité de la commission s’est également prononcée en faveur d’un contrôle plus systématique dans le domaine de la sécurité. Dans le cadre des procédures d’autorisation et d’annonce, il devra ainsi être systématiquement vérifié si la personne concernée représente un danger.
Dans le cadre des débats parlementaires, ce dossier est examiné en deux parties : une partie « stabilisation » (arrêtés fédéraux 1, 5 à 9) et une partie « développement » (arrêtés fédéraux 2 à 4). Les différents éléments de la partie « stabilisation » sont liés entre eux et doivent entrer en vigueur dans leur ensemble. En revanche, les trois accords de la partie relative au développement ne sont pas liés entre eux. Pour ces raisons, seule la partie relative à la stabilisation sera examinée par les Chambres (les 28, 29 et 30 septembre au Conseil des États). L'arrêté fédéral n° 2 concernant l'accord sur l'électricité n'est pas encore prêt à être examiné et ne sera donc pas traité lors de la session d'automne.
Position ACS : Dans sa prise de position du 31 octobre 2025, l’ACS s’est exprimée en détail sur les thèmes liés à la libre circulation des personnes qui concernent les communes. Elle constate que la mise en œuvre prévoit suffisamment de mesures de précaution pour éviter une immigration dans les systèmes sociaux suisses. L’examen de l’application de la clause de sauvegarde constitue notamment une condition importante pour la confiance dans les nouvelles règles. L’ACS salue le fait que, avant toute décision, le Conseil fédéral consultera les commissions parlementaires, les cantons, les communes et les partenaires sociaux, et que les cantons auront le droit de demander au Conseil fédéral d’examiner l’activation de la clause de sauvegarde lorsque de graves problèmes économiques et sociaux se présentent. Dans ce sens, l’ACS soutient les efforts visant à garantir un examen et, le cas échéant, une application en temps utile de la clause de sauvegarde, afin de protéger également l’échelon communal de conséquences négatives.
Quelle suite pour le « Réseau express » ?
Après que le Conseil des États s’est clairement prononcé, lors de la session d’été, en faveur de la transformation et du développement du réseau électrique suisse, le Conseil national se penchera à nouveau, durant la session d’automne, sur l’« express réseau » (loi sur l’électricité 25.057).
La Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national (CEATE-N) s’est penchée en août sur les divergences existantes (communiqué de presse CEATE-N) et a repris de nombreuses décisions du Conseil des États visant à accélérer les procédures d’autorisation. Certains points importants devraient toutefois continuer à susciter des discussions. La CEATE-N soutient ainsi le principe controversé des lignes aériennes, selon lequel les lignes à très haute tension doivent en principe être construites en surface. S’agissant des marais, elle maintient toutefois sa version antérieure et ne veut pas prévoir d’exception à la protection constitutionnelle des marais. Elle maintient également la protection contre le bruit et le rayonnement non ionisant lors du remplacement de lignes à haute tension existantes. La CEATE-N rejette aussi la procédure d’autorisation a posteriori souhaitée par le Conseil des États pour les lignes et les stations transformatrices de moins de 36 kV. En revanche, sur la question de l’intérêt national des installations du réseau électrique, la commission suit le Conseil des États par 14 voix contre 7 et 3 abstentions.
L’objet sera traité par le Conseil national le 16 septembre.
Position ACS : L’ACS salue sur le principe la transformation et le développement des réseaux électriques en vue de la décarbonation visée et de l’injection croissante d’énergies renouvelables. La stabilité du réseau doit en effet continuer à être garantie à l’avenir.
L’ACS critique toutefois le fait que, selon les décisions des conseils, les lignes à très haute tension doivent en principe être aériennes, malgré les retours négatifs issus de la consultation et contrairement à la proposition du Conseil fédéral. Elle continue de demander que les préoccupations importantes de la population et de la protection de l’environnement puissent être prises en compte de manière appropriée. Concernant l’examen de câbles souterrains dans les zones habitées ou dans des marais et biotopes protégés, il convient de trouver un compromis susceptible de réunir une majorité entre les intérêts liés au développement du réseau et ceux de la protection de la santé et de la nature. Compte tenu de la forte opposition de la population et de la faible acceptation des lignes aériennes dans les zones à bâtir, l’ACS demande que, dans ces cas, une ligne souterraine soit impérativement examinée.
Pour ce qui est de la construction de stations transformatrices hors des zones à bâtir, une pesée des intérêts entre utilisation et protection sur un pied d’égalité doit rester possible sur la base de la loi sur la protection de la nature et du paysage et de la loi sur l’aménagement du territoire. Il en va de même pour la réalisation des réseaux de transport et de distribution, pour lesquels une priorité de principe par rapport à d’autres intérêts nationaux est prévue. L’ACS critique cette primauté de l’intérêt national pour les projets d’assainissement et de remplacement, en particulier dans le réseau de distribution : Ces projets doivent être mis en œuvre avec discernement. Il est impératif d'associer dès le début les communes concernées à la planification du réseau et à l'examen des différentes options possibles.
Mieux interconnecter les données de mobilité
Lors de la session d’été, le Conseil des États a rejeté le projet de loi visant à mettre en place une infrastructure nationale de données sur la mobilité destinée à l’interconnexion numérique des données (loi fédérale sur l’infrastructure de données sur la mobilité, LIDMo, 25.049). L’examen revient désormais au premier conseil. La Commission des transports et des télécommunications du Conseil national (CTT-N) s’est déjà réunie en juin et demande à nouveau d’entrer en matière. Comme le développement des infrastructures de transport ne peut suivre la hausse des besoins en mobilité, il convient de promouvoir une utilisation plus efficace des infrastructures existantes ainsi que des offres de transport privées et publiques. Au regard des coûts prévus pour l’entretien et le développement des infrastructures de mobilité suisses, la CTT-N se prononce en faveur d’un investissement dans la mise à disposition et l’utilisation de données de mobilité couvrant les différents modes et offres de transport. Elle souligne en outre que le projet constitue une étape importante dans la numérisation de la Suisse.
Le dossier sera examiné par le Conseil national le 23 septembre.
Position ACS : L’ACS soutient l’objectif d’améliorer l’utilisation et l’échange de données L’ACS soutient l’objectif d’améliorer l’utilisation et l’échange de données de mobilité standardisées entre acteurs privés et publics et de faciliter ainsi le flux d’informations (p. ex. pour l’itinéraire des services d’intervention ou la réservation de bornes de recharge électrique). L’interconnexion des données de mobilité est en outre essentielle non seulement pour la desserte des régions périphériques, mais aussi pour améliorer l’utilisation des infrastructures existantes et poursuivre le développement d’offres de mobilité multimodales, exactement comme le demande le projet Transports ’45. L’ACS salue sur le principe la volonté de créer un cadre légal clair pour une interconnexion efficace des données de mobilité et de confier la gestion de l’infrastructure de données sur la mobilité (IDM) à la Confédération en tant qu’entité publique indépendante, pour autant que la coordination entre les différents acteurs soit assurée. La mise en place de l’IDM ne devrait pas être laissée au marché, car les intérêts commerciaux pourraient favoriser un accès sélectif aux données de mobilité et entraîner des problèmes en cas de retrait des entreprises concernées.
L’ACS considère toutefois les coûts élevés avec un regard critique, notamment dans le contexte financier tendu. Les moyens destinés à l’IDM ne doivent en aucun cas être réaffectés ou réduits au détriment d’autres tâches centrales. Aucun surcroît de travail ne doit en résulter pour les communes. Du point de vue communal, il est également important que l’accès à l’IDM soit garanti à tous les acteurs concernés, tout en maintenant une participation volontaire. Il faut veiller à ce que les communes bénéficient suffisamment longtemps d’un soutien technique et spécialisé pour la préparation et l’interconnexion complexes des données. Le système doit à cette fin être compréhensible, facilement accessible et simple à utiliser. Il ne doit pas entraîner une charge administrative importante pour les communes. La protection des données est également essentielle. Enfin, lors de l’harmonisation des données, il convient de définir la manière dont leur mise à jour régulière sera assurée.
Dégâts causés par les tremblements de terre : une solution solidaire à l'échelle nationale s'impose
Avec le projet « Introduction d’une compétence fédérale en matière de financement de la réparation des dommages aux bâtiments causés par un séisme. Arrêté fédéral » (24.095), le Conseil fédéral entend mettre en œuvre la motion 20.4329, qui demande de renforcer en Suisse la prévoyance financière des propriétaires de bâtiments en cas de séisme et de créer les bases légales nécessaires. Une modification de la Constitution fédérale est requise à cette fin. La proposition du Conseil fédéral prévoit, au niveau constitutionnel, un engagement conditionnel des propriétaires de bâtiments. En cas de fort séisme causant d’importants dommages, ceux-ci devraient verser une contribution représentant au maximum 0,7 % de la somme d’assurance du bâtiment afin de couvrir les dommages aux bâtiments. Le Conseil fédéral a également esquissé une variante possible de mise en œuvre au niveau législatif. Lors de la session d’hiver 2025, le Conseil des États avait décidé ne pas entrer en matière sur le projet. La Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil national (CEATE-N) a adopté le projet lors de sa séance en début septembre par 13 voix contre 12, tout en se prononçant en faveur d'une limitation aux séismes dont la fréquence est estimée à une fois tous les 100 ans ou plus rarement.
L’objet sera traité par le Conseil national le 30 septembre.
Position ACS : La Suisse est un pays exposé aux séismes. Dans notre pays également, il faut compter environ tous les 50 à 100 ans avec un séisme de magnitude 6 sur l’échelle de Richter susceptible de provoquer des dégâts considérables. Une solution de financement globale est donc nécessaire. Tel n’est pas le cas aujourd’hui : en Suisse, seuls environ 15 % des bâtiments sont assurés contre les dommages dus aux séismes. En particulier en cas de séismes majeurs causant des dégâts de plusieurs milliards, un engagement conditionnel des propriétaires de bâtiments est nettement plus efficace et moins coûteux qu’une solution d’assurance.
La charge administrative d’une perception annuelle est disproportionnée par rapport à la probabilité de survenance. À cela s’ajoutent les coûts du capital : les (ré)assureurs ont des exigences de rendement qui se situent parfois à deux chiffres. Les propriétaires de bâtiments peuvent, eux, se refinancer à bien meilleur marché par le biais d’hypothèques. Selon les calculs, sur une période de 50 ans, les coûts d’une solution d’assurance sont environ cinq fois supérieurs à ceux d’un engagement conditionnel. Celui-ci permet en outre de répartir la charge sur plusieurs épaules en cas d’événement. Lors d’un séisme, les assureurs supportent déjà des charges importantes pour les pertes de revenus, notamment les loyers, ainsi que pour les biens mobiliers. L'ACS considère comme problématique la limitation proposée par la CEATE-N aux séismes très violents, qui se produisent tous les 100 ans ou plus rarement. Cela exclurait ainsi également les séismes causant des dommages se chiffrant en milliards. Comme les dégâts seraient concentrés au niveau local ou régional, les propriétaires immobiliers et les communautés concernés seraient dépassés par la gestion de la catastrophe.
En cas de séismes graves, l’ACS est ouverte à une solution de compromis. Celle-ci pourrait par exemple prévoir que la Confédération prenne en charge la moitié des coûts. Elle peut se refinancer à des conditions plus avantageuses, et plus rapidement, que les assurances, les propriétaires de bâtiments et les deux autres niveaux de l’État.
L’État est quant à lui fortement sollicité pour la remise en état des infrastructures ainsi que pour la gestion directe de l’événement. Dans ce contexte, le financement de la remise en état des infrastructures publiques doit également être clarifié. Les cantons et communes concernés ne pourraient en aucun cas financer seuls une reconstruction rapide. Une solution solidaire à l’échelle de toute la Suisse, supportable pour les communes, est donc nécessaire. L’ACS considère dès lors avec un regard critique l’exclusion, proposée par le Conseil fédéral pour la mise en œuvre au niveau législatif, des bâtiments dont la somme d’assurance dépasse 25 millions de francs. Des complexes scolaires importants ou des centres d’entretien, par exemple, ne pourraient alors pas bénéficier d’une aide financière, ce qui serait insoutenable pour les communes concernées. Une solution solidaire à l’échelle nationale est également nécessaire pour d’autres catastrophes naturelles telles que les inondations, les éboulements ou des événements similaires, qui peuvent représenter une menace existentielle pour certaines communes. L’ACS soutient donc également la motion 25.4416, qui demande des prestations de soutien de la Confédération en faveur des communes en cas de catastrophe naturelle.
Une base légale claire est nécessaire pour l’aide en cas de catastrophe
Par la motion (25.4416), la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil des États (CEATE-E) veut charger le Conseil fédéral de créer une base légale permettant de financer, à partir du budget général de la Confédération, des mesures immédiates et des aides d’urgence en cas de catastrophe naturelle afin de faire face aux conséquences directes et de remettre les infrastructures en état. La motion remplace l’initiative parlementaire Regazzi (24.446), qui demandait la création d’un fonds national pour les catastrophes naturelles et qui a été retirée à la suite du lancement de la nouvelle motion de commission. Lors de la session de printemps 2026, le Conseil des États s’est prononcé en faveur du projet. La Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil national (CEATE-N) s'est en revanche prononcée contre ce projet par 13 voix contre 11 lors de sa dernière séance avant la session d'automne.
L’objet sera traité par le Conseil national le 23 septembre.
Position ACS : L’ACS salue cette intervention. Après de graves catastrophes naturelles, il faut pouvoir mettre rapidement des moyens financiers à disposition afin de faire face aux conséquences de l’événement et de permettre la reprise des activités économiques. Sur la base de la loi sur l’aménagement des cours d’eau et de la loi sur les forêts, la Confédération peut certes déjà fournir certaines aides, mais celles-ci ne couvrent qu’une partie des dommages. Lors d’événements passés, tels que les intempéries de 2005 et 2024 ainsi que l’éboulement glaciaire et rocheux de Blatten en 2025, des messages spéciaux ou des lois fédérales ont donc dû être adoptés au cas par cas. Cela crée une grande incertitude pour les collectivités publiques concernées. Une réglementation légale claire et contraignante est donc nécessaire concernant le montant, le mécanisme de déclenchement et les autres modalités de l’aide fédérale en cas de catastrophe naturelle. Dès le premier jour suivant un événement dommageable, les communes et cantons concernés doivent savoir sur quelles aides ils peuvent compter. La reconstruction peut ainsi être engagée rapidement et une perspective d’avenir offerte aux régions touchées.
Concrètement, l’ACS préconise de s’inspirer, pour la mise en œuvre de la motion, de la loi fédérale 2024 sur l’aide à la gestion des conséquences des intempéries, que l’ACS avait soutenue lors de la consultation (cf. prise de position de l'ACS, en allemand). Celle-ci prévoit que la Confédération participe à hauteur de 50 % aux coûts résiduels de remise en état des infrastructures publiques communales dépassant la charge par habitant considérée comme supportable. La condition est que le canton concerné participe dans la même mesure à ces coûts. En cas d’événements dommageables de très grande ampleur dépassant les capacités d’un canton à contribuer au soutien de ses communes et à remettre en état les infrastructures cantonales, une aide fédérale supplémentaire serait nécessaire. Ce serait notamment le cas lors de forts séismes ou de très graves inondations causant des dégâts de plusieurs milliards. Une approche analogue fondée sur une charge par habitant considérée comme supportable pourrait être retenue.
Financement de la 13e rente AVS : pas de répercussions de coûts sur les communes et les cantons
La motion 26.3518, déposée par la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N), charge le Conseil fédéral d’adapter les bases légales afin que les recettes fiscales supplémentaires des cantons et des communes résultant de l’introduction de la 13e rente AVS soient intégralement reversées à la Confédération, qui les affecterait directement à l’AVS. Dans le développement de la motion, une réduction de la part des cantons à l’impôt fédéral direct est proposée comme solution la plus simple. Lors de la session d’été, le Conseil national a accepté la motion à une très courte majorité. La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États (CSSS-E) l’a en revanche rejetée lors de sa séance début septembre, par 6 voix contre 0 et 5 abstentions. Ne souhaitant pas déroger au principe constitutionnel de l’équivalence fiscale, elle rejette par principe toute adaptation de la part cantonale à l’impôt fédéral direct découlant d’une seule modification.
Le Conseil des États se penchera sur l’objet le 23 septembre.
Position ACS : Les communes rejettent fermement la motion. Le financement de l’AVS relève de la compétence et de la responsabilité de la Confédération. Avec la RPT, ce domaine a été clairement désenchevêtré. Une participation financière des cantons, et a fortiori des communes, n’est pas prévue. Les décisions de l'État fédéral ne doivent pas être répercutées a posteriori, en partie, sur les communes par le biais d'un prélèvement sur les recettes fiscales communales. La motion violerait le principe constitutionnel de l’équivalence fiscale et créerait ainsi un précédent problématique. À l’inverse, la Confédération devrait alors compenser les cantons et les communes pour toute mesure ayant des effets négatifs sur leurs recettes fiscales. Ce serait notamment le cas d’une hausse des cotisations salariales ou de la TVA, comme le Conseil fédéral l’a par exemple proposé pour le financement des dépenses d’armement (cf. consultation 2026/23).
Il faudrait en outre, par cohérence, tenir également compte des effets négatifs que le financement entraîne pour les cantons et les communes. À défaut, ceux-ci subiraient même une charge supplémentaire, ce qui ne serait ni justifié ni acceptable. Dans le cas du financement par une hausse de la TVA décidé par le Parlement lors de la session d’été, les charges supplémentaires qui en résulteraient absorberaient une part substantielle des recettes supplémentaires des cantons et des communes (cf. rapport de l'AFC du 10 janvier 2025).
Pour ces raisons, l’ACS invite le Conseil des États à suivre l’avis de sa commission été à rejeter la motion.
Pour une politique de l’eau cohérente, de la protection de la ressource jusqu’au robinet
Les six motions soumises au Conseil des Etats abordent la problématique des PFAS sous des angles différents. Les motions Vincenz-Stauffacher (25.3902) et Michel (25.3866) demandent l’introduction d’une obligation de déclaration pour les PFAS. La motion Graf (25.3746) propose une taxe prélevée à la source sur les PFAS, tandis que la motion Crevoisier Crelier (25.3868) demande d’en limiter l’utilisation aux usages essentiels. Enfin, la motion Moser (25.3865) demande la définition de trajectoires sectorielles permettant de réduire progressivement l’utilisation des PFAS.
Les motions 25.3902 « Introduction d’une obligation de déclaration pour les PFAS » et 25.3866 « Introduction d’une obligation de déclaration pour les PFAS » seront traitées par le Conseil des États le 15 septembre. Les motions 25.3746 « Redevance sur tous les PFAS à la source », 25.3868 « Limiter l’autorisation des PFAS aux usages essentiels » et 25.3865 « Réduire progressivement les PFAS. Définir des trajectoires de réduction sectorielles et des mesures » seront traitées par le Conseil des États le 1er octobre.
Position ACS : Pour l’Association des Communes Suisses, les défis actuels dans le domaine de l’eau doivent être considérés dans leur ensemble. La protection des ressources en eau, la sécheresse et la disponibilité quantitative de l’eau, les micropolluants et les substances persistantes, les exigences relatives à l’eau potable, l’aménagement du territoire et la sécurité de l’approvisionnement sont étroitement liés. Les communes assument des responsabilités importantes tout au long de cette chaîne, notamment dans la protection des ressources, la gestion des infrastructures et l’approvisionnement de la population en eau potable. L’ACS soutient donc un renforcement de la protection des eaux et estime que la prévention des pollutions à la source doit être prioritaire. Les effets sur les ressources en eau doivent être pris en compte suffisamment tôt lors de l’autorisation, de l’utilisation et de la réévaluation des substances, plutôt que de reporter systématiquement la responsabilité sur les acteurs situés en bout de chaîne. Dans ce sens, l’ACS soutient ces cinq motions.
Aucune de ces interventions ne couvre à elle seule l’ensemble des préoccupations des communes. Considérées ensemble, les cinq motions contribuent toutefois à mieux relier les différentes dimensions de la problématique et à développer des solutions plus cohérentes dans le domaine de l’eau. Selon les motions, l’accent est mis sur l’agriculture et l’industrie, la protection de la santé et de l’environnement ou les intérêts des consommatrices et consommateurs. Les communes et les distributeurs d’eau potable se trouvent cependant en bout de chaîne : ils doivent garantir un approvisionnement en eau potable d’une qualité irréprochable et assumer les conséquences techniques, organisationnelles et financières lorsque les ressources en eau sont contaminées. Face à la réalité du terrain, la politique actuelle de l’eau atteint ses limites.
Dans le même temps, les exigences imposées aux communes et aux distributeurs d’eau potable doivent être proportionnées aux risques effectivement constatés et applicables sur le terrain. Il convient de tenir compte des possibilités techniques disponibles, de l’existence de ressources en eau alternatives, des réalités territoriales et des délais nécessaires à la mise en œuvre. Parallèlement, le principe du pollueur-payeur doit être appliqué de manière conséquente. Les coûts liés à des pollutions diffuses ou historiques ne doivent pas être automatiquement reportés sur les communes et, en définitive, sur les consommatrices et consommateurs. Pour l’ACS, une politique durable de l’eau doit donc combiner prévention, sécurité de l’approvisionnement, faisabilité de mesures fondées sur les risques, répartition claire des responsabilités, notamment financières, ainsi qu’une association précoce et systématique des communes aux processus décisionnels.